Zone rouge: une fermeture qui fera mal aux relais de motoneige

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Les frigidaires et garde-mangers du resto-bar La Grenouille, à Larouche, étaient finalement remplis, quelques semaines avant le début de la période la plus charnière de l’année. Mais comme les autres propriétaires de relais de motoneige de la région, Cynthia Bouchard doit se résoudre à refermer ses portes, à peine celles-ci rouvertes. Une situation qu’elle et ses homologues déplorent.

Pour un type d’établissement qui « ne roule que quatre à cinq mois maximum », mais qui doit continuer de payer des factures toute l’année, une telle fermeture forcée à l’aube du mois de novembre est un désastre.

Et la situation génère bien des questions parmi les motoneigistes. Sans relais, où vont-ils s’arrêter pour manger, se réchauffer, aller aux toilettes ? « Ils se demandent même s’ils doivent acheter leurs cartes de sentier », soutient Cynthia Bouchard, copropriétaire du resto-bar La Grenouille.

La saison s’annonçait pourtant glorieuse. Ne pouvant fuir le froid québécois pour trouver un peu de chaleur au Sud, nombreux sont ceux qui s’étaient tournés vers l’achat d’une motoneige pour s’occuper cet hiver. Les relais du Saguenay-Lac-Saint-Jean étaient d’ailleurs prêts à les accueillir à bras ouverts, malgré les normes imposées par la Santé publique.

Cynthia Bouchard, qui avait dû réduire la capacité de son établissement de 50 %, affirme d’emblée que sa clientèle se montrait très réceptive aux nouvelles normes sanitaires, pas d’argumentaire contre le port du masque ou contre le couvre-feu à minuit. Seulement des « clients compréhensifs ».

Sauf que le tout n’est plus sujet à débat. Dès lundi, lors du passage en zone rouge, le resto-bar La Grenouille devra fermer. Un sentiment de déjà-vu, puisque le gouvernement avait également forcé une telle fermeture en mars dernier, et une situation bien malheureuse vu le manque d’alternative, souligne la copropriétaire.

« Nous, on a un restaurant et un bar, mais le restaurant à Larouche, je ne peux pas faire de “take-out”, c’est rare le monde qui va venir s’acheter un hot-dog dans ces dates-là, passé l’été. Donc ça ne vaut vraiment pas la peine. »

C’est pourquoi Cynthia Bouchard et ses homologues de la région souhaiteraient avoir le droit d’accueillir un nombre minimal de clients, « jusqu’à la moitié du permis, ce serait correct ». Elle soulève également l’idée d’installer des terrasses extérieures avec des feux, pour minimiser les risques.

D’autre part, elle s’inquiète des moyens que pourraient prendre certains clients, sans la présence des relais, alors que plusieurs pourraient « se ramasser dans des garages privés » à la place, où les normes sanitaires risquent de ne pas être appliquées à la lettre.

« On est mieux d’avoir un établissement qui respecte toutes les mesures mises en place, avec un personnel formé pour faire ce qui doit être fait, que des gens qui s’en vont n’importe où parce qu’on n’est pas ouvert », conclut-elle.