Le ministre Luc Blanchette a lancé, lundi, sa Stratégie de développement de l’industrie québécoise des produits forestiers 2018-2023.

827 M$ pour l'industrie forestière

TROIS-RIVIÈRES — Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette, promet des investissements de plus de 827 M $ afin de soutenir la nouvelle Stratégie de développement de l’industrie québécoise des produits forestiers 2018-2023.

C’est à Trois-Rivières que le ministre a procédé à son dévoilement. «C’est toute une reconversion industrielle qu’on a à faire», dit-il. «C’est de l’innovation, c’est de l’adaptation aussi parce qu’il y a des changements climatiques», explique-t-il.

Le ministre, qui participait à l’événement Concertation forêts à l’Université du Québec à Trois-Rivières, lundi, constate qu’il y «a toute une volonté d’utilisation de produits à valeur ajoutée, dans l’industrie forestière. On appelle ça du préfab, du préfabriqué, qui va bien au-delà du 2 X 4, du panneau ou bien des pâtes, papiers, cartons. On est rendu en 2e et 3e transformations. On a plus d’emplois maintenant au Québec, en 2e et 3e transformations, donc des secteurs plus innovants, qu’on en a en première transformation», dit-il.

Le ministre Blanchette raconte avoir réalisé quatre missions économiques aux États-Unis, en 2017. «Honnêtement, là où on s’en va, c’est dans les produits à forte valeur ajoutée», analyse-t-il. «Ce ne sont pas des secteurs protégés à ce jour. Est-ce que M. Trump changera d’idée? Peut-être, mais essentiellement, présentement, ça ne l’est pas. Et quand on a rencontré les grands quincailliers de ce monde, les Lowe’s, les Home Depot etc, ils nous ont tous dit oui, les produits de matière première sont là, mais tout ce qui est produit à valeur ajoutée (suscite) un grand engouement de la part des consommateurs, des consommatrices», raconte le ministre.

Luc Blanchette rappelle que le secteur canadien «est en plein développement. On écoule plus de produits en Ontario qu’on va en écouler dans tous les États-Unis. On en écoule plus en Colombe-Britannique qu’en Chine. On écoule plus au Nouveau-Brunswick qu’en France», illustre-t-il.

Le ministre indique que les groupes de recherche et les universités seront mis à contribution puisque les types de marchés à développer sont extrêmement nombreux et différents. «Ça peut être des planchers, du bois de structure, ça peut être du bois d’apparence, des murs, des structures de plafonds, ça peut être dans des ponts en bois. Les limites sont à peu près inexistantes», dit-il. «On n’est pas nécessairement en compétition avec des gens. On est en compétition avec le coût. La compétition n’est pas tant existante. C’est le marché qui est à développer», fait-il valoir. «Ce n’est vraiment pas sur le papier hygiénique, par exemple, sur lequel on se fait concurrence, c’est vraiment sur le bois d’apparence ou de structure», explique-t-il.

Le ministre Blanchette estime que l’industrie forestière québécoise «se porte très bien», dit-il. «Ça ne veut pas dire que ce n’est pas fragile en raison, justement, des mesures protectionnistes du président américain», nuance-t-il. Néanmoins, la première transformation «est une industrie qui a maintenu ses emplois», dit-il. «Il y a tout un secteur en développement de deuxième et troisième transformations», dit-il en donnant l’exemple des papiers spécialisés destinés à l’industrie alimentaire ou des agents sucrants provenant de la matière ligneuse qui entrent dans la fabrication de certaines gommes à mâcher ou du ketchup.

Comme à peu près tous les secteurs d’activités économiques, celui de la transformation du bois subit lui aussi un problème de pénurie de main-d’œuvre. «C’est le vieillissement démographique qui fait ça. Est-ce qu’on devrait ouvrir plus les frontières à l’immigration? Moi je pense que oui, surtout si c’est une immigration compétente», estime-t-il.

Luc Blanchette croit que le centre de recherche en pâtes et papiers situé dans le pavillon CIPP de l’UQTR «est vraiment essentiel» pour faire avancer les connaissances.

«Est-ce que je promets des sommes d’argent? On a des programmes, on a 43 mesures (dans la nouvelle stratégie), parfois c’est avec le ministère de l’Économie, des Sciences et de l’Innovation, parfois c’est avec Forêt, Faune et Parcs. Ça dépend. Dans les secteurs de la recherche, je ne suis pas au courant de ce que ma collègue Dominique Anglade a pu faire par rapport à Trois-Rivières, mais on a dit qu’on ferait des pôles d’excellence dans chacune des villes et j’espère qu’à Trois-Rivières, ce sera dans le domaine des pâtes et papiers», dit-il.