Des produits de Canada Sauce.
Des produits de Canada Sauce.

Usine de Kraft Heinz à Montréal: Simon-Pierre Murdock fait confiance au consommateur

Marc-Antoine Côté
Marc-Antoine Côté
Le Quotidien
Même s’il croit que chaque dollar du gouvernement devrait aller à des entreprises québécoises, à l’aube d’une relance économique difficile, Simon-Pierre Murdock, cofondateur de Canada Sauce, ne s’en fait pas outre mesure avec le retour de l’usine de production de Kraft Heinz en sol canadien. Il fait confiance au consommateur de 2020, qu’il dit plus éduqué que jamais.

Inquiet? L’entrepreneur ne l’est pas du tout. Et ce n’est pas l’annonce de cette semaine qui va changer quoi que ce soit à sa stratégie. « Parce qu’au final le consommateur en 2020, il est éduqué. Il a les réseaux sociaux, il a accès à l’information, il sait comment lire les emballages, il va être capable de faire un choix éclairé. Donc pour nous ça ne change absolument rien. »

Bon joueur, il souligne même qu’il s’agit d’une bonne nouvelle économique, puisque le projet de construction d’une usine à Montréal favorisera l’emploi et permettra à des fournisseurs canadiens d’en profiter.

Ce qui rend la chose « questionnable » à ses yeux, c’est l’aide financière de 2 M$ du gouvernement, alors que les entreprises d’ici auraient bien plus besoin d’un tel coup de pouce que le géant américain.

« En ce moment, chaque dollar qui est disponible, que ce soit 2 dollars, 20 millions ou 20 000, cet argent-là doit être gardé pour les entreprises du Québec, afin de préparer la relance pour après le COVID-19 », affirme-t-il.

Simon-Pierre Murdock compare la consommation de la population à une constante élection. Et il accorde une grande confiance aux électeurs du Québec.

« Les gens vont voter pour le produit qu’ils pensent le meilleur pour eux. Et nous avec notre compagnie, notre marketing est honnête et transparent, on ne dit que la vérité sur nos produits. On n’a pas besoin d’utiliser de grandes stratégies pour gagner des parts de marché. »

Le cofondateur de Canada Sauce dit par ailleurs avoir senti l’engouement pour l’achat local cet été et sent que les gens sont prêts pour un changement. 

L’un des gros défis de la pandémie pour l’entreprise consistait en l’approvisionnement, notamment en ce qui a trait aux bouteilles et au transport.

La production en était un autre, le manque de main-d’œuvre rendant difficile la poursuite du rythme imposé par la hausse des ventes. Chose qui ne devrait plus être un problème puisque l’entreprise investit présentement dans des équipements automatisés pour être capable d’augmenter la production pour la prochaine année.