Le télescope de Sylvain Duguay, utilisé dans plusieurs universités, lui permet de pratiquer la photographie de phénomènes dans l’espace, très clairement. L’une de ses photos a déjà aidé la NASA.

Voir les galaxies de sa cour

Sylvain Duguay a décidé de réaliser l’un de ses vieux rêves. Il s’est créé, avec l’aide d’un ami, un observatoire de l’espace, soit un dôme professionnel pour observer les étoiles, les galaxies et les nébuleuses, de sa cour arrière à Laterrière.

Passionné d’astronomie depuis maintenant près de 40 ans, l’homme d’une soixantaine d’années se souvient que c’est un professeur du Cégep de Jonquière qui lui a fait connaître ce domaine. « En 1975, un professeur du cégep m’a prêté le télescope de l’école pendant mes vacances et depuis ce jour, je me suis toujours intéressé à l’astronomie », a expliqué l’ingénieur.

Depuis 10 ans, Sylvain Duguay a décidé de se concentrer sur sa passion et est maintenant membre de la Fédération des astronomes amateurs du Québec, et fait partie du club d’astronomie de l’UQAC, Sirius. « À l’âge de 50 ans, j’ai décidé de m’acheter un télescope pour vraiment satisfaire ma passion. Et puisque, à la grosseur qu’il a, on ne peut pas le déplacer facilement, j’ai décidé de construire mon observatoire », a-t-il commenté.

Son dôme, situé dans sa cour arrière, est plus spacieux qu’il en a l’air. À l’intérieur, quelques personnes peuvent s’asseoir confortablement sur des petits bancs, et regarder le ciel en direct sur un ordinateur. Au centre de la pièce, le télescope prend la majorité de l’espace.

Connecté sur un ordinateur, le télescope est automatisé pour qu’il puisse exactement se placer dans le bon angle pour pointer la planète ou l’étoile recherchée. « Avec mon appareil, je peux bien voir la majorité des planètes, les galaxies avoisinantes, et les nébuleuses, des étoiles explosées » a confirmé l’amateur. Il utilise le logiciel Sky X. Il n’y a que son dôme qui doit être bougé manuellement, afin qu’il soit correctement aligné avec le télescope.

« Je me sers de mon observation pour bien sûr faire de l’observation, mais surtout de la photographie », a expliqué l’astronome amateur. Pour l’instant, son observatoire est privé, mais un projet d’astrométrie lui trotte en tête, c’est-à-dire utiliser son observatoire pour déterminer la position des astres selon le calcul des angles.

Près d’une découverte 
Grâce à son passe-temps, l’Almatois d'origine maintenant installé à Saguenay est passé très près d’une découverte. Avec son ami Jean-François Harvey, lors d’une soirée, les deux hommes s’étaient amusés à prendre en photo la galaxie du Tourbillon, aussi connue sous le nom de M51. Le lendemain, en comparant leur photo avec celles d’autres amateurs sur Internet, les astronomes ont vu qu’il y avait une étoile de plus sur leur photo qui n’apparaissait pas sur les autres clichés. « On pensait qu’on venait de faire une découverte d’une supernova ! », s’est réjoui l’homme. En creusant dans les recherches, ils ont remarqué que la supernova, cette étoile explosée, avait déjà été découverte, mais qu’ils étaient seulement 5000 personnes à l’avoir remarquée. La NASA recherchait justement des personnes qui avaient assisté au phénomène, et l’ingénieur du Saguenay a pu contribuer à comprendre la physique de l’étoile. La NASA, grâce aux photos comme la sienne, a pu étudier la courbe d’évanouissement du phénomène, connaître sa grosseur et sa distance de la Terre.

L’ingénieur Sylvain Duguay a créé son observatoire dans sa cour arrière, à Laterrière, qui lui permet de photographier les planètes, les galaxies, et les supernovae, ce qu’il préfère.

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UN SUPER WEEK-END POUR L'OBSERVATION

Le club d’astronomie Sirius, de l’UQAC, organise une activité pour la fin de semaine des Perséides. Vendredi, le club invite la population à les rejoindre à l’Imago Village, à Saint-David-de-Falardeau, pour regarder le phénomène, lors du meilleur moment de l’année pour les apercevoir.

Des astronomes amateurs seront présents pour expliquer les différents phénomènes que les personnes pourront voir dans le ciel. En plus, plusieurs télescopes seront à la disposition du public, même s’il n’est pas nécessaire d’en avoir un pour apercevoir les Perséides. « Avec les télescopes, il sera facile de voir des planètes. Jupiter, Saturne et tout récemment Mars sont toutes bien placées pour être observées », a indiqué Michel Maillé, président du club Sirius.

La population est invitée à se rendre au 180 rue du Massif, un peu avant la noirceur, qui commence habituellement à 21 heures. Si jamais il devait y avoir de la pluie, ou trop de nuages, la soirée d’observation sera remise à samedi. Les informations seront transmisses sur la page Facebook du club. Les personnes intéressées peuvent directement communiquer avec M. Maillé pour d’autres d’informations, au 418 548-2101.

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QUE SONT LES PERSÉIDES?

Les Perséides proviennent du moment lorsque la Terre traverse une ceinture d’astéroïdes. Chaque année, le même phénomène se produit au mois d’août. « C’est pareil comme un humain qui entre en contact avec un nuage de mouche », a imagé Sylvain Duguay. Lorsque ces cailloux, infiniment petits, entrent dans l’atmosphère à très haute vitesse, ils entrent en combustion. « Les étoiles filantes, ce sont donc des petits grains de sable, pas plus gros que mon doigt, qui pénètrent dans l’atmosphère à très grande vitesse. Elles se désintègrent, ce qui émet beaucoup, beaucoup de lumière » a-t-il mentionné. Puisque la Terre traverse une ceinture d’astéroïdes, il y en a beaucoup plus de visibles dans cette période. « Cette année, ça devrait être une pluie de météorites extraordinaires, les conditions seront toutes réunies », s’est réjoui l’astronome amateur.