Utiliser les drones en techniques du milieu naturel au Cégep de Saint-Félicien

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le département de technique du milieu naturel (TMN) du Cégep de Saint-Félicien a fait l’acquisition d’un drone, en plus de former quatre enseignants à le piloter, dans le but de préparer les étudiants à cette nouvelle réalité.

Dans la cour du Cégep de Saint-Félicien, un groupe d’étudiants est assemblé autour d’un drone, posé sur une piste d’atterrissage déployée pour l’occasion. Marc-André Bureau, professeur en TNM, déploie une borne RTK sur un poteau d’arpenteur. « Le RTK est une option supplémentaire qui permet d’avoir des photos automatiquement géoréférencées à 5 cm près », dit-il, évitant ainsi du travail dans le logiciel de traitement des photos.

Marc-Sandré Bureau est un des quatre professeurs du Cégep de Saint-Félicien qui a reçu une formation de pilote de drone.

Le professeur explique ensuite les conditions d’utilisation du drone, la gestion des batteries, la calibration, la gestion de la manette, la pose des hélices, les dangers à éviter, avant d’enchaîner avec le plan de vol. Il explique alors que bien qu’il soit préférable de planifier le vol à l’avance, il est aussi possible de le faire en quelques instants en cliquant sur les points à survoler. Le drone est ensuite capable de partir en vol automatique pour prendre les photos qu’on lui a demandé pour produire une carte très précise. Pour éviter les obstacles, les vols se font souvent à 50 mètres d’altitude, ce qui permet d’avoir une résolution de 1,37 cm par pixel.

« On a récemment utilisé le drone pour faire une carte de l’indice de qualité des bandes riveraines du lac du Repos, à Saint-Félicien », explique Marc-André Bureau, qui offre les cours en protection de l’environnement. Du haut du ciel, il est possible de prendre plusieurs photos et en les collant entre elles, on arrive à faire une carte précise d’un site, une technique que l’on appelle la photo-interprétation.

Le professeur Marc-André Bureau enseigne à ses étudiants comment utiliser le drone pour faire de la photo-interprétation.

Né d’un besoin des employeurs

C’est en parlant avec des finissants du cégep qui travaillent maintenant au ministère de l’Environnement que le cégep a décidé d’investir dans un drone, explique le professeur.

« Plusieurs étudiants ont dit utiliser des drones pour faire des suivis environnementaux », dit-il. Avec cette information en main, Yves Marchand, un autre professeur du cégep, a commencé à développer le projet de formation, il y a deux ans. Puis tout est tombé en place l’an dernier, alors que le cégep a intégré l’utilisation des drones au cursus scolaire. Quatre professeurs ont alors été formés, un dans chacune des spécialisations des TMN.

Outre les suivis environnementaux, il est aussi possible de faire des suivis fauniques, des inventaires forestiers et sylvicoles, ou encore d’analyser un secteur pour trouver les meilleurs endroits pour y développer un sentier.

La SEPAQ utilise justement des drones depuis quatre ans, lorsqu’un ancien étudiant en TMN du Cégep, Ariel Ferland-Roy, garde-parc dans le Parc national des Monts-Valin, a été formé. D’abord utilisé pour prendre de belles photos, le parc a ensuite développé plusieurs autres utilisations, notamment pour planifier un sentier dans un milieu humide. De plus, la SEPAQ a développé des protocoles d’inventaire avec des drones, pour caractériser l’impact des randonneurs dans les milieux alpins sensibles.

Au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, des projets d’inventaires sylvicoles ont aussi été testés pour évaluer la réussite de travaux, remarque Catherine Thibeault, la responsable des opérations.

Diverses entreprises spécialisées en gestion forestière, comme Foresco Holding à Larouche, utilisent aussi des drones pour réaliser des inventaires.

Vincent Saint-Pierre, un des étudiants de Marc-André Bureau, estime qu’il est pertinent d’avoir un cours sur le sujet. « On retrouve des drones partout aujourd’hui et ça sera sûrement utile à l’avenir, autant d’un point de vue personnel que professionnel », soutient le jeune homme, qui aimerait travailler dans le Nord, au cours des prochaines années, peut-être pour la restauration des sites miniers.

Pour l’instant, seul le professeur pilote le drone, et les étudiants utilisent les photos pour créer des cartes et les interpréter. « On veut commencer dès maintenant à sensibiliser nos étudiants aux drones, mais au cours des prochaines années, on pourrait faire l’acquisition de mini-drones, de moins de 250 grammes, parce qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un permis pour ce type de drone là », souligne Marc-André Bureau.

Les étudiants du Cégep de Saint-Félicien ont pu créer la carte du lac du Repos avec un drone pour évaluer l’indice de qualité des bandes riveraines.