Selon Simon Barnabé, directeur forestier et diversification économique à La Tuque, pour qu'un projet de bioénergie soit rentable, il faut développer des sous-produits de valeur ajoutée.

Valoriser la biomasse pour stimuler l'économie

Le Lac-Saint-Jean pourrait se positionner pour diversifier son économie en valorisant la biomasse pour en faire différents produits.
Jeudi se tenait un colloque sur la bioéconomie, à Mashteuiatsh, organisé par Forêt modèle du Lac-Saint-Jean. Il avait pour but de stimuler la réflexion sur la possibilité d'instaurer une grappe industrielle de valorisation de la biomasse forestière.
Chose certaine, la biomasse ne manque pas au Lac-Saint-Jean. La professeure Évelyne Thiffault a démontré que le potentiel était immense. De plus, qu'il s'agirait d'une solution écologique de remplacement aux hydrocarbures. Cette biomasse représente donc une source de développement économique avec un énorme potentiel.
La Tuque a saisi l'opportunité, elle qui caresse un projet d'un milliard $ pour une bioraffinerie de diesel pour véhicules. « Dans les environs de La Tuque, il y a 1,2 million de tonnes métriques de biomasses qui pourrissent dans la forêt. Elle n'est pas utilisée et nous voulons la valoriser avec cette première usine de biocarburant au Canada », a mentionné Patrice Bergeron, directeur forestier et diversification économique à La Tuque, devant la centaine de participants au colloque. 
Ce projet ambitieux, s'il se concrétise, produirait 207 millions de litres de diesel pour des voitures ou camions, ce qui représenterait 4,3 % du diesel dédié transport au Québec. « Comme vous voyez, il y a de la place pour d'autres usines du genre au Québec. Le marché ne sera pas saturé », a-t-il lancé. Ce type de bioraffinerie pourrait donc voir le jour dans la région. Par contre, il y a encore des défis importants à relever pour que le projet soit rentable. Il faut rentabiliser la récolte de la biomasse en forêt. Comme le transport des branches et autres résidus est trop dispendieux, le projet de La Tuque prévoit utiliser une usine de pyrolyse mobile pour faire une première transformation de la ressource sur place.
Développer d'autres produits
Pour être rentables, les projets de bioénergie devront être associés à d'autres qui valorisent les sous-produits présents dans la biomasse. C'est le point de vue qu'a partagé Simon Barnabé, professeur de chimie, biochimie et physique à l'Université du Québec à Trois-Rivières.
«C'est difficile de rentabiliser un projet de bioénergie. C'est avec les sous-produits qu'on fait de l'argent», a-t-il lancé. Il a donné l'exemple d'une usine de bioéthanol dans Lanaudière. Les sous-produits du raffinage de tige de maïs entrent dans la nourriture pour les porcs et la lignine extraite sert de liant dans différentes industries. 
Il pense qu'un projet comme celui d'Axcelon, à Saint-Félicien, pour produire de la cellulose bactériologique pour fabriquer des pansements en utilisant l'énergie de l'usine de cogénération, en valorisant le petit lait des fromageries et en utilisant la lignine des résidus de l'usine de pâtes de Saint-Félicien, est un autre exemple. Aussi, il a souligné qu'avant de brûler l'écorce des arbres, il est possible d'en récupérer une partie pour fabriquer des produits d'assainissement utilisé par la compagnie Sanimarc.
«Vous avez tout pour diversifier l'économie de la région, mais ça prendrait un incubateur d'entreprises pour agir en intermédiaire et favoriser la naissance de projet en lien avec une usine de bioénergie», a suggéré Simon Barnabé.
Combattre le cancer 
Finalement, André Pichette, professeur au département des sciences fondamentales de l'UQAC, a exposé les différentes propriétés anticancéreuses de molécules extraites du sapin baumier, de l'if du Canada et même de l'écorce de bouleau.