Les conseillers municipaux de Chicoutimi, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, et l’architecte Roger Fradette ont procédé au dévoilement du projet retenu par l’arrondissement.

Zone ferroviaire: un projet de 60 M $ à coût nul pour les contribuables de Saguenay

Le conseil d’arrondissement de Chicoutimi a fait son nid au sujet de l’avenir de la zone ferroviaire en présentant un plan d’aménagement pour la réfection d’une autogare de remplacement sur la rue du Havre, la construction d’un nouveau centre multifonctionnel ainsi que de trois immeubles résidentiels de 125 unités de condominium, avec un investissement de 60 M $ qui devrait être à coût nul pour les contribuables de Saguenay.

Les élus de Chicoutimi, parmi lesquels on retrouvait le président Michel Tremblay et Michel Potvin, président de la Commission des finances, accompagnés de l’architecte Roger Fradette, ont procédé au dévoilement du projet hybride issu de la consultation publique organisée dans les derniers mois.

Tel que dévoilé plus tôt cette semaine dans Le Quotidien, le plan prévoit l’aménagement d’un stationnement couvert de 350 places dans la partie nord, sur le site des anciennes Halles, qui sont démolies. Ce stationnement remplacera partiellement l’autogare actuelle, qui est devenue à bout d’âge et qui sera reconstruite. L’infrastructure deviendra payante pour les utilisateurs.

Le réaménagement de la rue du Havre laissera place à des commerces et à d’autres cases de stationnement.

De plus, le boulevard du Saguenay sera réaménagé sur une distance de 600 pieds avec la mise en place de deux carrefours giratoires aux intersections Lafontaine et Salaberry.

En ce qui a trait à la zone résidentielle, dénommée quartier du Havre et prévoyant trois immeubles totalisant 125 unités de condominium développées par le secteur privé, elle sera dans la partie est.

L’amphithéâtre projeté comportera 4000 places assises pour la présentation des matchs des Saguenéens et de spectacles d’envergure.

Enfin, une passerelle reliera le nouveau stationnement à étages de la rue du Havre.

Aspect financier

Lors de la présentation, le conseiller Potvin a mentionné que la réalisation de l’ensemble du projet, évalué à l’origine à 80 M $ puis à 60 M $, pouvait être réalisée à coût nul pour le compte de taxes des contribuables, conditionnellement à une participation financière de 40 M $ des gouvernements supérieurs.

À l’aide de tableaux, M. Potvin affirme qu’une économie de 13 M $ est possible avec le réaménagement du boulevard du Saguenay et la nouvelle autogare de 350 places. S’ajoute une économie de 8 M $ attribuable à la diminution de la superficie de l’amphithéâtre à 4000 places.

En ce qui a trait à la participation de la Ville de 20 M $, qui nécessite un paiement annuel de 1,6 M $ sur 20 ans, M. Potvin mise sur des revenus de commandites (400 000 $), de spectacles (500 000 $), de taxes immobilières sur les nouveaux condominiums (250 000 $), de stationnement (250 000 $) et des matchs des Saguenéens (200 000 $).

L’arrondissement prévoit des coûts d’opération supplémentaires de 800 000 $ pour le nouvel amphithéâtre. Ces coûts seront amoindris avec une économie découlant du changement de vocation du pavillon de l’Agriculture en garage pour les véhicules de la ville et l’élimination d’un investissement de 240 000 $ pour conserver la glace de ce centre. Une autre économie de 350 000 $ serait possible avec la non-fréquentation du centre Georges-Vézina.

En point de presse, la mairesse Néron s’est dite satisfaite que l’arrondissement de Chicoutimi se soit approprié le projet d’amphithéâtre pour en faire un projet collectif qu’elle entend défendre auprès des gouvernements supérieurs.

Interrogée sur le fait que les élus ont peut-être voulu dorer la pilule en présentant un projet à coût nul, Mme Néron a mentionné qu’à titre de comptable, elle assure que tous les chiffres tiennent la route et sont conservateurs. « Ne rien faire coûterait plus cher puisqu’il faudrait refaire l’autogare. Le centre Georges-Vézina n’est plus fonctionnel avec les demandes de la Ligue de hockey junior majeur et les risques que le toit nous tombe sur la tête, les chambres des joueurs à refaire. Allonger sa vie utile coûterait 25 M $. Nous avons un projet hyper intéressant qui règle deux problèmes », a conclu Mme Néron.