Le marché du véhicule de loisir et utilitaire assiste présentement à la sortie d'un produit innovateur avec la mise au point par le concepteur chicoutimien Yvon Martel du moteur chenille MTT 136, un engin tout terrain et tout électrique destiné à la traction des personnes et des charges.

Yvon Martel met au point le moteur-chenille

Le marché du véhicule de loisir et utilitaire va vivre une révolution avec la mise au point, par le concepteur chicoutimien Yvon Martel, du moteur-chenille MTT 136, un engin tout terrain et tout électrique destiné à la traction des personnes et des charges.
Lors d'une entrevue exclusive accordée au Quotidien, M. Martel a présenté pour la première fois le fruit de quatre ans d'efforts, de recherche et développement, déployés pour mettre au point ce moteur-chenille pour lequel il a présenté plusieurs dizaines de revendications de brevets à l'échelle mondiale.
Le moteur-chenille est un caisson en aluminium étanche à l'eau, la neige, la boue, au sable etc. autour duquel tourne une chenille semblable à celle d'une motoneige, relié à un guidon d'aluminium. Un examen du moteur-chenille permet d'apercevoir uniquement les deux pignons (sprocket) qui transmettent la puissance du moteur à la chenille.
M. Martel affirme que le MTT 136 (pour My track technology) est capable de déplacer une personne à l'aide d'un traîneau sur une distance variant de 45 à 220 kilomètres avec des temps de charge qui varient de 15 minutes à huit heures, selon qu'il s'agit de batteries au plomb (moins dispendieuses) ou à décharge profonde, ou encore au lithium, selon le prix que les consommateurs seront prêts à payer. La vitesse de croisière du MTT 136 varie de 4 km à 40 km/h avec son poids de 127 kilos.
Parmi les secrets de son moteur-chenille, Yvon Martel souligne que l'étanchéité du caisson permet de récupérer la perte de chaleur du moteur pour la diriger vers les batteries. Un centre de gravité très bas ainsi qu'une chenille libre de toutes contraintes en fait un véhicule impossible à enliser, selon lui. L'utilisation des batteries élimine l'émission de toute fumée, odeur ou bruit, ce qui en fait un engin écologique, affirme M. Martel.
Invité à parler des origines de son invention, l'inventeur mentionne que depuis les débuts de sa carrière, il a toujours oeuvré dans le domaine de l'électronique puisque son père Lionel a été le fondateur de Magary Électronique. Outre ce fait marquant, M. Martel a occupé la direction générale de succursales de grands fabricants d'équipements lourds, ayant à diriger de 80 à 100 employés spécialisés. « J'ai des connaissances en hydrauliques, mécanique, machinerie lourde. J'ai dispensé de la formation en mécanique au Cégep de Jonquière. Je suis un autodidacte très sévère. Par exemple, lorsque j'ai décidé d'apprendre la chimie des batteries, j'ai tout appris même si ça a pu me prendre six mois. »
Déshabiller une motoneige
Ce sont toutefois des motivations sportives qui l'ont incité à plancher sur le projet. « J'ai toujours voulu occuper une niche visant à aider les personnes à se déplacer, quelque chose qui se situerait entre la raquette et la motoneige et qui aiderait à augmenter les capacités humaines. »
Pour y arriver, le concepteur s'est mis tête de déshabiller une motoneige en soustrayant tout ce qui n'est pas essentiel au transport de la personne, soit le siège, le moteur, les skis, le réservoir d'essence, la suspension etc. pour ne conserver que la chenille.
Le modèle présenté par M. Martel pourrait être offert en diverses versions dotées d'une ou deux chenilles de diverses largeurs et longueurs, avec une plate-forme et même d'une génératrice à essence intégrée. Cette dernière plate-forme permettrait de résoudre les problèmes de manutention difficile des génératrices nécessaires en temps de crise ou dans des endroits difficiles.