Vers une grève générale illimitée

À moins d’un revirement de situation au cours de la fin de semaine, les CPE du Saguenay-Lac-Saint-Jean entreront en grève lundi matin. Les parties patronale et syndicale n’ont pas réussi à s’entendre sur les derniers points menant à la conclusion d’une nouvelle convention collective.

Les deux parties ont quitté la table de négociations à 17h, vendredi. Si elles ne se rassoient pas d’ici lundi, les deux dernières journées de grève dans la banque régionale seront écoulées lundi et mardi par le syndicat. La grève générale illimitée sera ensuite déclenchée à partir de mercredi.

« Les employeurs demeurent sur leurs mêmes positions depuis le mois de décembre », a indiqué la présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs des CPE du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Nathalie Duperré, en entrevue téléphonique.

La question de la semaine fractionnaire et celle de l’implantation de la banque de temps pour les travailleurs sur la liste de rappel sont les deux principaux points de litige. Ça fait maintenant 35 mois que les travailleuses et travailleurs des CPE sont sans contrat de travail. Vingt séances de négociations ont eu lieu au cours de cette période.

Nathalie Duperré souligne que la partie syndicale est disposée à négocier durant la fin de semaine et elle invite la partie patronale à venir le faire. Elle ne se berce toutefois pas d’illusions. 

« De toute manière, il n’y avait aucune intention de négocier aujourd’hui (vendredi), a déploré Mme Duperré. Les employeurs nous ont fait parvenir un communiqué en nous disant qu’ils allaient arriver avec des nouvelles offres, mais il n’y avait rien de nouveau. Il n’y avait aucune volonté patronale de négocier. »

«Attitude de fermeture»

L’Association patronale des CPE du Saguenay-Lac-Saint-Jean a réagi par voie de communiqué en début de soirée vendredi. Elle a d’abord « déploré l’attitude de fermeture de la partie syndicale », ajoutant que les directions des CPE avaient fait tous les efforts pour éviter la grève.

« Nous avons présenté des propositions afin de tenter de dénouer l’impasse tout en continuant d’offrir un service de qualité aux parents et aux enfants, a mentionné la représentante de l’association patronale, Aline Vaillancourt, par voie de communiqué. Au cours des dernières semaines, nous avons retiré toutes nos demandes qui étaient pendantes afin de favoriser la conclusion d’une entente. Le syndicat exige toujours de nouveaux congés pour ses membres alors que ceux-ci bénéficient déjà d’un régime de congés beaucoup plus avantageux que la plupart des autres travailleurs. C’est le manque de main-d’œuvre qui empêche les CPE d’offrir des congés additionnels aux travailleuses. Il y va de la qualité du service. »

Alors que le syndicat souligne le manque d’écoute de l’employeur, celui-ci y va sensiblement du même discours.

« La partie syndicale refuse de discuter, a tranché Aline Vaillancourt. Il faudrait accepter leurs textes, point final. Dans ce contexte, il est illusoire de penser qu’il sera possible de nous entendre. »

Les directions des CPE représentent 24 établissements employeurs dans la région, totalisant 500 travailleurs.