Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, a rencontré 57 représentants d’unités lors de sa cinquième tournée régionale organisée à Jonquère.
Renaud Gagné, directeur québécois d’Unifor, a rencontré 57 représentants d’unités lors de sa cinquième tournée régionale organisée à Jonquère.

Unifor surpris par la création de massifs de protection

Denis Villeneuve
Denis Villeneuve
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Le directeur d’Unifor Québec, Renaud Gagné, est surpris de la volonté annoncée du gouvernement du Québec de créer de grands massifs forestiers à même des territoires peu perturbés destinés à la protection du caribou forestier, tel que prévu dans le document intitulé Accord de partage des coûts pour la protection et le rétablissement du caribou boréal signé entre Québec et Ottawa pour la période 2019-2022.

De passage au Saguenay lundi, dans le cadre d’une tournée régionale destinée à rencontrer les représentants des unités syndicales de 4000 travailleurs, M. Gagné a dit craindre que cette mesure se traduise par une réduction de la possibilité forestière et des pertes d’emploi. « Nous sommes surpris puisque lors d’audiences tenues dans le passé, le ministre des Forêts, Pierre Dufour, devait nous faire part des changements à prévoir. On n’avait pas entendu parler de ce plan de création de massifs de protection », a déclaré M. Gagné.

Les massifs de protection, comme l’a rapporté Le Quotidien lundi, seront constitués à même des aires protégées inscrites au registre des aires protégées à l’étude et de larges massifs forestiers de 50 à 1000 km carrés faisant déjà l’objet de mesures de protection.

Son passage dans la région a été l’occasion de discuter avec les représentants régionaux du conflit du bois d’œuvre, à la suite du jugement en révision administrative des droits compensatoires rendu au début février, en vertu de l’Accord mondial du commerce (AMC).

La bonne nouvelle est que les taux moyens des droits passeront de 20,23 % à 8,21 % en août prochain pour les secteurs atlantique et pacifique, alors que le bois d’œuvre de Produits forestiers Résolu, dont une bonne partie provient de la région, sera soumis au taux de 15,24 %.

Advenant le cas où la décision ne sera pas contestée, les compagnies forestières devraient toucher plusieurs dizaines de millions $ en retour de droits accumulés.

Un autre sujet d’inquiétudes dans la région a trait à l’avenir du Publi-Sac, un véhicule publicitaire auprès de 3 millions de consommateurs que souhaite bannir la mairesse de Montréal, Valérie Plante. La mesure pourrait avoir un fort impact, non seulement auprès des travailleurs des usines de Kénogami et de Dolbeau, qui produisent le papier pour l’impression, mais aussi auprès de travailleurs de Kruger et Cascades d’autres régions qui recyclent ce papier. Ce dossier ne favorise pas les travailleurs des régions, tout en privant les citoyens les moins fortunés et les personnes âgées d’un outil important pour réaliser des économies, ajoute-t-il.

Unifor gardera également un œil ouvert sur la prochaine révision de la Loi sur la santé et la sécurité du travail afin d’élargir à un plus grand nombre de secteurs la nécessité d’adopter les mesures pour la nomination de représentants en prévention, de former des comités de santé et d’adopter des politiques de santé et de prévention.

La création d’un fonds de protection des régimes de retraite, comme celui existant en Ontario, fera aussi l’objet d’un lobby auprès du gouvernement fédéral. Unifor souhaite que les travailleurs passent du 16e rang au deuxième rang comme créanciers protégés.