Roberval est maintenant à l’extérieur de la zone d’intervention spéciale.

Zones inondables: le contour du lac Saint-Jean exclu

Les maires de plusieurs municipalités du Lac-Saint-Jean poussent un soupir de soulagement avec les modifications apportées à la carte des zones inondables qui permettaient d’établir la zone d’intervention spéciale (récurrence d’inondation 0-20 ans).

Dans la première mouture du décret gouvernemental interdisant l’émission de permis de construction ou de réfection dans cette zone, le ministère, à partir de photos aériennes et photos satellitaires, avait pratiquement intégré dans la zone d’intervention spéciale toutes les municipalités riveraines situées autour du lac Saint-Jean et de certains tributaires. La couleur violette qui ceinturait le pourtour du plan d’eau est maintenant remplacée par du vert.

La Ville de Roberval dans la MRC Domaine-du-Roy et la municipalité de Péribonka dans la MRC de Maria-Chapdelaine ont fait état de problématiques sérieuses avec la première carte adoptée par Québec. La nouvelle, qui entrait en vigueur lundi matin, a été corrigée et plus un seul pouce de terrain n’est compris dans cette zone.

« Nous avions un projet de caserne et d’hôtel de ville pour la municipalité et le terrain que l’on souhaite utiliser se trouvait dans cette zone. Ça comprenait pratiquement tout le secteur urbain en direction du secteur de villégiature. Il est maintenant possible de réaliser les travaux de réfection, garages ou construction de résidences dans tous les secteurs », explique le directeur général de la municipalité Steve Harvey.

Avec le premier décret, il aurait été impossible de réaliser des travaux de réfection sur le site de l’hôpital de Roberval. Tout comme les autres secteurs de la ville, la nouvelle carte ne considère plus le bord du lac Saint-Jean dans cette zone comme une zone d’intervention spéciale.

Le préfet de la MRC Domaine-du-Roy, Lucien Boivin, a accueilli avec satisfaction la nouvelle délimitation de la zone d’intervention spéciale décrétée par le gouvernement du Québec et interdisant des travaux de construction ou de rénovation au terme des inondations printanières.

« Mes collègues et moi nous réjouissons grandement de la décision prise par le gouvernement relativement à la nouvelle délimitation de la zone d’intervention spéciale dévoilée ce matin. Cette décision est conséquente avec les orientations annoncées le 4 juillet dernier par la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, Mme Andrée Laforest, selon laquelle la mise à jour de la cartographie permettrait d’exclure de la zone d’intervention spéciale les terrains n’ayant pas été touchés par des inondations en 2017 et 2019 » indique Lucien Boivin, préfet de la MRC du Domaine-du-Roy dans un communiqué émis lundi.

Les modifications à la zone d’intervention spéciale confirmées lundi matin n’auront pas d’impact pour la ville de Saguenay. Les cartes d’inondation 0-20 ans sont toujours les mêmes.

Lors d’une conférence de presse sur les modalités techniques de la nouvelle cartographie, le ministère des Affaires municipales a confirmé que 20 000 résidences ont été retirées de la zone d’intervention spéciale. Le sous-ministre à l’urbanisme Daniel Gaudreault a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une nouvelle cartographie des zones inondables, mais bien de modifications apportées au terme des consultations publiques. La carte des zones inondables qui identifie les zones 0-20 ans est toujours la même.

Selon les explications fournies lundi, le gouvernement va entreprendre une réflexion plus profonde sur toute la question des problématiques de construction dans les zones inondables en lien avec les changements climatiques.

Lors des dernières inondations, la rupture de la digue de Saint-Marthe-sur-le-Lac a créé des problèmes de taille aux autorités. En 1996, pendant le déluge du Saguenay, la rupture de la digue du lac Ha ! Ha ! avait causé des dizaines de millions de dollars de dommages à La Baie. Lundi, le sous-ministre Daniel Gaudreault n’a pas été en mesure de confirmer l’existence des études sur les ruptures de digue.

La question des habitations en aval de ces ouvrages problématiques (deux ruptures en 23 ans) fera partie de la réflexion plus globale qu’entreprendra le gouvernement du Québec.