Au Canada en 2017, parmi les cas de violence familiale envers les enfants, les voies de fait étaient le type le plus courant (56 %), suivies des infractions d’ordre sexuel (32 %).

Violence familiale: Saguenay et Trois-Rivières les pires

En 2017, c’est à Saguenay, suivi de près par Trois-Rivières, que le taux de violence familiale envers les enfants et les jeunes, dans des cas déclarés à la police, était le plus élevé au Canada parmi toutes les régions métropolitaines de recensement.

C’est ce que révèlent de nouvelles données publiées mercredi par Statistique Canada.

Avec un taux de 445 victimes par 100 000 habitants, Saguenay devance tout juste la RMR de Trois-Rivières avec 427. Les autres RMR québécoises ont des taux nettement plus bas. Dans l’ordre apparaissent Gatineau (321), Sherbrooke (294), Montréal (273) et finalement Québec (253). Ailleurs au Canada, les taux les plus faibles se retrouvent à Ottawa, Kelowna et Barrie (107, 126 et 127 pour 100 000 personnes, respectivement). Rappelons que les RMR sont des agglomérations urbaines de plus de 100 000 habitants. Ainsi, les données spécifiques ne sont pas disponibles pour les autres municipalités de plus petite taille.

Pour Saguenay et Trois-Rivières, il s’agit d’un taux nettement supérieur à la moyenne canadienne des grandes villes, qui est de 194 cas par 100 000 habitants.

Deux fois plus en milieu rural

Toutefois, une grande différence existe entre les milieux ruraux et urbains au Canada, alors que le taux par 100 000 habitants dans les milieux ruraux se situe à 406, soit presque le double du taux des milieux urbains à 214. À titre indicatif, le taux pour la province complète de la Saskatchewan (475) est plus élevée que toutes les RMR du Canada.

À l’autre bout du spectre, le taux est de 180 en Colombie-Britannique, mais atteint des sommets significatifs dans les Territoires du Nord-Ouest (932) et au Nunavut (1384).

Le tiers d’infractions d’ordre sexuel

Dans l’ensemble, les voies de fait étaient le type de violence familiale le plus courant (56 %), suivies des infractions d’ordre sexuel (32 %). Pour ce qui est de la répartition selon le sexe, Saguenay et Trois-Rivières se situent dans la moyenne canadienne, alors qu’un peu plus de victimes étaient de sexe féminin. Il faut savoir également que les filles sont presque autant victimes de voies de fait que d’infractions d’ordre sexuel, alors que les garçons sont la cible de cinq fois plus de voies de fait.

Violence entre partenaires

Parmi toutes les autres données de l’enquête de Statistique Canada, deux autres catégories sont disponibles selon les RMR.

D’abord, il y a la violence entre partenaires intimes, où autant Trois-Rivières que Saguenay se situent un peu haut de la moyenne des RMR, avec des taux de 296 et 261 cas rapportés à la police par 100 000 habitants.

Au Canada, ce taux a diminué de 14 % de 2009 à 2017, malgré une hausse de 1 % de 2016 à 2017. Au total, il y avait quatre fois plus d’hommes (130 462) qui étaient les auteurs de ces crimes que des femmes (35 041). Et c’est le groupe des 25-34 ans qui était le plus représenté.

Violence envers les aînés

L’enquête portait également sur la violence envers les aînés. Les données sont particulièrement marquantes à Saguenay, alors qu’en 2017, il y a eu 16 victimes de sexe masculin, contre huit femmes. Il s’agit de la seule RMR au Canada où il y a eu deux fois plus d’hommes, alors que la moyenne des RMR au Canada indique que les femmes constituent 60 % des victimes.