Marie-Ève Boudreault et son conjoint Dominic Bouchard souhaitaient dire merci publiquement à toutes les personnes, de l’ambulancier à l’infirmière, en passant par les orthopédistes, qui lui ont sauvé la vie et les jambes.

Victime d'un grave accident de motoneige: le pire a été évité

Dominic Bouchard est alité à l’hôpital de Chicoutimi depuis un peu plus d’un mois. Victime d’un accident de motoneige survenu dans la nuit du 28 février au 1er mars, près du rang Saint-Damien, à Jonquière, l’homme a bien failli y laisser ses jambes. Celui qui a échappé à l’amputation se prépare maintenant à une longue réhabilitation, supportée par sa conjointe Marie-Ève Boudreault.

Le soir du 28 février, Dominic Bouchard et un collègue partent en randonnée de motoneige. Il est environ 18 h 30. Ils quittent Jonquière et se dirigent vers Saint-Charles-de-Bourget. Ils se baladant quelques heures avant de faire un arrêt au relais La Grenouille, à Larouche. Ils boivent une bière avant de reprendre les sentiers. Sur la route, Dominic Bouchard rencontre son voisin, Philippe Martel, lui aussi en motoneige. Ils conviennent de se rendre dans un petit bistrot situé sur la Saint-Dominique, en direction de Lac-Kénogami. Le collègue de Dominic Bouchard en profite pour rentrer chez lui. C’est vers 1 h du matin que les deux motoneigistes reprennent les sentiers pour rentrer à la maison. Mentionnons que Dominic Bouchard n’était pas en état d’ébriété, puisque les tests sanguins ont révélé un taux d’alcool de 0.02.

« Il y avait un avertissement de smog ce soir-là et il faisait très froid. On ne voyait pas très bien dans les sentiers, en raison du brouillard. Je roulais à environ 60 kilomètres à l’heure et je n’ai jamais vu la pancarte qui annonçait un virage. J’ai crampé à la dernière seconde, mais mon ski s’est bloqué et j’ai été éjecté. Il y avait un seul arbre dans le coin et je l’ai frappé de plein fouet. Mon corps s’est enroulé autour de l’arbre et ma tête s’est enfoncée dans la neige », raconte Dominic Bouchard, qui est toujours hospitalisé.

Son voisin, qui le précédait, n’a pas eu conscience de l’accident. Mais une vingtaine de minutes plus tard, il s’est arrêté pour ajuster ses vêtements. Philippe Martel a vite compris que quelque chose clochait lorsqu’il n’a pas vu Dominic Bouchard arriver. Il a rebroussé chemin et a retrouvé la victime, toujours au sol. « La douleur aux jambes était atroce. J’ai voulu bouger, mais j’en étais incapable. J’ai aussi essayé d’appeler les secours avec mon cellulaire, mais mes mains étaient trop gelées, j’avais perdu mes mitaines. Ensuite, je ne me rappelle plus de grand-chose, sauf la douleur », raconte Dominic Bouchard, lorsque rencontré dans sa chambre d’hôpital.

L’opération de secours a été longue, puisque le motoneigiste a été admis à l’urgence de Chicoutimi vers 4 h du matin. « Les policiers, les ambulanciers et les pompiers m’ont sorti de là. J’étais en hypothermie et j’avais de multiples fractures aux deux jambes », explique-t-il.

Cette nuit-là, sa conjointe, Marie-Ève Boudreault, faisait son quart de travail à l’hôpital de Chicoutimi. Infirmière en cardiologie, la jeune femme a appris que son chum venait d’être admis à l’urgence et qu’il avait été victime d’un grave accident de motoneige. Elle est rapidement allée le rejoindre.

« Les médecins m’ont dit qu’ils allaient vérifier son cerveau pour voir s’il avait un traumatisme avant de regarder ses jambes. Ses jambes étaient vraiment mal en point, puisqu’il était en hémorragie interne depuis des heures. Ils ne savaient pas s’ils allaient pouvoir les sauver, mais ils devaient regarder son cerveau en premier », raconte Marie-Ève Boudreault.

Finalement, le taco n’a rien révélé au niveau de la tête et Dominic Bouchard a été rapidement transféré au bloc opératoire. « On m’a dit qu’ils feraient tout pour sauver ses jambes, mais que l’amputation était envisagée », indique la jeune femme.

L’opération a duré 12 heures. Plusieurs orthopédistes ont contribué à sauver les deux jambes de Dominic Bouchard et l’un de ses nerfs sciatiques qui était sectionné.

Un mois plus tard, Dominic Bouchard se porte assez bien. Il ne peut toujours pas mettre de charge sur ses jambes et les séquelles sont plus importantes sur sa jambe gauche. Il n’a toujours pas retrouvé toutes ses sensations, mais il est confiant.

« Je vais rester encore quelque temps à l’hôpital et ensuite, on va me transférer à l’URFI (centre de réadaptation physique) de Jonquière, où je vais résider un mois pour la réhabilitation. Ensuite, je vais pouvoir retourner chez moi, tout en continuant les traitements quotidiens. C’est sûr que les prochains mois s’annoncent difficiles. Disons que le gros du travail s’en vient ! », note Dominic Bouchard.

Si le gros du travail s’en vient, le pire est toutefois derrière lui.

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UNE COLLECTE DE SANG POUR DIRE MERCI

Si Dominic Bouchard et Marie-Ève Boudreault ont accepté de raconter leur expérience au Progrès, c’est avant tout pour remercier le personnel hospitalier, les policiers, les ambulanciers et les pompiers. « On parle souvent contre notre système de santé, mais on se rend compte à quel point on est chanceux lorsqu’il arrive des situations comme la nôtre », affirme Marie-Ève Boudreault. Lorsque tout ira mieux, le couple compte organiser une collecte de sang, en guise de remerciement. 

La jeune femme n’a que de bons mots pour toute cette chaîne de gens qui ont contribué à sauver la vie de son conjoint, de l’ambulancier à l’infirmière, en passant par les orthopédistes. 

« Les policiers, les ambulanciers, les pompiers, les chirurgiens, les infirmières, les inhalothérapeutes, les physiothérapeutes, les ergothérapeutes ; on oublie souvent de remercier tous ces gens et je tenais vraiment à le faire. Mon chum a reçu plus de 25 produits sanguins (plasma, plaquettes, transfusions, etc.) et nous voulons organiser une collecte de sang pour faire notre part. C’est notre projet lorsque Dominic se portera mieux », a affirmé Marie-Ève Boudreault. 

Et la motoneige dans tout ça ? « C’est terminé. Je vais la vendre ! », a lancé Dominic Bouchard, sans hésitation.