L'Aluminerie de Bécancour.

ABI: dépôt d'une offre finale et globale

Bécancour — La tension monte d’un cran à l’Aluminerie de Bécancour alors que la partie patronale a mis fin aux négociations dans la nuit de jeudi à vendredi en déposant une offre finale et globale. Avec en poche un mandat de grève, le Syndicat des Métallos n’a pas tardé à déplorer la décision de l’employeur d’interrompre les négociations avec une offre unilatérale plutôt que de poursuivre les efforts communs pour arriver à une entente négociée.

«L’employeur nous dit qu’il n’a pas de mandat pour poursuivre les négociations. «C’est dommage. S’il change d’avis, nous sommes disposés à reprendre les négociations à tout moment. Nous en avons le mandat», explique le président de la section locale 9700, Clément Masse, par voie de communiqué.

Sans accorder d’entrevue, le représentant syndical tient toutefois à faire savoir que l’offre unilatérale de l’employeur sera étudiée au cours des prochaines semaines par le comité de négociation et les instances. 

«La balle est dans leur camp. C’est eux qui font les prochaines étapes. Présentement, il n’y a plus de négociations», a commenté la conseillère en communication pour l’aluminerie, Sara Dubé, confirmant le dépôt de la «meilleure offre finale, globale et compétitive sur le marché» à une heure du matin, vendredi.

Même si aucun délai n’est imposé pour l’acceptation de la proposition patronale et que la direction ne craint pas le déclenchement d’un arrêt de travail, «on est toujours prêt à toute éventualité», admet la porte-parole. «On a déployé tous les efforts possibles pour obtenir une entente satisfaisante pour les deux parties. La négociation est en cours depuis le début septembre», renchérit-elle.

Pour sa part, le maire de Bécancour, Jean-Guy Dubois, se dit à la fois rempli d’inquiétude et d’espoir. Celui-ci trouve dommage que les négociations soient fondées sur des rapports de force «qui font des gagnants et des perdants».

«Ça devrait être plutôt une convergence de force dans un but. Et dans ce dossier, le but est clair, c’est de garder l’entreprise ouverte, prospère et rentable pour les 25 prochaines années. C’est ça qui devrait être l’objectif de tout le monde. Je souhaite, et je le veux comme cadeau, que ça se règle autrement que par une grève ou un lock-out. Ce serait un cadeau pour la Ville, car 20 % de nos revenus viennent de cette entreprise. Et pour les 1000 familles qui sont touchées, ce serait le plus beau cadeau que tout ce monde-là pourrait avoir», a confié le premier magistrat.

Le 22 novembre dernier, les syndiqués ont rejeté la proposition patronale tout en disant oui à un mandat de grève à exercer au moment jugé opportun. Deux jours avant, l’employeur avait obtenu une injonction interdisant tout ralentissement des opérations. Cette ordonnance provisoire est d’ailleurs toujours en vigueur jusqu’au 15 janvier 2018.

Depuis la fin du contrat de travail, les parties ont convenu de faire appel aux services d’un conciliateur, Jean Nolin. Or, la situation qui prévaut actuellement à l’Aluminerie de Bécancour n’est pas sans rappeler celle qui a marqué le renouvellement de la convention collective il y a cinq ans, au terme de cinq mois de pourparlers.

À quelques jours de l’expiration du contrat de travail, des menaces de grève et de lock-out planaient déjà sur l’usine du parc industriel. Et à l’aube d’un arrêt de travail potentiel, les syndiqués avaient aussi été sommés de cesser immédiatement tout ralentissement de la production et de reprendre l’exercice normal de leur boulot.

Par contre, les 31 séances de conciliation auront permis la conclusion d’une entente en février 2013. En vigueur jusqu’au 22 novembre 2017, la convention collective prévoyait des hausses salariales totales de 13,55 %.