Les bureaux d'Airbnb à San Francisco

Airbnb appelle Ottawa à réglementer l'industrie

OTTAWA — La plateforme de location de logements à court terme Airbnb invite le gouvernement de Justin Trudeau à créer un cadre réglementaire pour cette industrie en plein essor, ce que ses détracteurs préconisent depuis longtemps.

La présentation prébudgétaire d'Airbnb au Comité des finances de la Chambre des communes indique que le gouvernement devrait reconnaître la nécessité d'adopter de nouveaux règlements et de nouvelles règles fiscales pour les activités de partage de logements.

«Nous voulons être réglementés», affirme l'entreprise en ligne dans sa présentation de cinq pages, demandant toutefois au gouvernement d'éviter d'imposer les règles existantes pour les hôtels traditionnels aux hôtes Airbnb.

Le gouvernement fédéral subit de plus en plus de pressions pour réglementer le marché du partage de maisons et suivre les traces du Québec, de la Colombie-Britannique et de quelques villes canadiennes qui ont adopté des règles sur la location à court terme et qui ont conclu des accords fiscaux avec Airbnb.

Un groupe de l'industrie hôtelière affirme dans un rapport publié jeudi que le gouvernement fédéral devrait percevoir la taxe sur les produits et services (TPS) sur les plateformes de réservation en ligne comme Airbnb. Le site permet à des particuliers de louer leur résidence pour quelques jours comme s’il s’agissait d’un gîte.

L’Association des hôtels du Canada et l’Association de l’hôtellerie du Québec ont présenté une série de recommandations lors d’une conférence de presse jeudi pour aider les municipalités, les provinces et le gouvernement fédéral à encadrer cette activité numérique.

Elles notent que de plus en plus de gens font de ces locations à court terme une véritable opération commerciale sans être soumis aux mêmes règles que les hôteliers. En effet, ceux qui génèrent moins de 30 000 $ annuellement grâce à cette activité n’ont pas l’obligation de percevoir la TPS.

Les plateformes de réservations comme Airbnb ne sont pas tenues d’émettre de T4. Elles ne paient pas non plus d’impôts puisqu’elles n’ont pas pignon sur rue au Canada.

Le gouvernement du Québec avait adopté une loi, puis conclu une entente avec Airbnb pour forcer l’entreprise à percevoir la taxe sur l’hébergement de 3,5 pour cent qui s’appliquait déjà à l’ensemble des hôtels.