Les travailleurs d’Alma de PFR manifestent à Saint-Félicien

Les travailleurs en lock-out depuis plus d'un mois se sont réunis devant l'usine de Produits forestiers Résolu de Saint-Félicien, mercredi.

En lock-out depuis le 4 juillet, environ 80 travailleurs de l’usine de Produits forestiers Résolu (PFR) d’Alma ont à nouveau fait valoir leur mécontentement à l’égard de leur employeur, à l’occasion d’une manifestation tenue mercredi devant les installations félicinoises de l’entreprise. Le syndicat dénonce les conditions alléchantes que feraient miroiter les dirigeants de la compagnie dans le cadre d’une campagne d’embauche en cours à Saint-Félicien, alors que ceux-ci se sont retrouvés à la rue il y a plus d’un mois.


« On veut dire aux travailleurs embauchés que Résolu soutient que c’est un bon employeur et que les travailleurs rentrent avec de bonnes conditions. On tient à mettre un bémol au niveau de la conciliation travail-famille », fait valoir le vice-président du Syndicat national des travailleuses et travailleurs des pâtes et papiers d’Alma, Daniel Bilodeau, qui représente 240 membres. Ce dernier était accompagné de ses collègues syndiqués ainsi que de la vice-présidente du Conseil central CSN du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Marie-Pier Ouellet.

Environ 80 salariés ont pris part à la mobilisation.

L’enjeu de la qualité de vie au travail achoppe dans le cadre des négociations pour le renouvellement de la convention collective des travailleurs de l’usine d’Alma, qui est échue depuis le 30 avril. « Pour nous, c’est un enjeu qui est important. Et la compagnie ne veut vraiment pas nous aider à ce niveau-là, pour que les travailleurs améliorent leurs conditions, surtout en ce qui a trait aux congés. »

La partie syndicale accuse l’employeur de vouloir imposer un contrat de travail similaire à celui qui a été implanté dans d’autres installations à travers le Canada. « J’essaie vraiment de comprendre comment un employeur réfléchit en nous mettant en lock-out pour des journées de congé. Un travailleur qui sacrifie sa fin de semaine avec sa famille pour dépanner la compagnie ne veut pas nécessairement avoir sa paie à taux et demi. Il aimerait pouvoir le reprendre en congé. C’est l’essentiel de nos demandes, mais malheureusement, la compagnie dit qu’elle ne veut pas changer une autre négociation qui a été faite en 2022 avec d’autres instances syndicales. »

Quant aux rencontres de négociation, celles-ci sont toujours au point mort. Daniel Bilodeau affirme que PFR a récemment demandé au conciliateur de rencontrer l’exécutif syndical afin de discuter des conditions du marché. « Le conciliateur a refusé de convoquer l’exécutif pour ça. Même si on entre, Résolu va nous dire qu’ils ont de la misère à vendre du papier et que les conditions sont difficiles. Ça ne fera pas avancer nos négos et ça ne fera pas rentrer les travailleurs plus rapidement dans l’usine. Le conciliateur veut vraiment préconiser la négociation. »

Le lock-out actuel aurait déjà entraîné la démission de plusieurs travailleurs, une situation préoccupante pour l’exécutif syndical, qui craint une pénurie de personnel lors du redémarrage des activités. « On avait quand même deux machines en opération. On va peut-être se retrouver avec une seule et on se demande si on va être capables de la redémarrer de manière efficace avec les effectifs qu’il va nous rester. C’est la question que l’on se pose. »

Plus tard dans la journée, les travailleurs en lock-out devaient se rendre au centre commercial de Saint-Félicien afin d’exposer à la population les tenants et aboutissants du conflit.