L’homme d’affaires Yves Ntetu passait 24 heures dans la peau d’un itinérant. Il profitait des guichets automatiques au centre-ville de Chicoutimi pour se réchauffer.

24 heures dans la peau d’un itinérant

Initialement, l’homme d’affaires Yves Ntetu refusait que des sans-abri entrent se réchauffer dans son commerce. Son équipe l’a tellement convaincu du contraire qu’il a accepté de passer 24 heures dans la peau d’un itinérant... à -20 degrés !

Yves Ntetu est actionnaire depuis peu chez Boyaux Saguenay, une entreprise située sur la rue du Havre au centre-ville de Chicoutimi.

« Ça arrive tout le temps que des sans-abri viennent se réchauffer. Quand je voyais un gros client rentrer et qu’un sans-abri était là, je n’aimais pas ça. J’avais une vision marketing et je croyais que ça nuisait aux opérations », a-t-il raconté au Quotidien, alors qu’il se trouvait à un guichet automatique de la rue Racine pour se réchauffer.

Il a poursuivi en disant qu’il y a eu un véritable combat de valeurs au sein de l’entreprise, alors que lui était contre l’idée de les laisser entrer pour se réchauffer.

L’idée de passer 24 heures dehors est venue de la courtière immobilière Éloïse Blanchette, qui s’occupe aussi de marketing et de promotion pour l’entreprise.

Finalement, Yves Ntetu a débuté son défi mardi matin à 7 h 30. Il devait le compléter mercredi matin à la même heure. « Je vais essayer de dormir dehors, j’ai des couvertures », a-t-il expliqué.

La date du 22 janvier avait été choisie depuis un certain temps et il n’était pas question pour lui de reculer. Il appréciait même de pouvoir ainsi vivre encore plus les difficultés qu’affrontent les sans-abri au quotidien. De plus, il tentait de ne pas manger pendant les 24 heures, question d’en demander encore plus à son corps, qu’il dit avoir entraîné pour l’occasion.

À la suite de l’entrevue, Yves Ntetu se dirigeait vers la Maison d’accueil pour sans-abri de Chicoutimi, question de réchauffer et recharger son téléphone cellulaire, un luxe qu’il reconnaissait bien que les véritables itinérants n’avaient pas ou rarement. À sa décharge, cet outil lui a permis de pouvoir communiquer avec les médias et ainsi donner plus de visibilité à son initiative.