Depuis vendredi soir, quelque 70 étudiants en conception de jeux vidéos, mais aussi des gens en entreprises, sont réunis au centre social de l'UQAC.

WonderJam à l'UQAC: impressionner le jury

Démasquer l'ennemi, semer des policiers, se battre contre un représentant de l'État et bien plus d'aventures encore seront proposées aux membres du jury qui détermineront dimanche quelle équipe participante du WonderJam aura mis au monde le meilleur jeu vidéo cette fin de semaine. Depuis vendredi, 16 h, quelque 70 personnes sont rassemblées à l'Université du Québec à Chicoutimi afin de créer des jeux vidéo en seulement 48 heures.
Le thème imposé, « Orwell avait raison », semble avoir inspiré les participants pour qui le temps fait toutefois figure d'ennemi. Samedi, certains d'entre eux cumulaient à peine une ou deux heures de sommeil. Ils avaient passé la nuit à travailler sur leur projet afin d'être fins prêts à impressionner les membres du jury composé de deux personnes de chez Ubisoft Montréal et deux autres de Bkom à Québec. Les gagnants obtiendront des billets pour un « Game Jam » à Québec.
« Dimanche, 16 h, tout sera arrêté et les membres du jury testeront les jeux afin de déterminer l'équipe gagnante », explique Simon Côté-Duchesne, président du comité organisateur.
C'est donc dire que chaque minute compte pour les équipes de deux à six personnes.
« Le défi est de trouver un projet faisable en 48 heures », affirme d'emblée Aymeric Planet, un étudiant originaire de la France, qui, en compagnie de ses coéquipiers, travaille sur un jeu inspiré de La Ferme des animaux, un court roman de George Orwell dans lequel les animaux se révoltent, prennent le pouvoir et chassent les hommes.
« Ce sera une compétition entre deux joueurs qui seront représentés par des cochons. Des policiers, incarnés par des chiens, tenteront d'attraper les joueurs. Chaque joueur pourra mettre des bâtons dans les roues de l'autre », décrit celui qui fait équipe avec Jeffrey Patrat et Mathieu Poirel.
Un tel jeu contenant plusieurs niveaux pourrait nécessiter des semaines de travail. « Notre jeu ne sera constitué que d'un seul niveau afin de le réaliser en 48 heures », explique-t-il.
L'équipe formée de Nicholas Fillion-Lalancette, Émile Fortin, Émilie Viens, Rafaël Côté et Pierre-André Savard a opté pour un jeu multijoueurs. « C'est une idée ambitieuse. Le temps représente vraiment un défi », affirme Émile Fortin.
Dans leur jeu, une personne en affrontera quatre autres. « C'est un jeu inspiré de la rébellion de la population. Quatre joueurs auront chacun une manette et un personnage. Ils se battront contre le soldat de l'État », décrit Nicholas Fillion-Lalancette.
« C'est un jeu d'action compétition », ajoute Pierre-André Savard.
Une équipe rencontrée sur place devait composer avec une pression supplémentaire. « On a gagné la compétition l'automne dernier », explique Frédéric Bessette. « La dernière fois, on a été dans le jus jusqu'à la fin. On essaie d'apprendre de nos erreurs pour ne plus que ça arrive. »
Leur jeu met en scène un agent de l'Agence nationale de la sécurité des États-Unis (NSA). « Le personnage est dans un bureau et il doit démasquer la personne qui veut commettre un crime avant que ça arrive », explique Frédéric Bessette. « C'est un jeu d'enquête », ajoute celui qui fait équipe avec Éric Boucher, Aymeric Duplaquet, Benoît Bergeron et Alexandre Blanchet.
Malgré le stress imposé, les étudiants en conception de jeux vidéo, mais aussi des gens en entreprises participent à la compétition avec plaisir. « C'est un défi de création. Pour des gens qui veulent travailler dans l'industrie, c'est une belle expérience », conclut Simon Côté-Duchesne.