La présidente de Zone Talbot, Louise Blanchette, souhaite que Saguenay prenne des engagements avant de convertir l’organisme en Société de développement commercial.

Zone Talbot pose six conditions

Zone Talbot possède tous les atouts pour faire passer sa forme juridique d’organisme à but non lucratif en une société de développement commercial (SDC), mais souhaite que Saguenay prenne six engagements avant de faire le virage.

Tel que prévu, environ 80 commerçants membres de Zone Talbot se sont présentés au Montagnais, mercredi matin, afin d’y entendre la présidente, Louise Blanchette. Celle-ci a exposé les grandes lignes du Plan quinquennal de développement déposé à la Ville, dont l’objectif est d’accroître le rayonnement commercial du secteur — qui s’étend sur 12 kilomètres — et favoriser la mise en place de commerces répondant à des besoins suprarégionaux.

La rencontre a été tenue dans le contexte où la Ville a décidé de modifier le financement accordé jusqu’à présent par Promotion Saguenay, ce qui aura pour effet d’amputer 140 000 $ en aide financière. Saguenay a demandé à Zone Talbot de se convertir en SDC, une condition pour continuer d’obtenir du financement public.

Elle a souligné que dans le cadre de son développement futur, le secteur fait face à de nombreux défis en raison, entre autres, d’une démographie régionale faible, de la compétition et du pouvoir d’attraction de grandes villes comme Québec et Montréal, ou encore le développement du commerce électronique.

Mme Blanchette a également présenté six axes de solution visant à dynamiser encore davantage l’artère commerciale.

Une vingtaine de SDC au Québec

L’exposé de Mme Blanchette a été suivi de la présentation de Pierre Boudreault, conseiller principal de la firme Artères, qui a décrit ce qu’est une société de développement commercial aux plans juridique et pratique. Il a indiqué que cette invention canadienne née à Toronto en 1970 existe à 2000 exemplaires à travers le monde. Au Québec, une vingtaine de SDC existent et sont encadrées par la Loi sur les cités et villes.

« On ne peut gérer une artère commerciale comme un centre commercial puisqu’il y a une partie publique dans la gestion d’une artère commerciale, ce qui nécessite un partenariat étroit avec la Ville sur de nombreux aspects comme la signalisation, l’entretien, le déneigement, la propreté, etc. »

C’est d’ailleurs une société de développement commercial qui a permis de distinguer le village gai de la rue Sainte-Catherine, à Montréal, qui se démarque avec l’ajout de milliers de boules roses au-dessus de la rue.

M. Boudreault a insisté sur le fait que le succès d’une SDC repose avant tout sur la mobilisation et une vision commune des entreprises membres qui souhaitent promouvoir le développement et le rayonnement commercial d’un secteur.

Il a indiqué que le modèle des SDC n’a rien à voir avec celui des SIDAC qui continuent d’entacher la réputation des organismes des centres-villes, puisque la cotisation obligatoire est ajoutée au compte de taxes municipales. C’est ce que fait déjà Zone Talbot qui reçoit de chaque membre une cotisation établie à 230 $ annuellement. Quatre-vingt-dix-huit pour cent des commerçants cotisent volontairement à Zone Talbot.

Mme Blanchette a mentionné qu’à la suite d’une rencontre tenue plus tôt cette année avec le cabinet de la mairesse Josée Néron, six engagements ont été demandés à la Ville avant la transformation en une SDC.

Le maintien des cotisations annuelles à 230 $, une contribution au financement de nouvelles infrastructures du plan de développement quinquennal à hauteur de 1 M$ par année jusqu’à son complément, le gel du niveau de taxes à celui de 2017, une présence aux discussions lors des modifications au schéma d’aménagement touchant le secteur et la mise en place d’une table de concertation auquel participeront des représentants du service d’urbanisme sont les autres conditions qui complètent la liste.