Luc De Larochellière a fait du Côté-Cour son univers, vendredi soir.

Voyage et rêve chez De Larochellière

De passage au Côté-Cour en exclusivité régionale, vendredi, l’auteur-compositeur-interprète Luc De Larochellière a convié son public à un parcours alliant chansons et introspection, alors qu’il livrait son dernier opus, Autre monde. Accompagné pour deux soirs de talentueux musiciens, il a profité d’une salle comble pour présenter de nouveaux titres, mais aussi ses nombreux succès auxquels s’ajoutait une touche résolument enveloppante. Profitant de l’intimité de la salle, il a aussi livré de pertinents interludes narratifs qui ont permis au public d’être immédiatement absorbé par son univers.

Le ton fut donné d’entrée de jeu par la pièce Voyageurs, laquelle a permis de bien installer à la fois le thème récurrent de son dernier album, mais aussi la sonorité particulière issue de la présence pénétrante du violon tout au long de la soirée. En effet, le multi-instrumentiste Robin Boulianne, qui assurait parfois la basse sur quelques morceaux, ajoutait une dimension nouvelle aux compositions de Luc De Larochellière. Les arrangements novateurs du dernier et onzième disque de l’artiste avaient d’ores et déjà séduit la critique, et force fut de constater vendredi qu’en prestation, leur puissance envahissait complètement les mélomanes qui s’étaient rassemblés dans la petite salle jonquiéroise.

Périple intimiste

À la suite des impressionnantes harmonies guitare-voix de la chanson-titre (Autre monde), le prolifique auteur en a profité pour évoquer la source de ses inspirations, permettant au public une incursion appréciée dans les motifs de la création de sa musique. En quelques mots sur le monde dans lequel nous évoluons et ses témoignages personnels, De Larochellière a donné la touche finale à l’ambiance qu’il avait si bien déployée depuis les premiers accords. Suivirent, parfaitement agencés à l’atmosphère qu’il avait bâtie, les pièces Dis... tu te souviendras et Imparfait. Juxtaposant humour et questionnements philosophiques, le compositeur s’est montré généreux, et le public le lui a bien rendu, notamment lorsque les premières notes de Sauvez mon âme ont envahi l’audience.

Agile et humble en toutes circonstances, De Larochellière a pris de soin de mettre les projecteurs sur ses musiciens, lesquels ajoutaient présence et profondeur à l’expérience musicale déployée au Côté-Cour. De la touchante J’ai vu à C’est pas l’paradis, chaque chanson permettait aux personnes présentes de profiter de la richesse des textes, mais aussi de la relecture originale issue de la collaboration entre cordes, clavier, percussions et guitare. Si, aux dires de l’interprète moqueur, il s’agissait d’un spectacle imparfait (en présentation de la chanson éponyme), la salle n’a pas su lui donner raison, applaudissant chaleureusement pièce après pièce.

Quelques rares sièges demeurent disponibles pour s’immiscer dans le voyage de Luc De Larochellière, qui se commettra de nouveau au Côté-Cour samedi. Le parcours proposé par l’auteur-compositeur-interprète au répertoire bien connu vaut le déplacement, ne serait-ce que pour se laisser emporter par l’aventure qu’il propose.