Julie Bouchard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Qu.bec (FIQ) au Saguenay-Lac-Saint-Jean 
Julie Bouchard, présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Qu.bec (FIQ) au Saguenay-Lac-Saint-Jean 

Vacances estivales: de la pression à prévoir au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean

La pression risque de monter dans les établissements du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean si jamais le ministère de la Santé et des Services sociaux utilise ses directives ministérielles pour modifier le calendrier des vacances estivales pour imposer dans la région un calendrier correspondant aux zones où la pandémie exerce une plus grande pression sur le système de santé.

La Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) du Saguenay-Lac-Saint-Jean déplore le comportement du premier ministre François Legault et du ministère qui n’ont toujours pas répondu aux inquiétudes du personnel de la santé quant aux vacances estivales. La présidente régionale Julie Bouchard a de fortes craintes sur les intentions du ministère qui pourrait profiter de la pandémie pour régler le problème récurent des vacances estivales.

«Nous n’avons pas de problème avec la direction du CIUSSS dans la région pour les vacances. Notre crainte est que le ministère profite de la situation afin d’imposer la même solution à la grandeur du Québec en modifiant le ratio des personnes qui partent en vacances estivales et en prolongeant la période de prise de vacances. Nous entendons que l’idée serait de prolonger jusqu’au mois d’octobre la durée des vacances estivales. Qu’est-ce que vous voulez faire en vacances à la fin de septembre?», explique Julie Bouchard, visiblement agacée par le comportement du premier ministre qui ne fait pas la différence entre les réalités de chacune des régions du Québec.

Elle cite en exemple les enseignants du Québec qui ont eu droit à une période de suspension des cours avec la mise en place de l’enseignement à distance. Le gouvernement du Québec n’a pas jugé opportun de diminuer la période des vacances estivales et les enseignants vont avoir droit à ce qui est prévu à leur convention collective de travail. Il n’y a aucune raison sanitaire pour ne pas appliquer les conventions du personnel de la santé dans la région, selon la présidente régionale de la FIQ.

«Ce sont nos vacances et nous y avons droit. La situation est stabilisée dans la région et on doit profiter de cette stabilisation pour permettre au personnel de vider les banques de vacances afin de se préparer pour une seconde vague si elle arrive plus tard. Sans ça, nous allons nous retrouver avec des banques de vacances remplies et ça sera très difficile de permettre aux gens de les écouler.»

Julie Bouchard enchaîne avec la problématique récurrente de la prise de vacances estivales. Chaque année, dit-elle, il y a un problème pour les vacances en raison des pénuries de main-d’oeuvre.

«On arrive toujours à trouver des solutions pour ce problème qui a été créé par différentes décisions et on continue à prendre des décisions qui vont encore créer des problèmes de stabilité dans les équipes et accentuer les pénuries.»

Julie Bouchard explique que le CIUSSS a procédé à l’embauche de 108 candidates au poste d’infirmières. Ce sont des étudiantes qui devraient majoritairement obtenir leur droit de pratique après avoir passé l’examen de l’ordre. Le CIUSSS a décidé de leur offrir des postes à temps partiel de deux jours par semaine à ce titre d’emploi où elles pratiquent sous la supervision des infirmières.

«Le premier ministre dit au point de presse que ça ne peut pas fonctionner, une organisation avec 50 % de personnes qui sont à temps partiel. Le CIUSSS aurait très bien pu procéder à l’embauche des 108 candidats à la profession en leur offrant un poste à temps plein, mais il a choisi de ne pas le faire et ça va se répercuter rapidement dans les milieux de travail», explique la présidente.

Elle prédit que la très grande majorité de ces nouvelles infirmières vont rapidement postuler sur des horaires de trois jours par semaine. Elles vont combler à leur guise leur semaine de travail en ajoutant un ou deux quarts de travail en temps supplémentaire quand elles vont en avoir le goût. «Elles vont travailler quand elles veulent et en plus, elles vont gagner plus d’argent qu’une collègue qui occupe un poste à temps complet. C’est comme ça que ça fonctionne.»

Elle est convaincue que les primes annoncées par le gouvernement ne changeront rien à la réalité. Dans la région, les primes spécifiques aux zones chaudes s’appliquent uniquement au CHSLD de la Colline. Malgré tout ce qui a été dit sur les problèmes de main-d’oeuvre, Julie Bouchard considère qu’il n’y a rien sur la table pour en arriver à des solutions permanentes.

«Nous sommes très conscients de la grande charge de travail qui est réalisée chaque jour par tout le personnel dans notre CIUSSS en situation régulière et qui s’est grandement accentuée depuis les derniers mois avec le contexte de pandémie. C’est pourquoi nous souhaitons que chacun puisse avoir accès à un repos bien mérité durant les mois d’été. De ce fait, des vacances seront autorisées durant la période estivale. Les modalités seront normalement communiquées au personnel d’ici la fin de cette semaine», a indiqué le service des communications du CIUSSS.