Il est difficile d’établir une corrélation entre le temps des Fêtes et la violence conjugale. Les intervenantes sont cependant d’avis que la médiatisation de certains cas, comme celui d’Ingrid Falaise, peut stimuler une prise de conscience chez les victimes.
Il est difficile d’établir une corrélation entre le temps des Fêtes et la violence conjugale. Les intervenantes sont cependant d’avis que la médiatisation de certains cas, comme celui d’Ingrid Falaise, peut stimuler une prise de conscience chez les victimes.

Violence conjugale: l’hébergement en demande dans le temps des Fêtes

Encore une fois cette année, des dizaines de femmes auront passé le temps des Fêtes dans des maisons d’hébergement afin d’échapper à la violence conjugale dont elles sont victimes. Quelques semaines après que deux femmes aient été assassinées par leur conjoint ou ex-conjoint à Montréal, Le Quotidien a voulu connaître l’état de la situation au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Plusieurs intervenantes de différentes maisons d’hébergement ont accepté de parler au journal de façon anonyme.

« Avant les Fêtes, nous avons eu un gros rush d’interventions policières », affirme l’une d’entre elles, précisant que cette pratique a surtout lieu lorsque des enfants sont impliqués dans un conflit. L’intervenante ajoute avoir connu un Noël plus mouvementé que celui de l’année dernière, mais ne sait pas comment expliquer cette augmentation des cas, précisant qu’elle est « cyclique, mais pas régulière ».

Elle ajoute qu’il est difficile d’établir un lien entre temps des Fêtes et violence conjugale sans justifier celle-ci. « Certaines personnes vont dire que c’est la faute de la consommation d’alcool, de l’anxiété, mais il ne faut pas penser que l’alcool peut excuser la violence conjugale. »

Dans une autre maison d’hébergement, une travailleuse indique que le service est plus en demande après les Fêtes. « Souvent, ça va être des hébergements situationnels, où les femmes restent deux ou trois jours et puis repartent. »

L’intervenante croit qu’il peut y avoir un parallèle à faire entre l’augmentation des taux de dénonciation et des cas de violence conjugale comme ceux médiatisés à Montréal. « Ce sont des situations qui peuvent toucher, explique-t-elle. Souvent, avec les séries comme Le Monstre (qui raconte l’histoire de violence conjugale de la comédienne Ingrid Falaise), il y a une prise de conscience. On a plus d’appels dans ce temps-là. »

Si elle pense que Noël peut concorder avec une augmentation des dénonciations de cas de violence conjugale, la dame raconte que d’autres périodes de l’année peuvent correspondre à des accalmies. « En période estivale, par exemple, on constate une baisse de dénonciations, parce qu’en cas de besoin, les personnes ont des endroits où aller dormir, comme la roulotte ou le chalet. »

Dans les autres maisons d’hébergement, les personnes contactées ne remarquaient pas de hausse ou de baisse de dénonciations, mais plutôt un changement dans l’ambiance. « C’est difficile à dire. La demande est là, c’est certain, mais je n’ai pas l’impression qu’il y a d’amélioration ou de détérioration. »

La directrice d’une maison explique que le Noël 2019 a été plutôt calme, mais que ça n’a pas toujours été le cas. « Par le passé, j’ai déjà remarqué une hausse [d’hébergements] à cause de la boisson. Souvent, le monsieur avait consommé de l’alcool [et il était violent], donc la femme devait sortir de la maison pour la journée, mais cette année, c’est plus tranquille », raconte-t-elle.

Une autre constate une hausse d’appels à Noël, mais affirme que la maison d’hébergement est pleine à longueur d’année.

Si vous vivez de la violence conjugale, vous pouvez contacter :

• Auberge de l’Amitié Roberval (Roberval) : 418 275-4574

Centre féminin du Saguenay (Chicoutimi) : 418 549-4343

• Info-Social (Saguenay–Lac-Saint-Jean) : 8-1-1

• La Chambrée (Jonquière) : 418 547-7283

• Le Séjour Marie-Fitzbach (Chicoutimi) : 418 690-3679

• Maison Halte-Secours (Dolbeau-Mistassini) : 418 276-3965

• Maison d’hébergement Le Rivage (La Baie) : 418-544-4626

• La Passerelle (Alma) : 418 668-4671