Richard Carbonneau, président de RCTF.

Virage vert par l'énergie solaire

Qui aurait imaginé, il y a à peine quelques années, un camp forestier presque exclusivement alimenté à l'énergie solaire? C'est pourtant ce qu'a réalisé l'entreprise RCTF dans le secteur du lac Huard.
Le camp de RCTF est situé à la frontière de la Réserve faunique des Laurentides, à environ 90 kilomètres des limites d'Alma. Celui-ci peut accueillir jusqu'à 38 travailleurs, lesquels y sont hébergés et nourris.
Jusqu'ici, les génératrices de l'établissement nécessitaient l'équivalent de 65 000 à 70 000 dollars de carburant sur une base annuelle. En tenant compte de l'entretien de ces imposants équipements, ce sont près de 100 000 dollars qui étaient alloués à l'approvisionnement énergétique du camp.
Il y a deux ans, le président de RCTF, Richard Carbonneau, a songé à remplacer le pétrole par le solaire, une démarche qui cadrait parfaitement avec la certification ISO 14 001. Entre autres cibles, celle-ci recommande de minimiser les émissions de CO2.
Après de longues recherches, il a enfin déniché le système idéal auprès de l'entreprise Volts Énergies de Laval.
Il y a près de deux mois, les panneaux solaires ont ainsi été installés, se dressant telle une gigantesque muraille à l'entrée du campement. Selon les perspectives, ces derniers seront en mesure de desservir l'équivalent de 60 à 80 % des besoins.
En tout, RCTF a déboursé 180 000 dollars pour compléter cette conversion. Un investissement assumé en totalité par l'entreprise qui devrait être absorbé à l'intérieur des quatre prochaines années, estime Richard Carbonneau. Rien que ce mois-ci, la consommation de diesel au campement est passée de 4000 litres à 1700 litres, une réduction de 67 %.
L'installation photovoltaïque peut déployer une puissance maximale de 24 kilowattheures avant de recourir aux génératrices. Aussi a-t-on dû modifier le système de chauffage électrique, lequel est aujourd'hui alimenté au propane.
«Nous utilisons les génératrices de 16 h à 19 h, lorsqu'il y a davantage de besoins énergétiques. Autrement, c'est presque uniquement le solaire qui fonctionne. Nous sommes très satisfaits. Plus le prix de l'essence grimpe et plus notre investissement prend de la valeur», exprime Richard Carbonneau.
Influence sur les travailleurs
Grâce à ces changements, RCTF améliore considérablement son empreinte environnementale. Auparavant, les génératrices fonctionnaient 24 heures sur 24, sept jours par semaine. Depuis la mise en place du système photovoltaïque, on a réduit les émissions de CO2 de 15 tonnes. En hiver, cette même diminution sera de plus ou moins 30 tonnes par mois, comparativement aux années antérieures.
Inspirés par cette volonté d'implanter de nouvelles normes écologiques, les employés ont eux aussi modifié leur approche.
Chaque contenant d'huile, chaque tuyau usé, chaque guenille souillée sont entreposés dans des bacs distincts, installés dans un abri destiné à cette fin. Dans la cuisine, où s'affairent les cuisinières Sylvie Pelletier et Lynda Waltzing, on ne retrouve aucune assiette ou aucun verre non recyclable.
Les anciens globes de 60 watts ont été remplacés par des ampoules écoénergétiques.
«Gaspiller le courant, ça n'existe plus au campement, indique Richard Carbonneau. Il y a eu un changement de culture lorsque nous avons obtenu la certification ISO 14 001. En matière de recyclage, nous avons complètement renversé la situation. Avant, on vidait un bac de poubelles par semaine. Maintenant, nous avons du mal à remplir un bac de déchets par période de deux semaines. Nous recyclons tout ce que nous pouvons recycler», confie Richard Carbonneau.