Le directeur québécois du syndicat Unifor, Renaud Gagné, a fait le point sur les principaux enjeux qui concernent les grands secteurs économiques de la région. Unifor représente 4000 travailleurs regroupés principalement dans les secteurs de la forêt et de l'aluminium.

Unifor exige l'aide d'Ottawa

Unifor demande au gouvernement fédéral d'emboîter le pas du gouvernement du Québec avec des garanties de prêt à l'industrie forestière ainsi qu'un programme d'assurance emploi plus solide pour permettre au secteur forestier québécois de traverser la prochaine crise du bois d'oeuvre sans trop perdre de plumes.
Le directeur québécois du syndicat Unifor, Renaud Gagné, était dans la région lundi pour faire le point sur les principaux dossiers qui concernent les 4000 membres d'Unifor au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le litige sur le bois d'oeuvre est visiblement celui qui occupe le plus de place pour le moment en raison des enjeux qui en découlent pour les emplois et surtout le poids de cette industrie dans l'économie du Québec.
Le syndicat Unifor est associé à la coalition québécoise formée avec le gouvernement du Québec pour tenter de convaincre le gouvernement américain que les questions soulevées par l'industrie américaine sur le prix de vente du bois par le gouvernement sont chose du passé. Selon Renayd Gagné, l'adoption du nouveau régime forestier québécois fait en sorte que le bois québécois se vend au prix du marché et non selon des montants fixés par l'État.
Unifor s'attend donc à l'imposition d'une taxe temporaire à la fin avril et d'une taxe permanente à l'automne. Par contre, Renaud gagné rappelle que lors de la rencontre Trudeau-Obama, la possibilité d'écarter certaines régions canadiennes d'une surtaxe a été évoquée et c'est sur cette possibilité que les membres de la coalition travaillent avec l'ex-ambassadeur du Canada aux États-Unis Raymond Chrétien.
Le directeur québécois d'Unifor émet toutefois des craintes face à la position américaine. Il y a en ce moment des rumeurs de quotas à l'exportation pour le bois canadien et cette éventualité fait frémir l'industrie. En ce moment, l'industrie québécoise occupe 4,5 % du marché américain. Une réduction de 1 % des exportations québécoises se ferait sentir rapidement dans les régions du Québec.
« Pour l'industrie, une diminution des exportations de 1 % représente la production annuelle des scieries de Mistassini et Girardville. Ce sont des enjeux majeurs qui sont en cause dans ce litige », reprend Renaud Gagné.
Au Québec, rappelle le syndicaliste, 135 municipalités dépendent exclusivement de l'économie forestière avec 60 000 emplois et un chiffre d'affaires de 15 milliards $. Le secteur forestier est plus important que ceux de l'aviation, des mines et de l'aluminium. À titre d'exemple, le secteur de l'aluminium représente 7700 emplois pour une production annuelle de 7 G $.
Syndicalisation
Le directeur d'Unifor a abordé le dossier de la syndicalisation des travailleurs de l'usine Grande-Baie de Rio Tinto. Dans ce dossier, le président de la FTQ est intervenu afin de calmer le jeu entre Unifor et les Métallos. Les deux organisations syndicales sont en ce moment à l'oeuvre et tentent de recueillir les 250 signatures de carte qui leur permettra de déposer une requête en accréditation.
« Nous allons prendre le temps qu'il faut. Nous voulons expliquer aux travailleurs ce que nous voulons leur offrir comme support et ça se fait un travailleur à la fois. On ne veut pas faire signer des cartes sur un capot de voiture et c'est fini. Nous voulons vraiment expliquer ce que nous avons à offrir. On va prendre le temps qu'il faut pour y parvenir », a soutenu Renaud Gagné.
Renaud Gagné a évité de critiquer les démarches du syndicat des Métallos de l'aluminerie d'Alma qui travaille également à la signature de cartes. Le président Alexandre Fréchette avait même proposé que les deux organisations syndicales déposent les cartes en leur possession et que celle qui est en avance poursuive la démarche afin de maximiser les chances de mettre en place un premier syndicat après 30 ans dans cette usine.
Relance de Chambord
La relance de l'usine de panneaux gaufrés de Chambord arrive en tête de liste des priorités d'Unifor pour les prochaines semaines dans la région. L'organisation syndicale a demandé au gouvernement du Québec d'accorder à l'entreprise Norbord les volumes de feuillus disponibles pour faire en sorte de reprendre le plus rapidement possible l'exploitation de cette usine.
Selon le président du syndicat, Évans Simard, l'entreprise n'a aucune demande spécifique puisque la convention collective est toujours en vigueur. Le président du syndicat local a confirmé que Norbord avait fait part de ses projets avec des modifications dans le procédé qui vont permettre de passer d'une usine de 500 000 mètres cubes de capacité à 750 000 mètres cubes. Le syndicat s'attend à un rappel au travail des employés en 2018.
Pour Unifor, l'usine de Chambord représente un joyau. Renaud Gagné estime qu'il est préférable que le gouvernement du Québec retienne un gros projet au lieu de diviser en plusieurs petits projets les volumes de feuillus toujours disponibles sur les terres publiques du Saguenay-Lac-Saint-Jean.