Vente et services indissociables

Les contrats qui unissent les fabricants automobiles aux concessionnaires obligent ces derniers à maintenir leurs départements du service. La tenace rumeur voulant que les concessionnaires désirent complètement fermer ces départements à l'issue du lock-out est donc fausse.
Le Quotidien a joint les responsables des communications chez GM Canada, Mazda Canada et Hyundai Canada. Ils abondent tous dans le même sens. « Nous n'autoriserions pas un concessionnaire à avoir seulement une salle de montre sans le département du service. Nous encourageons une approche intégrée en ce qui a trait au service aux clients, ce qui inclut le département des ventes et le département du service, explique dans un courriel en anglais la directrice nationale des relations publiques pour Mazda Canada Inc., Sandra Lemaitre. L'objectif du département du service est de faire la maintenance régulière, d'honorer les garanties et d'offrir les services de réparation. »
Un conflit perdure depuis près d'un an entre la Corporation des concessionnaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean et le Syndicat des employés de garage affilié à la CSD. Aujourd'hui, les deux parties rencontreront le médiateur Julien Perron, nommé la semaine dernière par la ministre du Travail, Agnès Maltais.
Depuis le début du conflit, de nombreuses personnes, dont certaines sur les lignes de piquetage même, affirment que les concessionnaires n'ont plus l'intention d'offrir le service de réparation.
À la lumière des réponses recueillies par Le Quotidien, cela semble toutefois hautement improbable, voire totalement impossible.
« Je ne peux imaginer qu'un concessionnaire Hyundai n'ait pas de département du service, a dit le directeur des relations publiques pour Hyundai Auto Canada Corp., Chad Heard. Nous avons une entente avec les concessionnaires, et cela fait partie de l'entente. Tous les concessionnaires ont un département du service. »
Le responsable des relations publiques chez GM Canada, Robert Pagé, abonde dans le même sens. « Nos concessionnaires doivent offrir le service de vente et le service après-vente. Tous les concessionnaires GM au Canada offrent ce service. Si un concessionnaire devait ne pas l'offrir, il ne répondrait plus aux normes GM. On ne peut déroger de ces normes », a affirmé celui qui, au fait de la situation qui prévaut dans la région, a dit souhaiter que le conflit se règle rapidement.
Circonstances exceptionnelles
Les concessionnaires n'ont pas à respecter les mêmes normes durant un conflit de travail, comme l'explique Sandra Lemaitre, de Mazda Canada.
« Dans des circonstances exceptionnelles, comme ce qui se vit dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean présentement, Mazda évalue le tout au cas par cas. Les concessionnaires ont le droit d'honorer les garanties et le service de différentes manières pour remplir les obligations que nous avons envers nos clients, ce qui inclut de faire faire les réparations par une tierce partie, lorsque nécessaire. »
Refus
Les compagnies Ford et Toyota ont par ailleurs refusé de divulguer les informations quant aux contrats qui les lient à leurs franchisés. « Puisque ce sont des informations privilégiées, nous ne voulons pas fournir de détails à ce sujet. Ford a un long historique à Saguenay et nous espérons qu'un contrat de travail soit signé bientôt. Notre focus demeure sur nos clients. Nous nous excusons pour les inconvénients qui pourraient survenir durant ce temps. Nos concessionnaires dans les régions avoisinantes continuent d'être disponibles pour subvenir aux besoins de nos clients », a écrit, dans la langue de Shakespeare, la directrice aux communications de Ford Canada, Michelle Lee-Gracey.
Dans une réponse laconique, envoyée par courriel en anglais, la directrice des communications chez Toyota Canada, Sandy Di Felice, a affirmé que « nous ne pouvons commenter les rumeurs ou divulguer des détails quant aux contrats qui nous lient aux concessionnaires. »