La capacité de production de départ est de 3000 à 4000 tonnes par année. L’aluminium sera vendu en lingots de sept kilogrammes ou en gueuse de 700 kilogrammes.

15 M$ pour de l'aluminium pur à La Baie

Le Saguenay–Lac-Saint-Jean va entrer dans le marché hautement spécialisé de l’aluminium de grande pureté avec la naissance de l’entreprise Nature Alu qui nécessite des investissements d’un peu plus de 13 M$. Les premiers lingots seront produits en juin 2020 dans le vaste immeuble industriel de Proco Métal de La Baie.

L’annonce a été faite lundi matin à l’usine de l’entreprise Dynamic Concept du parc industriel de Jonquière. C’est à cet endroit que les métallurgistes Denis Mazerolle et Luc Boivin ont mené depuis 2016 les travaux préliminaires pour tester l’usine pilote et le procédé qui sera exploité dans la future usine de La Baie. Ils pouvaient compter sur le soutien de Michel Toupin de Proco Métal et Patrice Côté de Dynamic Concept.

Le projet, qui permettra de créer 15 emplois, a été annoncé en présence de la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, du député fédéral de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, au nom de son collègue ministre responsable de DEC Canada Navdeep Bains, de la mairesse de Saguenay, Josée Néron, ainsi que des représentants des différents organismes de développement et de promotion économique des différents paliers de gouvernement.

Le projet industriel a été initié en 2016 par des cadres à la retraite de Rio Tinto, Luc Boivin et Denis Mazerolle. Ce dernier a eu les premiers contacts avec l’industrie de l’aluminium de grande pureté en Europe. Il s’agit selon l’historique qu’il a fait de la création de l’entreprise d’un marché de niche de l’ordre d’approximativement 160 000 tonnes métriques par année dominé par les producteurs Rusal et Hydro Aluminium.

« Nous n’utiliserons pas la même technologie. Rusal utilise une technologie qui a un impact environnemental beaucoup plus important », a insisté le président de Nature Alu, Denis Mazerolle. La technologie utilisée au Saguenay utilise de l’aluminium solide et permet de mettre sur le marché un aluminium à 99,99 % de pureté avec la plus faible empreinte écologique au monde.

Le président de la nouvelle entreprise Nature Alu, Denis Mazerolle, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, la ministre des Affaires municipales, Andrée Laforest, le député fédéral de Lac-Saint-Jean, Richard Hébert, la directrice régionale d’Investissement Québec, Julie Savard, et le député de Lac-Saint-Jean, Éric Girard, ont annoncé la construction d’une nouvelle usine de production d’aluminium de grande pureté à partir de l’aluminium fabriqué dans les usines d’Électrolyse du Québec, dont Alouette de Sept-Îles.

La nouvelle entreprise procédera à l’achat de l’aluminium le plus pur disponible sur le marché. Il passera par cinq unités de production qui seront installées dans la nouvelle usine pour en arriver à un métal presque parfait. L’aluminium de haute pureté est utilisé dans les industries de pointe comme l’aéronautique, la chimie et les batteries. Le produit est déjà qualifié auprès d’un fabricant espagnol de batteries d’automobiles Albufera qui construira à court terme une nouvelle usine de production.

Les deux spécialistes de la métallurgie ont cogné à la porte de Proco Métal qui possède une expertise internationale et Dynamic Concept en raison de son expertise en tant qu’équipementiers dans le domaine de l’aluminium. Denis Mazerolle a souligné l’apport de ces deux partenaires. Ils ont également obtenu le support du Centre des technologies de l’aluminium pour la vérification des différentes facettes de la transformation d’usine pilote en usine de production industrielle.

La capacité de production de départ est de 3000 à 4000 tonnes par année. L’aluminium sera vendu en lingots de sept kilogrammes ou en gueuse de 700 kilogrammes. L’entreprise compte gagner des parts de marché à partir de l’augmentation de la demande mondiale provoquée par le développement de nouvelles technologies dans le secteur de l’énergie, dont les batteries.

Le gouvernement du Québec a accordé un prêt de 3 M$ dans le cadre du programme ESSOR, un investissement de 1,5 M$ à partir des fonds propres d’Investissement Québec, une aide financière du ministère des Affaires municipales de 500 000 $ dans le cadre du Fonds d’appui au rayonnement des régions et une dernière contribution remboursable de 27 000 $ provenant du programme Exportation.

La participation financière d’Ottawa est constituée d’une contribution remboursable de 1,5 M$ provenant du Programme de développement économique du Québec et de 330 000 $ du Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches du Canada. Ottawa, selon le député Richard Hébert, souhaite faire passer les exportations des PME canadiennes de 12 à 24 % sur la totalité des exportations canadiennes.