Insatisfaite des explications du CIUSSS, Véronique Perron a décidé de transférer son père dans un autre centre d’hébergement.

Véronique Perron retire son père

Véronique Perron, cette infirmière et préposée aux bénéficiaires qui a mis en doute la qualité des soins et des services dispensés à son père au CHSLD Beaumanoir, procédera au transfert de celui-ci vers un autre établissement.

Insatisfaite des réponses obtenues par le CIUSSS et « surprise des déclarations » de la directrice du programme soutien à l’autonomie des personnes âgées, Martine Nepton, en réaction à sa sortie publique, elle a pris cette décision mercredi. Véronique Perron a mis en branle la procédure qui mènera au déménagement de son père vers le centre d’hébergement Saint-François, de gestion privée, situé juste à côté. C’est à cet endroit que la femme de 33 ans travaille comme préposée. 

Vendredi, au cours d’un entretien téléphonique, Véronique Perron a précisé qu’un autre élément a motivé sa décision. Après avoir demandé au médecin de son père de se rendre au CHSLD Beaumanoir pour examiner les pieds du bénéficiaire, aux prises avec des champignons, elle a appris que le personnel l’a dirigé vers le mauvais patient.

« J’ai demandé une évaluation par le médecin de mon père. J’ai demandé au médecin de me rappeler ensuite au travail. Lundi matin, le docteur retourne mon appel et me nomme Mme Gagnon. Elle dit avoir évalué mon père, M. Gagnon. Je lui dis que mon père est M. Perron. En discutant, on réalise qu’on lui a demandé d’évaluer M. Gagnon au lieu de mon père et qu’il y avait eu erreur. Donc, elle a dû retourner au CHSLD pour évaluer mon père et me rappeler ensuite », raconte Véronique Perron, qui juge cette situation inacceptable. 

Elle raconte que le médecin a confirmé le diagnostic de mycoses aux ongles et qu’un traitement de six semaines est requis. Véronique Perron est d’avis que la situation a été aggravée par le port de chaussures qui n’étaient pas adaptées aux pieds de son père. Il s’agissait en fait des souliers d’un autre résidant.

« Si je n’avais pas demandé à ce que le médecin m’appelle, mon père n’aurait jamais été évalué, car il m’aurait été impossible de dire au médecin qu’elle avait vu le mauvais patient », poursuit-elle.

Bureau du ministre 

Mercredi matin, Véronique Perron a reçu une lettre de Bernard Tessier, du bureau du ministre Gaétan Barrette, laquelle se lit comme suit : 

« Vous et moi allons avoir une réponse de votre CIUSSS d’ici une dizaine de jours. Il m’a fait plaisir de m’occuper de votre demande, car pour nous, le bien-être des femmes et des hommes en CHSLD est une priorité. »

La préposée aux bénéficiaires a néanmoins l’intention de déménager son père à Saint-François dès qu’une chambre se libère.