Le président du Syndicat des professeures et professeurs de l’UQAC, Gilles Imbeault, accorde sa confiance à la rectrice Nicole Bouchard.

UQAC: le syndicat appuie la rectrice

La rectrice de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Nicole Bouchard, bénéficie toujours de la confiance du Syndicat des professeures et professeurs de l’UQAC malgré les tentatives d’un petit groupe d’individus de relancer une campagne de dénonciation.

Le président du syndicat, Gilles Imbeault, confirme qu’il n’y a plus de comité financé officiellement comme ce fut le cas à l’époque avec le Como 1 (comité de mobilisation) qui est parvenu à pousser le recteur Martin Gauthier à la porte. À l’époque, la direction syndicale avait pris des orientations découlant de la volonté majoritaire des membres du syndicat, mais la situation actuelle est complètement différente.

« La rectrice est un peu responsable de cette situation qui persiste. Elle a été une militante au sein du comité, mais n’a jamais informé les autres membres du groupe de son intention de devenir rectrice. Certains n’ont pas apprécié sa démarche et ils le font savoir. »

La direction syndicale adopte une tout autre position pour le moment. Gilles Imbeault considère qu’il faut donner la chance au coureur et appuyer la rectrice ainsi que son équipe. Certains ont sévèrement critiqué la décision du vice-recteur aux partenariats et secrétaire général Alexandre Cloutier d’accorder un contrat à son ex-attaché politique, Jean Briand. Le président du syndicat minimise cette histoire.

« Il a accordé ce contrat pour une brève période. On verra les résultats et M. Cloutier devra répondre, mais ce n’est pas si grave puisqu’il s’agit d’un contrat. Ce n’est pas la première fois qu’une telle décision est prise par un vice-recteur. »

Gilles Imbeault croit que la rectrice a finalement mis en place son équipe de direction et qu’il est nécessaire de donner le temps aux gens de bien prendre connaissance des dossiers. Il rappelle que ce n’est pas une mince affaire d’intégrer une fonction de direction dans une institution comme l’UQAC avec sa culture particulière.

La nomination du professeur et chercheur Réal Daigneault par intérim au poste de vice-recteur à l’enseignement, la recherche et la création a été bien accueillie. La nouvelle vice-rectrice aux affaires administratives, Dominique Biron, est entrée en fonction la semaine dernière. Selon Gilles Imbeault, la nouvelle vice-rectrice à l’administration arrive du secteur privé et devra aussi faire l’apprentissage du milieu universitaire, lequel diffère grandement de ce qu’elle a connu.

« On peut dire que la rectrice a sa propre équipe en place. C’est vrai que depuis sa nomination elle a pris quelques décisions discutables ou qui n’ont pas fait l’affaire de tout le monde. L’apprentissage est un peu plus long que ce que l’on croyait, mais on doit lui donner du temps », ajoute Gilles Imbeault, qui demande sans réserve qui on mettrait en place pour faire face aux défis qui attendent l’université à très court terme.

Le président du syndicat travaille à l’UQAC depuis 40 ans. Il admet que les crises au rectorat ont marqué l’université. Il suffit de penser au retour de Gérard Arguin pour sortir l’institution d’une crise de leadership. Même Michel Belley, souligne Gilles Imbeault, qui est arrivé au rectorat avec une bonne préparation, a connu des moments difficiles à la fin de son mandat. Martin Gauthier, dit-il, aurait fait un meilleur travail aux finances que dans le siège du recteur.

« Il y a eu un Bernard Angers », lance Gilles Imbeault en référence au recteur qui a transformé l’UQAC et surtout permis à l’établissement de se doter d’une multitude de nouveaux pavillons. Il s’agit d’une exception puisque Bernard Angers est arrivé au rectorat après une brillante carrière dans la fonction publique québécoise.

Gilles Imbeault ne veut pas ménager la direction de l’université. Il assure que le syndicat n’hésitera pas à critiquer la direction lorsque les décisions n’iront pas dans l’intérêt de la communauté universitaire.

Nicole Bouchard, rectrice de l'UQAC

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LE FINANCEMENT PAR QUÉBEC DOIT ÊTRE REVU

Le président du Syndicat des professeurs de l’Université du Québec à Chicoutimi, Gilles Imbeault, ne voit pas comment assurer l’avenir et le développement de l’institution sans une correction significative des nouvelles règles de financement adoptées par le gouvernement du Québec.

L’analyse du syndicat est relativement simple. Les nouvelles règles de financement vont avant tout avantager les grandes universités. Elles donnent une plus grande importance au financement des cycles (doctorat) supérieurs par rapport au premier cycle (baccalauréat), et Gilles Imbeault croit que les grandes universités n’hésiteront pas à manœuvrer pour amplifier cet avantage.

« La subvention pour un élève au doctorat est plus importante. Il est donc possible de prendre un étudiant à la maîtrise et de l’inscrire au doctorat avant la fin de sa maîtrise avec l’autorisation de son directeur », affirme Gilles Imbeault.

Une université qui compte beaucoup d’étudiants a donc la possibilité d’avoir un plus grand nombre de candidats pour les études de cycle supérieur.

Dans un tel contexte, le syndicat a offert toute sa collaboration à la direction de l’université pour réussir à obtenir des modifications aux règles de base. Le gouvernement du Québec a apporté une aide additionnelle après la sortie de la rectrice Nicole Bouchard pour dénoncer cette situation, mais cette aide ponctuelle est loin d’assurer l’avenir de l’établissement.

« Votre santé financière est différente quand vous avez 16 000 étudiants comme Trois-Rivières avec une augmentation de 16 % alors que Chicoutimi obtient une hausse de 7,5 % avec 6500 étudiants. »

En raison de sa situation géographique, l’UQAC n’a pas été en mesure de prendre de l’expansion comme Trois-Rivières et même Rimouski (Lévis). L’université a développé une offre de services en Chine pour se doter d’une marge de manœuvre, mais cette marge de manœuvre est soumise à l’état des relations entre le Canada et le gouvernement chinois.

Les nouvelles règles de financement ont en même temps fait disparaître les enveloppes dédiées aux universités régionales. Il s’agissait d’une mesure de financement qui permettait de combler en partie les difficultés de recruter des étudiants. L’UQAC compte 6500 étudiants, dont 1200 proviennent de l’extérieur du Canada.

Le président du syndicat des professeurs est convaincu que les crises de gouvernance qui ont marqué les dernières années à l’UQAC ont été un élément néfaste dans tout le processus de renouvellement des règles de financement. Tout l’appareil gouvernemental était bien au fait de la situation qui prévalait à la direction de l’université.