Virus: vaccination lancée au Royaume-Uni, reconfinement en Californie

Agence France-Presse
LONDRES - Le Royaume-Uni a lancé mardi sa campagne de vaccination contre la COVID-19, la première dans un pays occidental, au moment où plus de 20 millions de Californiens ont renoué avec le confinement aux États-Unis.

Margaret Keenan, une grand-mère de 90 ans, est devenue la première patiente au monde à recevoir le vaccin de l’alliance américano-allemande Pfizer/BioNTech, près d’une semaine après le feu vert donné à son déploiement dans le pays le plus endeuillé d’Europe (près de 61 500 morts).

Les caméras de télévision ont montré la nonagénaire hospitalisée à Coventry, dans le centre de l’Angleterre, recevoir la piqûre, échangeant paisiblement avec l’infirmière.

«Je me sens si privilégiée d’être la première personne à être vaccinée contre la COVID-19, c’est le meilleur cadeau d’anniversaire anticipé que j’aurais pu espérer», a-t-elle déclaré, citée par l’agence de presse Press Association. «Cela signifie que je peux finalement envisager de passer du temps avec ma famille et mes amis dans la nouvelle année après avoir été seule durant une grande partie de l’année».

La majorité de la population britannique devra toutefois attendre 2021, priorité étant donnée aux résidents et personnel des maisons de retraite, suivis ensuite par les soignants et les plus de 80 ans.

«Progressivement, cela fera une énorme différence mais nous n’en sommes pas là. Nous n’avons pas encore vaincu le virus», a rappelé le premier ministre Boris Johnson lors d’une visite dans un hôpital. «Nous ne pouvons pas nous permettre de relâcher nos efforts».

Le Royaume-Uni a été le premier pays à donner son feu vert au vaccin de Pfizer/BioNTech. L’Agence européenne du médicament devrait rendre un avis d’ici fin décembre, tandis que le Canada pourrait commencer dès la semaine prochaine à vacciner sa population.

Moment critique

Comme le reste des États-Unis, pays le plus touché au monde par la pandémie (plus de 283 000 décès), la Californie fait face à un troisième rebond de l’épidémie.

Son gouverneur démocrate Gavin Newsom a réinstauré lundi le confinement dans le sud de l’État, une mesure concernant plus de 20 millions d’habitants.

«Nous devons prendre des mesures décisives dès maintenant afin d’éviter au système hospitalier californien d’être submergé», a-t-il expliqué. Dans cet État, 85% des lits en unités de soins intensifs sont occupés.

Sur la côte Est, la ville de New York a rouvert lundi les écoles élémentaires publiques, mais les autorités pourraient décider d’une nouvelle fermeture des salles de restaurants en raison d’une lente remontée de l’épidémie.

Le président élu Joe Biden a annoncé lundi plusieurs nominations pour sa future équipe en charge de la santé, qui sera confrontée selon lui «à l’un des plus grands défis auquel l’Amérique a fait face: mettre la pandémie sous contrôle».

Le procureur général de Californie Xavier Becerra devrait ainsi prendre la tête du ministère américain de la Santé, tandis que Joe Biden confirme vouloir faire du respecté directeur de l’Institut des maladies infectieuses Anthony Fauci, déjà membre de l’équipe en charge de la crise sanitaire à la Maison Blanche sous l’administration Trump, son conseiller principal sur la pandémie.

Ministre italienne touchée 

La propagation de la COVID-19 continue de s’accélérer: depuis le 24 novembre, plus de 10 000 décès sont enregistrés en moyenne chaque jour sur la planète (à l’exception de dimanche, mais les bilans sont généralement plus bas le week-end).

Au total, la pandémie a fait au moins 1 539 649 morts dans le monde et contaminé plus de 67 millions de personnes, selon un bilan établi par l’AFP lundi.

En Italie, où la barre des 60 000 morts liées à la COVID-19 a été franchie dimanche, la ministre de l’Intérieur Luciana Lamorgese a appris lundi qu’elle avait été testée positive, en plein milieu d’une réunion des ministres, dont deux, en plus d’elle, ont donc dû être placés à l’isolement.

La Belgique, la France et l’Espagne prévoient des campagnes de vaccinations en janvier, en commençant par les personnes les plus vulnérables.

Samedi, la Russie avait commencé à administrer son «Spoutnik V» à des travailleurs sociaux, du personnel médical et des enseignants à Moscou. Ce vaccin russe est pourtant encore dans la troisième et dernière phase d’essais cliniques.

Une situation «trop préoccupante»

Cinquante-et-un candidats vaccins sont actuellement testés sur des humains, 13 étant en dernière phase d’essais, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a estimé lundi que la vaccination ne devait pas être rendue obligatoire, sauf dans des circonstances professionnelles spécifiques.

L’Indonésie, qui avait lancé en août une campagne de tests avec le vaccin du groupe chinois Sinovac, sur 1 660 volontaires, a reçu dimanche soir de Pékin une première livraison de 1,2 million de doses.

À Hong Kong, l’exécutif, confronté à une résurgence de l’épidémie, a annoncé mardi une série de nouvelles restrictions, dont la fermeture des restaurants le soir, ainsi que la fermeture totale des salles de sport, des salons de beauté et de massage. Les fonctionnaires sont invités à travailler depuis chez eux.

Le Danemark, confronté lui aussi à une flambée de cas, va fermer collèges, lycées, bars, cafés et restaurants dans 38 communes, dont Copenhague. «La situation est trop préoccupante», a justifié lundi la Première ministre Mette Frederiksen.

En Israël, les autorités ont annoncé lundi l’entrée en vigueur cette semaine d’un couvre-feu nocturne en raison d’une résurgence de cas de COVID-19.

En Grèce, les principales mesures de confinement, dont la fermeture des écoles, des restaurants, des salles de sport et des stations de ski, sont prolongées jusqu’au 7 janvier.