Urgent besoin de familles d’accueil au Saguenay–Lac-Saint-Jean

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) du Saguenay-Lac-Saint-Jean a besoin de 20 à 30 familles d’accueil pour subvenir à des besoins qui augmentent en ces temps difficiles.

La directrice régionale de la DPJ, Caroline Gaudreault, explique en entrevue avec Le Quotidien que le recrutement de familles d’accueil n’a jamais été simple. Un état de fait qui date d’avant la pandémie.

« Ça fait plusieurs années que la situation est plutôt précaire. Il y a à peine deux ans, nous avions fait une campagne d’envergure pour recruter. C’est d’autant plus difficile de le faire présentement, parce que les gens ont certaines craintes [à cause de la COVID-19]. Mais ce n’est pas parce qu’on est en pandémie que les difficultés des jeunes de la région ont diminué. Au contraire », lance-t-elle, à propos de cette tâche qui est toujours à recommencer.

Au printemps, la DPJ s’inquiétait de la baisse du nombre de signalements, qui avaient diminué d’environ 25 %. Ce nombre est reparti à la hausse depuis.

« La pandémie n’aide pas les familles qui étaient déjà dans le besoin, précise Mme Gaudreault. Ça ajoute souvent un stress supplémentaire. Les gens perdent leur emploi, ça amène des problèmes financiers, du stress, de la violence familiale. On sent plus dans cette deuxième vague-là un problème de détresse chez les enfants et leur famille. »

Caroline Gaudreault, directrice de la DPJ.

Si la DPJ ne manque pas de place en familles d’accueil, l’équilibre demeure fragile. L’organisme doit prendre des décisions difficiles, qui ne sont pas toujours les meilleures pour l’enfant. Par exemple, la DPJ doit parfois séparer à contrecoeur des fratries ou relocaliser des enfants en dehors des villes desquelles ils sont originaires.

« Les changements de villes ont des conséquences. Les contacts avec les familles deviennent plus difficiles. On peut parler d’un changement d’école, d’un changement d’amis », illustre Mme Gaudreault, qui assure que les précautions d’usage sont prises pour éviter de propager le coronavirus quand les enfants arrivent dans des milieux familiaux.

Le meilleur milieu

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on retrouve plus de 480 places pour les jeunes dans environ 230 familles. La DPJ aimerait ajouter 20 ou 30 familles.

Il est possible de soumettre sa candidature en visitant l’onglet « carrière » du santesaglac.gouv.qc.ca. Des vidéos expliquant le processus pour devenir une famille d’accueil s’y trouvent. Il est aussi possible d’appeler au 418 547-5773 (#218), où une personne répondra aux questions des gens qui appliquent.

La DPJ tente, dans la mesure du possible, de trouver le meilleur milieu pour l’enfant. Chaque place en famille d’accueil ne s’équivaut pas, indique la directrice de la DPJ.

« Plus on a de ressources, plus c’est facile de répondre aux besoins de l’enfant qui lui sont propres », résume Caroline Gaudreault.