Sylvain Gilbert donne des explications à Micheal Denham et Francis Mastromatteo.

30% de plus pour le bois, l’acier et l’aluminium

Le président et chef de la Banque de développement du Canada (BDC), Michael Denham, était de passage au Lac-Saint-Jean, mercredi, pour rencontrer les entrepreneurs et discuter avec eux d’enjeux économiques, dont la démographie et la main-d’œuvre, les grands changements technologiques et l’incertitude des marchés extérieurs.

Pour pallier l’incertitude sur les marchés du bois, de l’acier et de l’aluminium, la BDC a notamment annoncé une majoration de 30 % des sommes disponibles pour les compagnies affectées, note Micheal Denham. « D’ici quelques semaines, nous allons introduire des outils qui permettent à chaque entreprise au Canada de faire un diagnostic sur les opportunités d’investir pour augmenter la performance de chaque usine », a-t-il ajouté.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, BDC collabore avec 400 PME. Par sa visite, M. Denham souhaitait mieux connaître leurs besoins afin de les épauler dans leur développement.

En se promenant dans l’usine de Produits Gilbert, à Roberval, Sylvain Gilbert, le président de l’entreprise, montre le robot géant qui gère l’inventaire des pièces et nourrit les machines pour produire des pièces usinées sur mesure, dans le but de fabriquer des raboteuses, mais aussi des surfaceuses, des têtes d’abattage et vibrofonceurs. « C’est avec l’aide de la BDC que nous avons fait ce projet en 2007 », a-t-il mentionné, avant d’ajouter que la BDC a aussi participé dans l’agrandissement de l’usine quelques années plus tard.

« La BDC est une prêteuse plus compréhensive et plus patiente, a souligné Sylvain Gilbert. C’est aussi plus rassurant de les avoir comme partenaires quand on approche d’autres prêteurs comme les banques. »

Lorsqu’il y a des difficultés dans un cycle économique difficile, la BDC joue un rôle important en calmant le jeu auprès des autres bailleurs de fonds, précise Francis Mastromatteo, vice-président pour l’est du Québec. « Notre département pour les comptes spéciaux à Montréal a le rôle de parler aux autres créanciers et de leur dire notre position. Quand on est plus patients, et qu’on essaie d’aider les entreprises à croître, ça aide à tempérer les autres prêteurs. »

Selon Michael Denham, la productivité et l’agilité de Produits Gilbert démontre très bien le rôle que souhaite jouer la BDC auprès des 56 000 PME avec lesquelles elle travaille, dont plus de 400 se trouvent au Saguenay-Lac-Saint-Jean. « On veut que les entreprises qui souhaitent développer de nouveaux projets pensent BDC », note ce dernier, en ajoutant qu’il souhaite faire croître le nombre d’entreprises avec qui il travaille, peu importe leur taille.

En plus d’investir dans les PME, la BDC offre également un service-conseil pour aider à la prise de décision pour la croissance de l’entreprise, mais aussi pour recruter la main-d’œuvre et augmenter la productivité, a souligné le chef de la société d’État.

Charmé par un projet
M. Denham a particulièrement apprécié de voir le dynamisme des entrepreneurs de la région qui ont créé le groupe S21, un regroupement de 21 entrepreneurs qui veulent créer des synergies entre les entreprises. « C’est très bon pour la région, car plusieurs entreprises partagent les mêmes problèmes. La coopération est une bonne technique pour attirer de nouveaux talents dans la région », a-t-il commenté.

Le président de la BDC a également été impressionné de voir à quel point les entreprises régionales étaient diversifiées en ayant développé des marchés internationaux. « Il y a de grands risques d’être dépendants d’un grand donneur d’ordre. Il faut être diversifié et exporter. Les entreprises d’ici ont appris ça et ils sont bien placés sur les marchés internationaux. Je suis très optimiste pour ce groupe S21. »

Sylvain Gilbert, de Produits Gilbert, montre à Michael Denham et Francis Mastromatteo, de la Banque de développement du Canada, le robot géant qui gère l’inventaire des pièces et nourri les machines pour produire des pièces usinées sur mesure.

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DES MEXICAINS À LA RESCOUSSE

Après plusieurs tentatives pour recruter de la main-d’œuvre localement, Produits Gilbert mise désormais sur le recrutement à l’international pour soutenir sa croissance. Trois premiers travailleurs mexicains ont déjà été recrutés dans le but de venir s’établir au pays à compter de janvier 2019. 

« Nous voulons doubler les ventes d’ici cinq ans », a martelé Sylvain Gilbert. Pour y arriver, Produits Gilbert investit 5,2 millions de dollars dans l’automatisation, notamment dans l’acquisition de robots intelligents. Pour atteindre une telle croissance, plusieurs travailleurs spécialisés sont requis. 

« Il nous manque toujours au moins 10 machinistes pour répondre à nos besoins », a ajouté Sylvain Gilbert. Avec l’arrivée de la nouvelle directrice générale, Lydia Gaudreault, il y a trois mois, une nouvelle idée a surgi lorsqu’elle a proposé d’aller recruter des employés qualifiés à l’international. 

Cette dernière avait été informée de telles stratégies par des entreprises rencontrées au congrès Naturallia, présenté l’automne dernier à Roberval. Avec des formations spécialisées pour les entreprises manufacturières, le Mexique était une cible de choix pour l’entreprise robervaloise. Et la réponse a été excellente, car plusieurs travailleurs étaient prêts à déménager au Québec avec leurs familles. 

Dans un premier temps, Produits Gilbert a retenu trois candidatures, pour bien recevoir les nouveaux venus. « Ils ont déjà commencé à suivre des cours de français chez eux », a commenté Lydia Gaudreault. Pour les trois premiers mois, les travailleurs spécialisés viendront seuls au pays, avant de faire venir leur famille dans la région. 

Après le Mexique, l’entreprise mise maintenant sur la France pour combler ses besoins de main-d’œuvre.