Usine Grande-Baie: les Métallos se retirent de la campagne

Les Métallos encouragent maintenant les travailleurs de la production de l’aluminerie Grande-Baie de Rio Tinto de joindre les rangs d’Unifor afin de compléter la syndicalisation de tous les départements de cette usine.

Le président de la section locale 9490 de l’aluminerie d’Alma, Alexandre Fréchette, a justifié cette position par la nécessité de créer un véritable rapport de force avec la multinationale. Il a aussi expliqué mettre en pratique ce qu’il avait proposé au début de la campagne de syndicalisation.

« Nous avions proposé à Unifor que chaque syndicat dépose les cartes en sa possession et que celui qui avait le plus de cartes poursuive la campagne. Ils ont déposé les cartes et le ministère a confirmé l’accréditation pour les travailleurs de métier. Nous respectons ce que nous avions proposé à l’époque et on se retire en demandant aux travailleurs de joindre les rangs d’Unifor. »

Alexandre Fréchette a assuré que cette décision n’a pas été imposée par les organisations syndicales. Elle a été prise par les responsables de la campagne des Métallos ainsi que par les travailleurs à l’interne qui avaient contacté le syndicat de l’usine d’Alma pour entreprendre la syndicalisation à La Baie. Alexandre Fréchette a rappelé qu’il n’était pas à l’emploi des Métallos et que son objectif était de permettre aux travailleurs de se syndiquer afin de conserver les acquis.

Il était accompagné à ce point de presse de l’adjoint au directeur québécois des Métallos Dominic Lemieux. Ce dernier a réitéré que les grandes sociétés multinationales affrontent régulièrement les Métallos comme c’est le cas à Bécancour. « On se bat pour défendre ce que les travailleurs ont et pas pour obtenir plus. Ce sont des luttes importantes », a affirmé M. Fréchette. 

Dominic Lemieux a de son côté souhaité que l’on passe à autre chose à La Baie. Il juge que l’objectif est la syndicalisation des 300 cuvistes du secteur de la production et a répété l’invitation d’Alexandre Fréchette faite aux travailleurs qui ne sont pas syndiqués de répondre favorablement au syndicat Unifor.

Daniel Lemieux a toutefois déploré qu’encore en 2018 au Québec, il fallait pratiquement se cacher pour se syndiquer et l’usine de La Baie en est un bon exemple.