Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a confirmé le Programme d’aide à la mise en valeur des forêts privées pour une période de trois ans.

Visite du ministre Pierre Dufour: 28,5 M$ pour les forêts privées

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, a confirmé pour les trois prochaines années le Programme d’aide à la mise en valeur de la forêt privée avec un budget annuel d’aide financière et technique de l’ordre de 28,5 M $ destiné aux activités d’aménagement forestier durable.

Lors de cette annonce réalisée au cœur de la forêt privée, sur les terres de Pierre-Maurice Gagnon, en présence de la ministre Andrée Laforest et du député François Tremblay, le titulaire des Forêts a mis en évidence la volonté du gouvernement de doter ce secteur important de l’industrie forestière québécoise d’une certaine prévisibilité. Les propriétaires de boisés privés savent aujourd’hui qu’il bénéficieront d’un programme bonifié à plus long terme.

« Les forêts privées du Québec ont un potentiel de croissance annuelle des plus élevés ! Ce programme s’inscrit pleinement dans notre action gouvernementale visant à soutenir la création de richesse et d’emplois du secteur forestier tout en assurant la pérennité de la ressource forestière et de ses bénéfices environnementaux », a déclaré le ministre.

Lors de son allocution, Pierre Dufour a souligné l’apport de la forêt privée comme un rouage important dans l’ensemble de l’industrie forestière. Les approvisionnements provenant des forêts privées permettent aux usines de transformation de mieux planifier les opérations.

Cette annonce a été bien accueillie par le président du Syndicat des producteurs de bois, Pierre-Maurice Gagnon. Ce dernier considère que les forêts privées québécoises, qui livrent pas moins de 6 millions de mètres cubes dans les usines chaque année, pourraient avoir un apport additionnel d’un million de mètres cubes. Il a lancé le message à la ministre Andrée Laforest puisqu’il est question dans ce cas de modifications réglementaires qui concernent le ministère des Affaires municipales.

La ministre a quant à elle déclaré que cette annonce confirmait la confiance du gouvernement envers les producteurs de la forêt privée. Elle signale de plus l’importance d’investir dans des secteurs qui permettent d’assurer une croissance durable dans une région forestière comme le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La forêt privée québécoise représente pas moins de 16 % de la forêt productive du Québec. Elle est généralement située à proximité des usines de transformation et est donc accessible facilement pour la main-d’œuvre. Elle a aussi l’avantage de profiter d’un réseau routier déjà en place.

Les producteurs de bois de la région avaient accueilli positivement la reprise des activités de production à l’usine de panneaux gaufrés de Chambord. Selon Pierre-Maurice Gagnon, il est possible que la relance soit repoussée dans le temps. La situation ne semble pas l’inquiéter et il a rappelé que les investissements d’un peu plus de 70 M $ se poursuivent pour préparer la reprise des opérations.

+ STRATÉGIE CARIBOU: DUFOUR POURRAIT REPOUSSER ENCORE LES MESURES

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, est loin d’envisager la fermeture d’usines au Lac-Saint-Jean avec la mise en place de la stratégie caribou et assure que la réflexion et les analyses ne sont pas terminées puisque de nombreuses informations ont été recueillies pendant la tournée caribou.

« J’ai l’intention de faire un rapport complet qui sera rendu public, possiblement à l’automne, sur la tournée caribou », a assuré le ministre pour répondre aux inquiétudes répétées d’Alliance boréale et des industriels. Le ministre doit de plus effectuer certaines vérifications concernant la situation à court et moyen terme de l’industrie.

Il a déjà demandé de lever les mesures transitoires imposées par l’appareil administratif aux entreprises pour la présente année. Il est aussi conscient qu’on ne peut gérer des entreprises avec une prévisibilité d’une seule année et croit approprié d’envisager de repousser de quelques années les mesures transitoires.

Interrogé sur la conclusion d’une entente de quatre ans avec Ottawa pour la stratégie caribou, selon ce qui est publié dans la dernière mise à jour du gouvernement canadien, le ministre Dufour est demeuré prudent et a plutôt fait état de discussions avec le gouvernement canadien.

Le gouvernement du Québec, a réitéré le ministre, n’a toujours pas adopté de stratégie finale pour le caribou. Il se contente pour le moment d’expliquer qu’on peut passer à une stratégie tenant compte de particularités régionales et non d’une stratégie mur à mur pour l’ensemble du Québec.

« Il va quand même falloir savoir où on va pouvoir récolter du bois », a laissé entendre Pierre Dufour pour démontrer qu’il comprenait très bien les inquiétudes des maires des communautés forestières. Il a le même réflexe pour les entrepreneurs forestiers qui doivent effectuer des investissements importants dans la machinerie, et ce, pour plusieurs années.

Dans les prochains jours, le ministre des Forêts s’assurera que le ministère ait répondu à toutes les questions soumises par le regroupement l’Alliance boréale présidée par le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier.

Encore mardi, ce groupe affirmait que la mise en place de la stratégie caribou telle que présentée par les fonctionnaires allait avoir des impacts dramatiques pour les communautés forestières. Les industriels parlent de la fermeture de deux à trois scieries au Lac-Saint-Jean en raison de la baisse de la possibilité forestière.