1,5M$ pour attirer la main-d'oeuvre

Comment se démarquer pour attirer la main-d’œuvre dans le nord du Lac-Saint-Jean ? Pour y arriver, les MRC de Maria-Chapdelaine et du Domaine-du-Roy ont décidé de s’unir pour créer une synergie en investissant dans la stratégie d’attraction de la main-d’œuvre. Au menu, une image de marque forte lançant un défi aux travailleurs d’« Oser le Pays des Bleuets », une application qui sera le « Tinder » de l’emploi.

« Selon l’Institut de la statistique du Québec, on prévoit que nos deux MRC seraient en décroissance avec une perspective de moins 9 % pour Domaine-du-Roy et de moins 11 % pour Maria-Chapdelaine. Pour faire face à cette situation particulièrement préoccupante dans le comté Roberval, nos deux MRC s’unissent afin de mettre en place une stratégie qui se veut empreinte de nos valeurs que sont l’audace, l’ouverture, l’engagement et la collaboration », a lancé d’emblée Lucien Boivin, le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, lors du dévoilement de la stratégie territoriale de main-d’œuvre présentée au Zoo de Saint-Félicien, mercredi.

Depuis deux ans, une équipe regroupant plusieurs organisations sur le territoire planche sur une stratégie de main-d’œuvre innovante pour faire rayonner la région et y attirer davantage de travailleurs. Le but : lutter contre le déclin démographique et combler les besoins de main-d’œuvre dans les entreprises.

« C’est toute une équipe multidisciplinaire, possédant une expertise reconnue dans le milieu, qui permettra d’offrir un guichet unique en matière d’accueil, de référencement et d’intégration des nouveaux arrivants », a renchéri Luc Simard, préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine.

Pour y arriver, les deux MRC se sont engagées à investir 500 000 $ chacune, au cours des cinq prochaines années, alors que d’autres partenaires financiers s’ajouteront à la stratégie pour atteindre un budget total de 1,5 million $, a spécifié Carole Richer, conseillère en développement du CLD Maria-Chapdelaine.

Portes ouvertes sur le Lac sera porteur de la stratégie, a annoncé Sabin Côté, maire de Roberval et nouveau président du conseil d’administration de l’organisme. Spécialisé dans l’accueil des nouveaux immigrants, Portes ouvertes sur le lac élargira désormais ses services pour les offrir à tous les nouveaux arrivants, a-t-il spécifié, avant de présenter la nouvelle directrice générale de l’organisme qui pilotera ce virage, Josée Bouchard.

Plus de 150 personnes, qui s’étaient présentées pour l’événement, ont offert une ovation debout après la présentation de la stratégie.

Luc Simard, préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, et Lucien Boivin, préfet de la MRC du Domaine-du-Roy, ont présenté la stratégie d’attraction de la main-d’oeuvre.

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DES SOLUTIONS INNOVANTES

« Comment attirer la main-d’œuvre et retenir les jeunes alors que toutes les régions du Québec tentent de se démarquer ? », a questionné Elliot Lapointe, le chargé de projet de la stratégie. « La solution, c’est la synergie, a-t-il répondu. On peut s’offrir les moyens de se mettre en valeur. On veut que tout le monde parle d’une même voix. »

Devant un groupe d’étudiants français, réunis dans le cadre d’une téléconférence sur les programmes d’études et les opportunités d’emplois au Lac-Saint-Jean, Baptiste Verdier répond calmement aux questions de ses compatriotes désireux de venir tenter leur chance dans la région. « Depuis le début de mon programme, il y a deux mois, cinq employeurs sont déjà venus nous voir pour nous dire qu’ils sont prêts à nous embaucher », a raconté l’étudiant dans la technique de transformation des produits forestiers au Cégep de Saint-Félicien, qui a été relancée cette année, grâce à l’arrivée d’étudiants français.

Baptise Verdier est en fait le premier ambassadeur de la stratégie « Ose le Pays des Bleuets », recruté dans le cadre du lancement.

Mais les promoteurs de la stratégie de main-d’œuvre espèrent que tous les résidants de la région deviendront des ambassadeurs, via une série de capsules vidéo, diffusées en ligne, lançant le défi aux travailleurs de miser sur la qualité de vie pour profiter du plein air, des grands espaces en famille, du coût de la vie plus faible ainsi que de la qualité des emplois.

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LE TINDER DE L'EMPLOI 

Les promoteurs ont également développé un portail Web et une application mobile de recherche d’emploi conçus par l’entreprise félicinoise D-Module. « On offre le contact spontané entre les chercheurs d’emplois et les employeurs, une application Web qui sera le Tinder de l’emploi », a expliqué Elliot Lapointe. Pour s’adapter aux nouvelles générations, il sera possible de postuler instantanément en ligne. Dès le lancement, on retrouvait déjà plus de 300 offres d’emplois à combler sur le territoire.

De plus, trois événements seront présentés durant la première année, sous la forme d’un triathlon des ressources humaines. Le premier événement, qui traitera des nouveaux modes de recrutement, se tiendra le 12 décembre à l’hôtel du Jardin, à Saint-Félicien.

Pour rejoindre les travailleurs à travers la province, des membres de Portes ouvertes sur le lac, l’organisme porteur de la stratégie, participeront à plusieurs événements d’envergure, comme la foire de l’emploi qui se déroulera au cours des prochains jours. Mais ce n’est pas tout, car pour combler le déficit démographique, il faudra aussi miser sur le recrutement international, a remarqué Magali Robert, du CLD du Domaine-du-Roy. 

Dès le mois prochain, une première mission sera organisée à Paris, en compagnie de trois employeurs, le Marché D. Boutin, Produits Gilbert et Desco. 

Ces journées Québec, organisées depuis 2008, ont notamment permis d’attirer 6000 nouveaux arrivants dans la province, au cours des dernières années, et la région compte désormais avoir sa part du gâteau.

Le Cégep de Saint-Félicien, qui a réussi à combler le défi démographique en attirant 200 étudiants internationaux, compte aussi participer activement à la stratégie, en facilitant l’établissement des étudiants sur le territoire, après l’obtention de leur diplôme. « La collaboration et le partage d’idées sont nécessaires dans un marché de plus en plus compétitif », a noté Gilles Lapointe, directeur général du cégep.