William Fradette, 23 ans, est le candidat du Parti québécois dans Lac-Saint-Jean. Il a remporté l'investiture, qui a nécessité un deuxième tour, devant les candidats Marc Maltais et Cynthia Tardif, qui l'entourent ici.

William Fradette remporte l’investiture du PQ dans Lac-Saint-Jean

William Fradette, 23 ans, a causé la surprise dimanche après-midi en remportant l’investiture du Parti québécois dans Lac-Saint-Jean devant Cynthia Tardif et Marc Maltais, deux candidats expérimentés et connus du milieu, à l’occasion d’une assemblée qui a réuni près de 600 militants à Alma.

« À partir de maintenant, l’unité est la chose qui devra nous guider. L’élection du 1er octobre, comme je le disais tantôt, elle ne sera pas facile, et on va devoir travailler tous ensemble », a affirmé le jeune diplômé en droit, devant les militants réunis dans le hall de l’Hôtel Universel, après l’annonce de sa victoire. 

William Fradette a obtenu 60 % des votes à l’issue d’un deuxième tour de scrutin, devant Cynthia Tardif, ancienne directrice du bureau de circonscription d’Alexandre Cloutier, qui a obtenu l’appui de 40 % des militants. 

Le syndicaliste Marc Maltais, directeur régional de la FTQ, avait été éliminé au premier tour, obtenant 23 % des votes. William Fradette se trouvait alors déjà en tête avec 46 % des voix, suivi de Cynthia Tardif, qui avait alors récolté un appui de 31 %.

Au premier tour, 565 personnes ont exprimé leur droit de vote. Aucun bulletin n’a été rejeté. Ensuite, 417 militants se sont rendus aux urnes au deuxième tour, certains ayant choisi de quitter les lieux entre temps. Le Parti québécois compte environ 3800 membres dans Lac-Saint-Jean.

Cynthia Tardif et Marc Maltais se sont ralliés à William Fradette, promettant de le soutenir pendant la campagne provinciale.

Ce n’est d’ailleurs la première fois que le parti pose son choix sur un jeune candidat dans la circonscription: Stéphan Tremblay, député de 2002 à 2006, avait été élu à 22 ans, tandis qu’Alexandre Cloutier est devenu député à 29 ans.

Objectif : 15 000 portes

William Fradette a misé sur le porte-à-porte pendant sa campagne. « J’ai marché plus de 200 kilomètres, j’en ai roulé plus de 2200, j’ai cogné aux portes de 3000 personnes, et je l’ai fait en 25 jours. Imaginez ce que je vais faire d’ici le 1er octobre ! », a-t-il lancé, lors de son discours devant les militants, avant les deux tours de scrutin.

Le jeune candidat, qui se consacrera à temps plein à sa campagne, a maintenant pour objectif de cogner aux 15 000 portes de la circonscription qui compte plus de 40 000 électeurs.

William Fradette tentera en octobre de conserver le château fort péquiste de Lac-Saint-Jean en prenant la relève d’Alexandre Cloutier, qui a annoncé à la mi-janvier qu’il ne solliciterait pas un cinquième mandat.

Fils du criminaliste bien connu Jean-Marc Fradette et de la femme d’affaires Linda Décoste, il a souligné en entrevue avoir pu compter sur le soutien de ses parents tout au long de sa campagne à l’investiture, mais ne pas avoir senti « être le fils de » sur le terrain, peu de militants l’ayant interpellé sur le sujet. Ses parents se sont d’ailleurs faits discrets lors de l’annonce des résultats.

Plusieurs observateurs

En plus des membres en règle de Lac-Saint-Jean, quelque 150 observateurs ont assisté à l’assemblée, selon le président régional du Parti québécois, Sabin Gaudreault.

Le hall de l’Hôtel Universel était plein à craquer en début d’après-midi et plusieurs personnes ont dû assister debout aux discours des trois candidats, qui disposaient chacun de 10 minutes pour convaincre l’assemblée. L’assemblée d’investiture a nécessité environ 3 heures, en raison des deux tours nécessaires.

Alexandre Cloutier.

ALEXANDRE CLOUTIER FAIT SES ADIEUX

Le député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a profité de l’assemblée d’investiture pour faire ses adieux aux militants de sa circonscription.

Il a profité du dénombrement du vote au premier tour pour s’adresser à la salle. « C’est tellement plus “l’fun” de prendre la parole quand t’es pas candidat ! », a lancé d’emblée le député, sous les applaudissements nourris et l’ovation que lui ont réservée les militants.

Avec une certaine émotion dans la voix, il a remercié proches, militants et bénévoles qui l’ont soutenu pendant sa carrière politique.

Le député a par ailleurs mentionné qu’il déposera mercredi un projet de loi à l’Assemblée nationale, son dernier, un « projet de loi bouclier », visant à protéger les budgets de la jeunesse, de la protection de la jeunesse et de l’éducation. Il souhaite ainsi que ces budgets soient exemptés de coupes futures et « soient protégés de toute mesure d’austérité », peu importe le parti politique en place.

Élu en 2007, le député tournera la page sur plus de 10 ans de vie politique en octobre prochain, lui qui a également participé à deux courses à la chefferie du Parti québécois, en 2015 et 2016. 

Marc Maltais.

MALTAIS MET LA POLITIQUE ACTIVE DE CÔTÉ

Après cette nouvelle défaite en politique, le syndicaliste Marc Maltais met la politique active de côté à court et à moyen terme.

« Dans le camp souverainiste, c’est notre famille. Il y a eu un résultat, quand même, pas très bon, que j’ai obtenu. On va se le dire, 23 %, ce n’est pas le Klondike », a-t-il laissé tomber, en entrevue avec Le Quotidien, peu après l’annonce des résultats du premier tour, se montrant néanmoins serein face au vote des militants.

« Il y a un signal là-dedans. Je pense qu’il y aura d’autres leaders qui se lèveront et je leur souhaite de rassembler plus que moi je peux le faire dans le mouvement souverainiste », a-t-il poursuivi, en disant n’avoir aucun regret au sujet de sa campagne.

Celui qui est directeur régional de la FTQ avait récolté 23,4 % des suffrages comme candidat du Bloc québécois, lors de l’élection partielle dans la circonscription fédérale de Lac-Saint-Jean, en octobre.

Cynthia Tardif, pour sa part, semble fermer la porte à la politique active à court terme, préférant se concentrer sur son emploi et sa famille, tout en continuant de s’impliquer comme militante, a-t-elle indiqué au Quotidien.