La nouvelle usine de traitement et de recyclage des matières résiduelles de Carrefour Environnement Saguenay a été inaugurée mercredi. De gauche à droite sur la photo, Jean Blackburn, administrateur, Simon-Olivier Côté, conseiller et président de la commission du développement durable et environnement de Saguenay, Bertrand Tremblay, président-directeur général, Josette Bergeron, directrice administrative, Marc Potvin, administrateur, Lucien Turcotte, administrateur, et Réjean Pilote, directeur des opérations, ont coupé le traditionnel ruban.

2 M $ pour célébrer ses 20 ans

Le Carrefour Environnement Saguenay (CES) a célébré ses 20 ans mercredi soir dans ses nouveaux locaux de la rue Lavoie à Chicoutimi, aménagés dans le cadre d’un investissement de 2 M $, alors qu’un autre de 3M $ se prépare.

La nouvelle usine de traitement et de recyclage des matières résiduelles remplace l’ancien emplacement de la rue des Oblats. Si l’inauguration a eu lieu cette semaine, le déménagement s’est fait il y a huit mois.

« On a emménagé dans des locaux plus grands. On démonte du matériel électrique et informatique pour ne pas qu’il se retrouve dans les sites d’enfouissement. On revend ensuite les composantes. On est la seule entreprise de la région à faire ça. On reçoit 5000 tonnes par année du Saguenay–Lac-Saint-Jean, de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et même de Québec. On a tout près de 80 employés qui travaillent 40 heures par semaine », a raconté le président-directeur général, Bertrand Tremblay.

Le président-directeur général de Carrefour Environnement Saguenay, Bertrand Tremblay, pose devant des cages de matériaux classés qui seront vendus. Par exemple, les compagnies qui achètent les câbles ont des outils leur permettant de les dégainer pour récupérer le métal.

Ce dernier estime avoir contribué à des retombées économiques directes de l’ordre de 15 M $ depuis trois ans.

Alors que l’industrie du papier et du carton recyclés s’est retrouvée en crise à la suite de la fermeture du marché de la Chine, la situation est tout autre dans le créneau occupé par le Carrefour Environnement Saguenay. « Pour changer, dans le carton, il faudrait qu’ils modifient leur machinerie. Nous, l’avantage qu’on a, c’est que c’est manuel. Dans la mécanisation, ça produit du vrac. Ici, on se tient à jour et on apporte les modifications tout de suite », a souligné M. Tremblay.

C’est ce qu’a pu constater Le Progrès lors d’une visite de l’usine, alors que les dizaines d’employés démontaient un à un les divers équipements, que ce soit des télévisions, des chaînes audio ou encore des ordinateurs personnels. Les différentes pièces étaient déposées dans de grandes cages. Ces matériaux seront ensuite vendus à l’extérieur de la région, mais rarement dans des marchés plus éloignés que la côte Est américaine ou le Canada. Encore une fois, il s’agit d’un avantage écologique devant le marché du papier, alors que les exportations de ballots se font par bateau jusque de l’autre côté de la Terre. De façon assez surprenante, c’est souvent le chemin inverse que fait le papier mieux trié outre-mer pour être utilisé dans les produits à base de papier recyclé fabriqués ici.

Carrefour Environnement Saguenay reçoit 5000 tonnes de matériel par année.

De plus, Bertrand Tremblay se réjouit de fournir du travail à des gens d’ici. Le Carrefour Environnement Saguenay a même développé un programme, Tremplin 2.0, qui est un parcours d’intégration visant le développement progressif de l’employabilité. Le CES procède aussi à l’intégration de personnes peu scolarisées ou ayant une condition particulière.

Le PDG dit à peine commencer à ressentir la pénurie de main-d’oeuvre qui frappe plusieurs entreprises. « On travaille beaucoup avec les centres d’emploi. Ça va encore bien. Mais aussi, on tend à améliorer nos conditions de travail », a-t-il révélé.

En plus de recycler les composantes, Bertrand Tremblay se targue que tout le travail se fait avec le moins possible d’impact sur l’environnement. « Il y a des normes environnementales très sévères. Ici, il n’y a pas une goutte de quoi que ce soit qui tombe au sol », s’est-il vanté. C’est pourquoi tout ce qui est déposé à l’extérieur se trouve sur du béton et non directement sur le sol.

Les équipements informatiques seront démontés; les matériaux, récupérés.

Le Québec compte environ 1000 points de dépôt. Le CES reçoit également les équipements récoltés dans les écocentres. Il arrive aussi que des entreprises envoient des surplus invendus dont ils veulent se débarrasser.

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LES TROUVAILLES

Ceux qui fréquentent les écocentres savent bien qu’il est interdit de fouiller dans les boîtes d’équipement informatique. Mais qu’arrive-t-il si une pièce de collection se retrouve en fin de compte chez Carrefour Environnement Saguenay? Si l’engin est en état de fonctionnement, il peut se retrouver en vente à la boutique de la rue des Oblats. Ainsi, un employé ne pourrait le conserver pour lui-même, mais il pourrait l’acheter au même titre que tout autre consommateur, une fois le produit offert à la vente.

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LA DURÉE DE VIE

On entend souvent dire que les appareils duraient beaucoup plus longtemps à une certaine époque, et qu’aujourd’hui, tout briserait plus vite. Bertrand Tremblay ne peut complètement répondre, car il «reçoit encore beaucoup de vieux matériel». «Mais je vois bien que les nouveaux semblent durer moins longtemps», poursuit-il, en donnant aussi une part de responsabilité aux consommateurs qui veulent toujours avoir le dernier modèle disponible, augmentant la quantité d’objets jugés obsolètes.