Le président du Syndicat des chargés de cours de l’UQAC, Richard Perreault, signale que ses membres n’hésiteront pas à monter aux barricades pour préserver leurs acquis des 30 dernières années. Leur convention collective est échue depuis le 31 décembre.

UQAC: le syndicat des chargés de cours inquiet

Les membres du Syndicat des chargées et chargés de cours de l’Université du Québec à Chicoutimi (FNEEQ-CSN) sont prêts à monter aux barricades pour protéger leurs acquis. Réunis jeudi en assemblée générale, ils ont unanimement rejeté les propositions de la direction en vue du renouvellement de leur convention collective. Le syndicat a également mis en place un comité de mobilisation qualifié de « sans précédent » par l’exécutif.

Le contrat de travail des chargés de cours est échu depuis le 31 décembre 2016. En février 2017, le Syndicat a déposé la liste des quelques enjeux jugés prioritaires. La partie patronale a pour sa part soumis ses demandes dans un document de 164 pages. De l’avis du Syndicat, celles-ci remettaient en question l’ensemble des acquis des chargés de cours des 30 dernières années. La perte des compétences acquises et l’ancienneté étaient en jeu, de même que la renonciation aux frais de déplacement et l’abolition graduelle de la prime de départ à la retraite. Des coupes dans les enveloppes consacrées au perfectionnement, le resserrement des processus d’évaluation et la réduction du nombre de locaux mis à la disposition des chargés de cours faisaient aussi partie des demandes de la direction.

« Moi qui ai participé à toutes les négociations des chargés de cours de ces 30 dernières années, je n’ai jamais vu de dépôt patronal aussi régressif, même venant des administrations les moins sympathiques aux chargés de cours », a indiqué le président du syndicat, Richard Perreault. Alors que la nouvelle rectrice, Nicole Bouchard, faisait part de son désir de régler avant la fin de l’année, l’exécutif syndical a expliqué à ses membres « qu’il y avait là un menu pour plusieurs mois, sinon plusieurs années de travail ».

Deuxième volet

La direction de l’UQAC a procédé à un second dépôt. Trois éléments principaux ont été identifiés entourant la formation à distance, les frais de déplacement et le développement de certains programmes d’études. En gros, l’administration souhaite combler un manque à gagner pour la formation à distance en allant chercher les sommes nécessaires dans le fonds de perfectionnement des chargés de cours. La direction a aussi fait part de son désir de réduire les coûts liés aux déplacements en instaurant une priorité d’embauche régionale plutôt que de privilégier l’ancienneté. Enfin, le Syndicat estime que l’UQAC veut fractionner chaque activité d’enseignement en diverses compétences. Chacune de ces compétences serait enseignée par un chargé de cours différent rémunéré au prorata de sa participation.

Ces propositions ont été rejetées avec vigueur par les quelque 850 syndiqués, qui ont mandaté leur comité de négociations de proposer des solutions de rechange qui ne présenteront pas une menace à leurs acquis.

« Les représentants de l’UQAC n’ont pas abandonné leur projet de démolir des pans entiers de la convention collective des chargés de cours, comme l’indiquait leur projet initial. Au contraire, ils ont élevé ce projet au rang d’épée de Damoclès qu’ils useraient sans hésitation si les objectifs concernant les trois enjeux et solutions présentés ne sont pas atteints », a déclaré Richard Perreault. 

À cette mise en garde, le chef syndical ajoute que la nouvelle administration n’a « aucune perspective historique de la démarche des chargés de cours ».

« Nous devons certes espérer que tout aille bien, mais nous devons du même souffle nous préparer activement au cas où les choses tourneraient mal », a-t-il poursuivi. Les demandes syndicales touchent l’attribution des cours à faible clientèle, les grands groupes, la formation à distance, la participation des chargés de cours aux projets de recherche, la rémunération et l’augmentation de l’enveloppe du comité de liaisons institutionnelles.