Me Dominic Bouchard et Daniel Gagnon
Me Dominic Bouchard et Daniel Gagnon

Zoo de Falardeau: cinq ex-employées mises en demeure

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
Le propriétaire du Zoo de Falardeau a envoyé des mises en demeure à cinq de ses ex-employées qui, selon lui, auraient donné des informations « malveillantes » au Quotidien. Ces mises en demeure font suite au reportage publié le 19 février dans lequel une dizaine d’ex-employées accusent Daniel Gagnon, le propriétaire du zoo, de cruauté envers les animaux.

Les témoignages ont été publiés anonymement, mais la direction du zoo et son avocat, Me Dominic Bouchard, sont convaincus d’avoir ciblé les gens qui se sont confiés au Quotidien. C’est par une « enquête interne », qu’ils auraient réussi à cibler certaines personnes. L’avocat a également assuré que des mises en demeure seront envoyées à d’autres ex-employés au fil du temps. 

Le contenu de la mise en demeure n’a pas été détaillé. Cette démarche, rappelons-le, n’est pas une procédure judiciaire. 

L’avocat évalue également la possibilité d’entamer un recours judiciaire contre Le Quotidien, estimant que toutes les informations publiées, dont le manque de soins, des habitats non conformes et la pratique d’interventions chirurgicales par le propriétaire, ne sont pas véridiques.

« Nous sommes en communication, en validation, par rapport au journal. Voir si éventuellement il pourrait y avoir des poursuites. À ce stade-ci je ne peux pas aller plus loin », a exprimé Me Bouchard. 

Ce dernier a en effet contacté le contentieux du Quotidien, mais aucune information sur l’enquête ou sur les témoins rencontrés ne lui a été divulguée.

Le propriétaire du Zoo de Falardeau a également porté plainte contre une ancienne employée qui aurait menacé d’incendier la grange située sur le site. Cette dernière aurait écrit sur Facebook qu’elle aimerait mettre la grange en feu. Elle aurait fait référence au bâtiment dans lequel plusieurs animaux seraient morts, selon le témoignage d’anciens employés.

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LA SÉCURITÉ ET LE BIEN-ÊTRE PRIORISÉS, SELON DANIEL GAGNON

Daniel Gagnon persiste et signe. Les animaux de son zoo ont toujours été traités aux petits oignons. 

« La mission de notre organisation est simple. Prendre soin des animaux et souvent, carrément les sauver. Nous le faisons de diverses manières, mais je ne veux pas entrer dans trop de détails techniques. Ça va de la récupération de bébés en danger à la protection des animaux en voie d’extinction en passant par l’accompagnement des animaux afin qu’ils s’adaptent aux humains qu’ils côtoient toute leur vie jusqu’à l’achat d’animaux délaissés », a énuméré M. Gagnon, qui a rencontré la presse, jeudi matin.

Ce dernier assure que la sécurité et le bien-être des animaux sont les priorités du zoo. La direction n’aurait jamais lésiné sur la qualité des soins et sur le confort des animaux. 

« Depuis toutes ses années, moi et ma femme, on ne s’est jamais versé un salaire. Tout l’argent a été réinvesti dans le zoo », a-t-il confié.

Si Daniel Gagnon a laissé entendre qu’il pourrait fermer son zoo la semaine dernière, son discours a complètement changé. Ce dernier s’est dit prêt à se battre pour que le site continue de se développer.

« J’ai dit que ça (la sortie des ex-employées) venait de sonner la fermeture du zoo. Pour être honnête, je l’ai vraiment pensé. S’il n’en tenait qu’à moi, je serais peut-être encore abattu. Car c’est tout un coup qu’on nous a fait. Et parce que nous battre pour démentir les “fake news” et rétablir notre réputation sera probablement long et assurément cher, ce qui risque d’affecter notre capacité à nous consacrer à ce zoo. Mais après tous les encouragements, les témoignages, le respect et l’affection que nous avons reçus ces derniers jours, on s’est rappelé pourquoi on fait ce qu’on fait. Et on ne peut pas lâcher. Alors on va faire tout ce qu’on peut avec les moyens qu’on a pour continuer d’offrir nos installations aux animaux et d’être un rare lieu où l’humain et les animaux interagissent, dans le respect, ce qui ne semble pas toujours le cas des humains entre eux, comme je l’ai appris à la dure la semaine dernière », a laissé tomber M. Gagnon.