La résidence de l’ex-conseiller municipal Luc Blackburn était à l’extérieur de la zone d’inondation au moment de sa construction, en 2015. Aujourd’hui, en fonction des nouvelles cotes établies par le Centre d’expertise hydrique du Québec, elle est à 100 % à l’intérieur de la zone d’inondation en fonction d’un débit de 600 mètres-cubes-seconde.
La résidence de l’ex-conseiller municipal Luc Blackburn était à l’extérieur de la zone d’inondation au moment de sa construction, en 2015. Aujourd’hui, en fonction des nouvelles cotes établies par le Centre d’expertise hydrique du Québec, elle est à 100 % à l’intérieur de la zone d’inondation en fonction d’un débit de 600 mètres-cubes-seconde.

Zone inondable: mise en place prochaine d’une expertise [VIDÉO]

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La création au Saguenay-Lac-Saint-Jean de l’un des dix bureaux de projets pour la gestion des problèmes d’inondation par le gouvernement du Québec devrait permettre d’évaluer plus spécifiquement le cas des 240 propriétaires dont les résidences sont situées en tout ou en partie dans une zone inondable sur les rives du lac Kénogami et de la rivière Chicoutimi.

C’est ce qu’il faut comprendre de la position de la ministre responsable de la région et titulaire des Affaires municipales et de l’Habitation, Andrée Laforest. Québec doit annoncer la création de ces bureaux régionaux dans quelques semaines et la région accueillera l’un d’eux dans le cadre d’une politique sur les inondations dotée d’un budget de 400 M$.

Cette situation problématique avec la Ville de Saguenay découle de l’adoption, par le Centre d’expertise hydrique du Québec (ministère de l’Environnement), de nouvelles cotes pour les seuils d’inondation. Le litige entre Saguenay et le gouvernement porte sur ces cotes et, à au moins deux reprises, les fonctionnaires des ministères concernées (Affaires municipales, Environnement et Sécurité publique) ont refusé de les modifier à la baisse.

Le gouvernement du Québec exige au départ que la ville de Saguenay insère dans son schéma d’aménagement ses cotes d’inondation. Elles constituent la base de l’intervention gouvernementale et des travaux que les membres du futur bureau de projet des inondations vont entreprendre dans les prochains mois.

Selon la députée de Chicoutimi, les fonctionnaires des bureaux régionaux vont analyser toutes les situations problématiques à partir des particularités de chacun des bassins versants. Elle est convaincue qu’après cette démarche, il y aura une diminution importante du nombre de propriétés situées en zone inondable, mais malheureusement, dans certains cas, il sera impossible de retirer une propriété de cette zone comme c’est le cas ailleurs au Québec.

« Il y avait des demandes où l’on voulait diminuer de trois pieds le niveau », souligne la ministre. Pour des questions de sécurité du public, Québec refuse d’appliquer de telles mesures.

Sécurité et coûts

« Il s’agit de la sécurité de la population en premier lieu et il n’est pas question de donner le feu vert à des baisses aussi importantes. Les Québécois doivent verser des milliards de dollars pour les inondations et nous devons trouver des moyens de mieux travailler en aval. »

La ministre des Affaires municipales a aussi attiré l’attention sur la réalité des inondations au Québec. En 2017, le gouvernement a dépensé des centaines de millions de dollars pour compenser les citoyens et, selon la ministre, ce sont tous les Québécois qui assument cette facture. Il est donc assuré que le gouvernement du Québec refuse systématiquement que les municipalités accordent des permis de construction ou de rénovation pour des résidences situées dans les zones inondables.

Interrogée à savoir si le gouvernement envisageait la possibilité de réviser les cotes d’inondation (ou débits des rivières), Andrée Laforest est demeurée ferme et maintient que ces cotes seront maintenues en fonction des particularités de chacun des bassins.

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Le conseiller municipal Michel Potvin, qui a reçu des dizaines d’appels de propriétaires des résidences concernées par cette problématique, estime que la seule solution réside dans une révision par le gouvernement du Québec des cotes de niveau ou des débits de la rivière Chicoutimi. Les niveaux de seuil d’inondation sont mesurés à partir des volumes d’eau qui sortent du lac Kénogami par la rivière Chicoutimi en période de crue printanière.

« La zone inondable est établie à partir d’une crue de 600 mètres cubes-seconde. À ce niveau, 108 propriétés sont inondées, mais c’est une crue par 10 000 ans. Depuis 1996, la crue la plus importante a eu lieu en 2013 avec 153 mètres cubes-seconde. Il n’y a pas eu une seule propriété endommagée par cette crue et on sait qu’à 300 mètres cubes par seconde, 18 propriétés seront endommagées », explique le conseiller municipal.

Le cas de l’ex-conseiller municipal Luc Blackburn illustre bien la nouvelle réalité. Ce dernier a procédé à l’achat de terrains en bordure de la rivière Chicoutimi après le déluge. Il a obtenu un permis pour construire une résidence située en dehors de la zone inondable. Selon la nouvelle zone inondable établie avec les nouvelles cotes du gouvernement du Québec, sa maison se trouve en totalité dans la zone inondable avec un débit de 600 mètres cubes-seconde.