Rio Tinto a annoncé jeudi à ses employés la fermeture de l’Usine Dubuc pour une période indéterminée. Le carnet de commandes vide explique cette décision.

Usine Dubuc: une annonce inquiétante

L’arrêt indéterminé des opérations à l’Usine Dubuc de Rio Tinto (RT) soulève plusieurs inquiétudes.

Président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA), local 937 d’Unifor, Alain Gagnon ne se réjouit pas de cette fermeture indéterminée, et ce, même si les employés touchés n’appartiennent pas à son accréditation syndicale.

« Nous avons 16 travailleurs de notre syndicat qui oeuvrent pour l’usine Petits lingots Saguenay (PLS) et dont les locaux étaient rattachés à ceux de l’Usine Dubuc. Tous les frais fixes étaient divisés entre les deux entités. On veut savoir ce qui va arriver », note Alain Gagnon, en entrevue avec Le Progrès.

« Le signal de la fermeture de Dubuc est inquiétant. Nous voulons nous assurer qu’il n’y aura pas d’impacts majeurs pour PLS. Nous discutons avec nos membres afin de les aviser de la situation », poursuit le président syndical.

Même s’il est déçu et préoccupé par la fermeture de l’Usine Dubuc, Alain Gagnon n’est pas vraiment surpris. Il avait remarqué que le carnet de commandes n’était plus aussi bien garni que par le passé, notamment depuis la perte du contrat de Constellium.

« Ce contrat représentait 80 pour cent de la production. Avec cette perte, on voyait bien que ça ne fonctionnait pas comme avant. En plus, c’était une usine un peu secrète avec son produit de niche pour le nucléaire et l’aérospatial. Il était difficile d’en savoir plus », dit-il.

Celui-ci espère que le message de Rio Tinto de fermer pour une période indéterminée laisse un espoir.

« Ce n’est pas final. On ne sait jamais », ajoute Alain Gagnon.

Ancien président du SNEAA, Jean-Marc Crevier a commenté la situation sur Facebook.

« Il faut mettre toute notre énergie pour rouvrir cette usine. Avec tous les changements annoncés pour diminuer le poids des véhicules, ce n’est pas acceptable pour une région comme la nôtre, qui se targue de produire l’aluminium le plus vert de la planète. Donc, [c’est] un dossier qui pourrait avoir l’aide de François Legault (premier ministre du Québec) par le biais d’Investissement Québec », écrit M. Crevier.

Pas de commentaire

Du côté de la municipalité, le cabinet de la mairesse Josée Néron a été sollicité pour une entrevue, mais il n’a pas été possible de connaître son point de vue sur l’arrêt de production d’une usine de pointe sur le territoire de Saguenay.

On a précisé que la mairesse manquait de temps pour commenter la situation et entend avoir des discussions avec les dirigeants de RT afin de comprendre la décision et la commenter ensuite, si cela était nécessaire.

« Mais il est certain que cette fermeture préoccupe la mairesse. Ce sera assurément un sujet des discussions avec l’entreprise », a ajouté un membre du cabinet par la suite.