Les organisatrices de la soirée Josée Sauvageau et Nadia Bhérer posent en compagnie des musiciens qui ont accepté de participer bénévolement au spectacle.
Les organisatrices de la soirée Josée Sauvageau et Nadia Bhérer posent en compagnie des musiciens qui ont accepté de participer bénévolement au spectacle.

Unis pour les familles des ados blessés grièvement dans un accident de la route à Chambord

Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Annie-Claude Brisson, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
La solidarité est sans aucun doute ce qui résume le mieux la soirée de jeudi alors qu’une centaine de personnes se sont donné rendez-vous à la Polyvalente des Quatre-Vents de Saint-Félicien pour assister au cocktail et au spectacle-bénéfice organisés au profit des quatre adolescents blessés grièvement dans un accident de la route, en octobre dernier, à Chambord. Les artistes qui ont accepté de participer bénévolement à l’événement auront permis, l’instant d’une soirée, d’oublier les conséquences de ce terrible accident.

L’événement destiné aux victimes prenait tout son sens alors que les familles des quatre jeunes y participaient. Trois des jeunes ont même été en mesure d’assister au spectacle alors que le quatrième est toujours hospitalisé au CHU Sainte-Justine, à Montréal.

La soirée n’avait rien de banale pour Éric St-Hilaire, dont la fille de 14 ans a été impliquée dans l’accident. Le spectacle-bénéfice constituait l’une de ses premières sorties depuis l’accident du 19 octobre.

L’auteur-compositeur-interprète Maxym a réchauffé la foule en musique et en humour. La foule ne s’est pas faite prier pour participer à ses chansons. Il a été suivi par Dany Sauvageau et ses musiciens.

La journée de jeudi a été plus que marquante pour la famille St-Hilaire alors que l’adolescente a subi une autre opération. Celle-ci visait à reconstruire la partie droite de son crâne retirée il y a près de deux mois.

M. St-Hilaire a expliqué que l’opération a duré près de cinq heures. Le père a confié que sa fille s’est réveillée quelques minutes avant qu’il fasse son entrée à la Polyvalente des Quatre-Vents.

L’adolescente est soignée CHU Sainte-Justine de Montréal après y avoir été transportée par avion, il y a déjà plusieurs semaines.

La famille Gosselin composée du père David, Amélia, Nathan qui se remet de l’accident, Kayla, la mère, Julie Genest et de Rayan à l'avant était fort heureuse de participer à la soirée.

Questionné quant aux prochaines étapes prévues ou à un moment pour le retour à la maison, M. St-Hilaire affirme qu’il est impossible de prédire la suite. L’homme s’accroche notamment au fait que sa fille soit soignée par les meilleurs neurologues.

« Elle est réveillée. Elle ne me reconnaît pas. Elle a 18 blessures, dont plusieurs au coude et au bras. Tout est à reconstruire. Des blessures physiques ont eu le temps de guérir. Le plus dur, c’est le côté neurologique. Il y a tellement de petites choses. Les gens ne pensent pas à tout ce qui change », a-t-il confié avec émotions.

Partageant son temps entre Montréal et Saint-Félicien, la famille a procédé à l’acquisition d’un véhicule plus sécuritaire pour parcourir les centaines de kilomètres qui séparent les deux villes. C’est la générosité du public, notamment à travers une campagne de dons via le réseau social Facebook, qui a permis à la famille qui compte cinq enfants de réaliser cet achat plus que nécessaire.

Les sourires étaient présents chez la famille Gosselin. La petite famille a pu mettre de côté, l’instant d’une soirée, la réhabilitation et tout ce qu’elle implique.

En musique pour les victimes

L’auteur-compositeur-interprète Maxym a rapidement donné le ton à la soirée-bénéfice, laquelle a permis à certains de prendre une pause méritée de leur nouvelle réalité. Des chansons à répondre et de nombreuses interactions humoristiques avec la foule ont permis de faire chanter et rire le public à maintes reprises. « J’espère que je vous ai donné un peu le sourire », a mentionné le jeune artiste, qui a terminé sur une pièce dont le thème central est l’espoir.

