Les résultats décevants du premier semestre laissent entendre qu’il n’y aura pas de nouveaux investissements du côté de l’Usine Alma.

3,5 G$ aux actionnaires de Rio Tinto

Rio Tinto a signé un revenu net de 4,13 milliards de dollars américains pendant la première partie de 2019, soit 250 millions de dollars de moins qu’à la même période l’année précédente. Selon des informations obtenues par Radio-Canada, le géant de l’aluminium a tout de même « versé un dividende de 3,5 milliards de dollars à ses actionnaires, dont un milliard sous forme de dividende spécial. »

En plus des tarifs imposés sur l’aluminium au Canada au cours de la dernière année, Rio Tinto a dû composer avec la baisse du prix de l’aluminium sur le marché mondial ainsi que la hausse générale des coûts des matières premières, des facteurs qui peuvent expliquer les résultats obtenus au premier semestre. Pour les alumineries du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui regroupent Alma, Grande-Baie, Laterrière et le regroupement Arvida-AP60, les résultats se traduisent par une baisse de la rentabilité nette des usines, passée de 35 % à 27 %. Pour l’ensemble du secteur aluminium, cela représente des revenus de 315 millions de dollars, une baisse de 556 millions comparativement à 2018.

Les résultats annoncés par Rio Tinto laissent entendre qu’il n’y aura pas d’investissement à court terme dans les alumineries de la région. Plusieurs intervenants attendent l’annonce d’une nouvelle usine de production de billettes d’aluminium, un investissement qui représenterait environ 200 millions de dollars. « C’est sûr qu’on aurait aimé qu’il y en ait un petit peu moins pour les actionnaires et qu’ils se gardent 200 millions $ pour notre projet de billettes », a déclaré le vice-président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Sylvain Maltais, à Radio-Canada.

Au cours des derniers mois, Rio Tinto a procédé à un important virage technologique au sein de l’entreprise. La technologique 4.0, soit la cueillette de métadonnées visant à améliorer la productivité des opérations, est désormais au coeur des usines. L’innovation a pour but de réaffirmer l’entreprise comme une pionnière du secteur de l’aluminium.

Le secteur du minerai de fer, quant à lui, a le vent dans les voiles. Elle a annoncé des revenus de 4,5 milliards de dollars pour le premier semestre de 2019, une hausse de 40 % comparativement aux 3,2 milliards du premier semestre de 2018.