Vente de biens en ligne: gare aux trop belles affaires

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
La vente de biens usagers en ligne facilite la vie de bien des gens, y compris des fraudeurs. Des arnaques qui semblent monnaie courante depuis quelque temps à travers la région, et dont a récemment été victime une résidante de Shipshaw.

Celle-ci pensait être tombée sur l’article parfait pour compléter son aménagement au sous-sol. Une télé 65 pouces, 4K, de marque LG, pour seulement 350 $.

Après discussions avec le présumé vendeur, elle consent à lui acheminer un virement de 300 $, mais en protéger ce dernier d’un mot de passe, qu’elle ne dévoilerait qu’une fois la transaction complétée, le soir même.

Un mot de passe indéchiffrable, assure-t-elle. «Il lui aurait fallu être dans ma vie pour le savoir.»

Devant l’intérêt de supposés autres acheteurs, la résidante de Shipshaw se retrouve ensuite à devoir renégocier pour conserver sa priorité d’acheteuse. Elle finit par lui envoyer un autre virement de 50 $, sans mot de passe cette fois, en signe de bonne foi.

Au cours de la journée, son téléphone vibre. Elle reçoit une notification pour lui dire que le vendeur de la télé a accepté non pas un, mais les deux virements qu’elle lui a fait parvenir. Bien qu’elle n’ait pas encore donné le moindre mot de passe pour déverrouiller les premiers 300 $.

«J’ai essayé de lui envoyer un message, et il m’avait bloqué», explique celle qui présume que la personne a usé d’un stratagème particulier pour obtenir la totalité des fonds.

Son institution financière ne pouvant alors visiblement rien faire, elle se tourne donc vers la police, chez qui elle dépose une plainte, mais aussi sur Facebook, où plusieurs autres personnes la contacteront pour lui signifier avoir été victimes de la même arnaque.

Des histoires du genre, le Service de police de Saguenay en voit passer fréquemment.

Le modus operandi est souvent le même. Les gens déboursent pour un bien en avance, mais ne reçoivent au final qu’une bien mauvaise expérience en retour. Après avoir viré les fonds aux présumés vendeurs, les victimes sont bloquées ou dépêchées à des adresses qui n’existent pas.

«Il faut être extrêmement attentif lorsqu’on fait l’achat de choses qui ne semblent pas chères. Surtout ne pas verser d’argent à l’avance», prévient le porte-parole du Service de police de Saguenay, Bruno Cormier.

Certains mèneraient même de telles opérations à grande échelle. Des cas similaires relevés dans différentes régions auraient amené plusieurs corps policiers à travailler ensemble.

«C’est un style de fraudes qu’on voit assez régulièrement depuis un certain temps sur le territoire», souligne Bruno Cormier.