Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Victor Landy a remporté la plus importante partie de sa vie alors qu'il a vaincu le cancer.
Victor Landy a remporté la plus importante partie de sa vie alors qu'il a vaincu le cancer.

Victor Landry a remporté son duel [PHOTOS+VIDÉOS] 

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Article réservé aux abonnés
Le jeune Victor Landry a sonné la cloche de la rémission, le 22 janvier dernier. Il s’agissait de la plus importante victoire de sa jeune carrière, un gain contre une leucémie atypique, une combinaison des leucémies amyloïde et lymphoblastique.

Un peu plus de deux ans se sont écoulés depuis que le jeune garçon a reçu son diagnostic. En effet, c’est le 16 novembre 2018 que la vie de Victor et sa famille a été chamboulée par la maladie. Une vingtaine de mois plus tard, il a maintenant réussi la plus grande épreuve de sa vie.

« J’étais content. J’étais tanné de tout le temps aller à l’hôpital pour ça. Je suis fier d’avoir réussi », lance le jeune homme d’un ton très serein.

La famille a donc vécu un moment particulier et chargé d’émotions, le mois dernier, quand Victor a sonné la cloche de l’Unité d’hémato-oncologie pédiatrique Charles-Bruneau du Centre hospitalier de l’Université Laval (CHUL). Des émotions qui allaient dans les deux sens.

« C’était irréel. Ça faisait deux ans qu’on se promenait là avec Victor, amorce sa mère, Karine Imbeau, avec un soupçon de sanglot. Tu es là pour le dernier rendez-vous, tu regardes la petite salle, les gens que tu as côtoyés, et tu te dis que c’est vraiment la fin. Il y a comme un deuil à faire de ces amitiés-là. C’était difficile à croire, mais un soulagement incroyable aussi. »

C'est le 16 novembre 2018 que la vie de Victor Landry a été bousculée par un diagnostic de leucémie. 

« Après deux ans, ça fait partie de ta vie. On a passé tellement de temps là-bas, et même s’il y a une certaine distance professionnelle des infirmières, docteurs et tous les autres, ça reste que ces gens-là font partie de ton cercle et que tu développes des liens avec des gens formidables. Des fois, on est gentil sans le savoir, mais dans des situations comme ça, ça nous permet de voir comment ça touche les gens, même s’ils ne sont pas directement liés à nous. C’est un épisode qui se termine, mais qui va toujours exister pour nous », poursuit son père, Hugo Landry.

Les deux dernières années n’ont pas été de tout repos pour la famille. Des traitements au CHUL, d’autres à l’hôpital de Chicoutimi. Ce qui aura été des moments très difficiles a également amené de beaux moments et démontré toute la force de caractère du jeune garçon, qui s’est battu sans relâche contre la maladie, tout en continuant l’école sans prendre de retard.

Victor a commencé l’entraînement à la maison par visioconférence avec l’entraîneur des gardiens des Saguenéens de Chicoutimi, Alex Carrier.

Le sport, un exutoire

Surtout, le jeune Victor n’a pas arrêté de faire ce qu’il aime le plus, du sport. Chaque personne a sa façon de canaliser son énergie et ses émotions. Pour Victor, le sport agissait comme son exutoire.

« Il y avait beaucoup de frustrations et de moments difficiles. Oui, il y en a des beaux avec les activités et tout, mais ce n’était pas toujours facile, notamment avec la médication. Avec le sport, Victor pouvait évacuer ces frustrations-là. La ligne est mince entre faire de l’exercice et contrecarrer les effets secondaires et en faire trop et se blesser, mais je touche du bois, on a été chanceux et Victor a continué d’être physiquement bien », raconte Hugo Landry.

Ses parents lui ont aménagés une patinoire artificielle à l'étage pour qu'il puisse s'entraîner.

Si la première année a été difficile, le limitant à seulement cinq périodes devant le filet de son équipe de hockey, la deuxième a été un peu mieux, enchaînant saison de hockey et de baseball. Il en a même profité pour remporter un tournoi de hockey.

La pandémie est cependant venue gâcher la fin de saison 2019-20 et le début de saison 2020-21, mais Victor ne compte pas s’arrêter pour autant. Dernièrement, il a commencé l’entraînement à la maison avec l’entraîneur des gardiens des Saguenéens de Chicoutimi, Alex Carrier. « On espère maintenant un retour du hockey et le baseball cet été », avoue le paternel.

Même s'il continue d'avoir des suivis, c'est un soulagement pour Victor Landry et ses parents, Hugo Landry et Karine Imbeau.

Reprendre sa vie, mais autrement

La famille s’affaire désormais à reprendre un rythme de vie un peu plus normal. Ils ont même décidé d’agrandir la maison afin d’offrir plus d’espace aux trois garçons et plus de tranquillité aux parents. Cependant, ils sont bien au courant que rien ne sera comme avant.

« Il y a un certain vide qui s’est créé. Oui, ça occupait beaucoup de notre temps, mais il y avait aussi le fait que tout nous ramenait à ça. Les gens nous demandaient comment ça allait, il fallait faire le suivi des médicaments, agir en conséquence de », explique Hugo Landry.

« La pandémie a un peu joué un rôle positif dans la transition. On n’allait plus à l’hôpital chaque semaine, ce qu’on aurait fait normalement. Elle nous a permis de vivre la transition plus tranquillement », ajoute la maman.

Il n’y a pas que leur rythme de vie qui a changé et qui changera à nouveau, il y a aussi eux, en tant qu’être humain. « Nous ne sommes plus les mêmes personnes et Victor n’est plus le même petit garçon. Tout le monde a fait un grand pas du côté de la maturité. Il veut même devenir pédiatre maintenant. C’est la preuve que le personnel soignant et les gens qui entourent tout ce processus ont fait un travail formidable », de dire le père de famille.

« Notre maison est en chantier, notre famille aussi. Tranquillement, on se construit un intérieur plus spacieux et plus agréable où chacun va avoir son espace. J’ose espérer que notre famille aussi va se reconstruire. On n’est pas brisé, on doit rebâtir notre vie de famille. On ne peut pas la repartir comme avant », conclut Karine Imbeau.