C’est accompagné de quatre musiciens et d’une chanteuse que Dany Sauvageau a amorcé sa prestation. Un autre segment apprécié du public, qui a rapidement tapé des mains. « C’est une fête de l’espoir. C’est une fête de la vie », a-t-il lancé à la foule.

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« NOTRE VIEL A ÉTÉ BOULEVERSÉE DU TOUT AU TOUT  »

« Nous sommes vraiment très reconnaissants pour toute la solidarité qui a été mise en place. Les gens sont d’une très grande générosité. Nous sommes remplis de gratitude et nous manquons de mots pour dire merci ! Merci infiniment à tous ! Depuis le 19 octobre, notre vie a été bouleversée du tout au tout , moi et mon conjoint sommes en arrêt de travail. La routine familiale est mise de côté. Il y a un avant l’accident et il y a un après. Au travers des nombreux rendez-vous médicaux, que ce soit au CLSC ou chez le médecin de famille, nous devons retourner à plusieurs reprises à Québec et à Chicoutimi. Il y a eu de nombreux retours à l’urgence pour des complications. La guérison sera longue. On y va une journée à la fois. Il y a la guérison physique qui prend beaucoup d’énergie, mais il y a aussi la guérison psychologique. Toute la générosité des gens nous aide à vivre pendant l’arrêt de travail, car comme nous le savons tous, nous avons toujours des imprévus dans la vie et encore plus lorsqu’il arrive un incident comme celui que nous traversons. Comme la guérison prendra un certain temps et que nous ne pouvons pas contrôler l’avenir, les dépenses occasionnées par les nombreux suivis se poursuivront pour plusieurs mois encore. Pour le moment, nous profitons de chaque moment passé en famille. La vie est tellement fragile. »

« C’est loin d’être fini »

« Je suis vraiment émue qu’il y ait beaucoup de monde qui nous aide dans cette dure épreuve ! Je l’apprécie beaucoup, car ma famille n’habite pas ici, au Lac-Saint-Jean. Ça me touche beaucoup. Je me suis toujours débrouillée dans la vie, mais là, je l’accepte pleinement. Merci ! Je suis présentement en arrêt de travail. Je suis préposée aux bénéficiaires. J’aime beaucoup ce que je fais. Il n’y a pas beaucoup de monde qui aime son travail comme moi... Je suis la perle rare de ce métier et je sais que je suis très appréciée par les familles des bénéficiaires et de mes collègues de travail. Mais là, ma fille a besoin de sa maman à 100 %. Je n’ai pas vraiment la tête à me concentrer sur mon travail pour l’instant. Je dois aussi m’occuper de quatre autres enfants. Moi, je pars une semaine et après, c’est le papa qui part. Chacun notre tour... Comme une garde partagée... Les enfants s’ennuient beaucoup de leur soeur, mais ils comprennent qu’elle a besoin de nous aussi... Pour adapter la maison pour ma fille, il va falloir que j’attende de voir les progrès qu’elle réalise. Elle en fait tous les jours. Il lui reste encore des opérations à venir. C’est loin d’être fini. »

« C’est incroyable le soutien de la population »

« C’est incroyable le soutien de la population. Ça nous permet de continuer d’avancer dans la vie et de sentir que tout le monde est avec nous. C’est vraiment tout un élan de solidarité, de voir tous ces gens qui nous aide, nous donne de l’énergie. Nous tenons à les remercier grandement. À la suite de l’accident, notre vie a été chamboulée dans toutes les sphères. Que ce soit la vie de famille, le travail, etc. Plus rien n’est comme avant. Je suis présentement en arrêt de travail. Nous avons beaucoup de suivis, chaque semaine. Nous travaillons fort pour retrouver un équilibre dans notre vie. La générosité des gens va nous permettre de continuer d’avancer sans toujours avoir cette pression sur les épaules. »


Propos recueillis par Annie-Claude Brisson

L’identité de certains jeunes impliqués dans l’accident n’est pas dévoilée par respect pour eux ainsi que leurs familles, qui les accompagnent dans cette période de réhabilitation. Il en va de même pour les photos publiées.