La directrice du programme de Soutien adapté aux personnes âgées, Chantale Boivin, a confirmé que deux résidents du CHSLD de la Colline ont survécu au coronavirus dans les dernières heures.
La directrice du programme de Soutien adapté aux personnes âgées, Chantale Boivin, a confirmé que deux résidents du CHSLD de la Colline ont survécu au coronavirus dans les dernières heures.

Utilisation des masques: le CIUSSS s’en tient à l’INSPQ

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean n’entend pas déroger aux directives de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) et maintiendra l’utilisation du masque de procédure (masque chirurgical) au CHLSD de la Colline, malgré la croissance constante des infections au coronavirus au sein du personnel soignant.

Il n’est donc pas question pour le CIUSSS de remplacer le masque de procédure par le masque N95, dont l’étanchéité est beaucoup plus efficace. Il y a maintenant 46 travailleurs et travailleuses de la santé du CHSLD qui ont été contaminés depuis le début de l’éclosion avec 42 patients. La situation se dégrade rapidement au sein du personnel depuis le 17 avril. Le nombre d’employés infectés était alors de 17 pour grimper à 46 lundi.

« Nous ne poserons pas de geste par intuition », a insisté le directeur de la Santé publique, le docteur Donald Aubin. La directrice du programme de Soutien à l’autonomie des personnes âgées, Chantale Boivin, indique que le personnel affecté aux soins des personnes souffrant de la COVID-19 en milieu hospitalier ne porte pas le masque N95 en permanence. Le choix des masques et leur utilisation sont définis dans les politiques de l’INSPQ.

Le docteur Aubin affirme qu’il a déjà travaillé avec le masque N95. Il trouve que cette pièce d’équipement n’est pas très confortable. Selon la norme, le masque N95 est porté quand il y a un risque de projection du virus en aérosol. Lorsque le résident ou patient est identifié comme pouvant projeter des gouttelettes, le masque de procédure ou masque chirurgical est utilisé. Le CIUSSS changera d’approche si l’INSPQ émet une nouvelle directive pour le coronavirus.

Le Quotidien a reçu des courriels et textos de certains employés du CHSLD depuis quelques jours qui s’interrogent sur le choix du masque de procédure devant le nombre de collègues infectés qui a plus que doublé en l’espace de 4 jours (29 en 4 jours). Malgré ces chiffres, les deux gestionnaires du CIUSSS ne semblent pas convaincus que le masque est en cause dans les infections au CHSLD de la Colline. Un reportage publié à l’émission Découverte, dimanche soir, sur les performances des masques, a évidemment soulevé des doutes chez certains soignants qui s’exposent longtemps au virus.

Chantale Boivin a réitéré que le personnel bénéficiait du support presque permanent des spécialistes en gestion des infections. Ils assistent les travailleurs quand ils sortent de la zone chaude et retirent les équipements de sécurité afin d’éviter qu’ils se contaminent. La semaine dernière, la directrice des soins infirmiers, Sylvie Massé, avait expliqué que le CHSLD recevait tout le support nécessaire pour contrôler la propagation du virus.

Il est toujours impossible de savoir si le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean possède suffisamment de masques N95 pour supporter l’éclosion au CHSLD de la Colline. Le service des communications a indiqué qu’il n’y aurait pas de réponse à cette question.

Au cours d’un entretien avec une infirmière qui travaille dans ce milieu d’éclosion, il a été possible d’apprendre que l’équipement est suffisant, sans être constant. Certaines journées, le personnel peut porter des visières alors que le lendemain, ils reçoivent des lunettes de sécurité.

Le Quotidien a demandé au ministère de la Santé et des Services sociaux des chiffres sur les masques. La question était de savoir le taux d’infection avec le port des N95 comparé à celui des masques de procédure. Les directions des CIUSSS transmettent des statistiques globales sans faire la distinction.

Pour revenir au CHSLD de la Colline, la gestionnaire a confirmé que le personnel allait recevoir du soutien psychologique au cours des prochains jours. Chantale Boivin a admis que la situation était difficile. L’arrivée du personnel du département de médecine (D2) et de l’équipe volante de l’hôpital de Chicoutimi ont permis de donner un peu de répit et de composer des équipes plus stables. Il n’est toujours pas question pour le CIUSSS de mettre à contribution les gestionnaires détenant des droits de pratique en infirmerie pour se greffer aux équipes de soins au CHSLD de la Colline ou chez les Ursulines qui doivent composer avec 36 cas confirmés de COVID-19 parmi le personnel et les résidentes de l’infirmerie.

La gestionnaire du Soutien à l’autonomie des personnes âgées avait tout de même une autre raison de pousser un soupir de soulagement, lundi, alors que les critères pour l’admission des aidants naturels dans les CHSLD sont toujours en élaboration. Sans se prononcer contre la décision du gouvernement, Chantale Boivin a émis de sérieuses réserves.

En ce moment, 15 des 16 CHSLD de la région ont réussi à éviter les éclosions de coronavirus. Selon cette dernière, les résidents reçoivent tous les services et les communications avec les familles se déroulent normalement. Pour le moment, elle assure qu’il n’y a aucune plainte de la part des familles ou aucune pression pour ouvrir les portes des CHSLD.