Christian Bergeron, coordonnateur régional pour la lutte à la maltraitance envers les personnes aînées, est accompagné d’Andréanne Nolin, policière à la Sécurité publique de Saguenay. Ils ont dévoilé la programmation de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance, prévue le 15 juin.

Unis pour lutter contre la maltraitance des aînés

À compter de l’automne prochain, les intervenants régionaux présents au sein de la Table régionale maltraitance aînée (TREMA) disposeront d’un nouvel outil pour aider les victimes et leurs proches. Un processus d’intervention concerté entre les services policiers, les intervenants sociaux et de la santé, de même que les services judiciaires et bancaires, a été mis sur pied.

L’annonce de ce nouvel outil a été faite mercredi par Christian Bergeron, coordonnateur régional pour la lutte à la maltraitance envers les personnes aînées, en marge de la tenue le vendredi 15 juin de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes aînées. Il était accompagné d’Andréanne Nolin, policière à la Sécurité publique de Saguenay.

Même si le sujet demeure tabou, la violence faite aux personnes aînées demeure une réalité dans la région sous forme de violence psychologique, sexuelle, financière ou matérielle, physique, âgisme, violation des droits ou organisationnelles, explique M. Bergeron.

Selon les données disponibles, 4500 aînés sont susceptibles d’être victimes de maltraitance de la part de proches, de personnes qui habitent en résidences, du personnel soignant ou d’inconnus qui tentent de les extorquer sur les médias sociaux. Les maltraitances financière et psychologique sont les deux plus importantes formes de violence subies, explique M. Bergeron.

Citant quelques exemples, M. Bergeron explique que la violence financière peut prendre la forme de demandes répétées de la part de proches pour obtenir de l’argent ou des avantages auprès de la personne aînée sous des prétextes divers, mais qui peuvent cacher des problèmes de jeux, de consommation de la part de l’abuseur. En 2017-2018, 113 personnes âgées dans la région ont contacté la ligne Aide Abus Aînés, la ligne Info-Social pour dénoncer des situations. Il s’agit d’une hausse de 30 %.

M. Bergeron mentionne que le nouveau processus de concertation qui sera en place vise à faciliter le repérage et les dénonciations avec la signature d’une entente qui impliquera sept ministères du gouvernement du Québec pour obliger certains intervenants à se concerter, s’échanger de l’information, rassurer les personnes âgées lorsque des proches font du chantage émotif ou commettent d’autres abus. Le Curateur public, l’Autorité des marchés financiers, les procureurs de la Couronne, le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Sécurité publique de Saguenay, la SQ et les policiers de Mashteuiatsh seront intégrés au projet-pilote implanté ici comme dans six régions du Québec. « Chaque organisme aura l’obligation de désigner une personne comme responsable de la lutte à la maltraitance aux aînés pour éviter qu’on se retrouve avec 10 ou 12 intervenants différents », explique-t-il.

L’esprit du processus d’intervention concertée ne vise pas à judiciariser les cas, selon lui, puisque les personnes âgées craignent le passage en cour devant des juges, avocats, policiers. « Notre approche en sera une d’intervention sociale avec les CLSC, résidences privées afin de régler aussi les problèmes des personnes qui abusent. »