Victime d'une cyberattaque, le Cégep de Saint-Félicien trime dur et patiente

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Après des mois de travaux pour adapter les cours aux normes sanitaires en période de pandémie, le Cégep de Saint-Félicien, qui a été frappé par une cyberattaque il y a près de deux semaines, travaille d’arrache-pied pour rebâtir un réseau informatique fiable, qui permettra un redéploiement complet dans quelques semaines.

« Malgré deux événements imprévisibles, c’est extraordinaire de voir comment les gens demeurent mobilisés, à l’écoute, et présents pour trouver des solutions et faciliter le travail de la direction », a soutenu Sylvie Prescott, la directrice générale du Cégep de Saint-Félicien, qui avoue avoir eu peu d’heures de sommeil depuis la cyberattaque survenue le 17 septembre dernier, tout comme tous les membres de son équipe, et particulièrement celle de l’informatique.

L’attaque a touché toute la flotte des 950 ordinateurs du cégep et le malfaiteur exigeait une rançon. Pour l’instant, l’enquête menée par la Sûreté du Québec et l’équipe du cégep ne laissent pas croire qu’il y aurait eu un vol de données ou d’information.


« On ne souhaite pas avoir de faille et subir une deuxième attaque. »
Sylvie Prescott

Pour s’assurer de la sécurité des équipements, le cégep veut prendre toutes les précautions qui s’imposent en reformatant tous les ordinateurs, clés USB ou autre matériel du collège.

« On ne souhaite pas avoir de faille et subir une deuxième attaque », remarque Sylvie Prescott, qui préfère être prudente. Les cours reprendront dès que possible, mais rebâtir le système pourrait prendre encore trois semaines, si tout va bien. Il est difficile de le dire avec précision en ce moment. La DG souligne que le cégep avait en sa possession une sauvegarde d’urgence du système, contrairement à ce qui a été véhiculé dans certains médias, ce qui permettra aux enseignants d’avoir accès à leur matériel lorsque le grand nettoyage sera terminé.

Le cégep en profitera pour migrer vers l’infonuagique, réalisant ainsi un projet prévu sur une période de trois ans... en trois ou quatre semaines. Les sommes qui devront être investies sont majeures, mais elles sont difficiles à quantifier à l’heure actuelle, note la directrice générale.

Les cours reprennent

Après une semaine d’arrêt complet, les cours ont repris partiellement cette semaine. Il est notamment possible d’offrir les cours terrain, les laboratoires et les cours magistraux lorsque les enseignants ont accès à leur cours en format papier... ce qui restreint grandement la portée. « Si tout leur matériel était dans leur ordinateur de bureau, ils ne peuvent pas s’en servir », remarque Sylvie Prescott.

Pour l’instant, aucun cours n’est offert à distance, mais les enseignants qui utilisaient la plateforme Moodle pourront commencer à le faire la semaine prochaine. Ces cours sont grandement attendus par une partie de la population étudiante, notamment la cohorte de 72 étudiants internationaux de première année qui sont demeurés en France à cause de la pandémie.

Le cégep est le premier collège de la province à subir une telle attaque, mais des commissions scolaires ont déjà subi un tel sort. En pleine pandémie, l’équipe devra continuer à faire preuve de résilience, voire de résignation, pour passer à travers cette période mouvementée, conclut Sylvie Prescott.