Unifor entre officiellement à l’Usine Grande-Baie de Rio Tinto

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La longue saga de la syndicalisation d’un premier groupe de travailleurs à l’aluminerie Grande-Baie de Rio Tinto a connu son dénouement jeudi avec la conclusion d’une première convention collective de travail qui aura nécessité deux ans de négociations.

Dans un communiqué, Unifor fait un bref historique de ce bras de fer avec la multinationale de l’aluminium qui a résisté pendant pratiquement 40 ans à la syndicalisation de l’Usine Grande-Baie. La section locale 1980Q Unifor présidée par Dany Holmes a profité de cette conclusion d’une entente pour résumer les deux dernières années.

«Rappelons que depuis la syndicalisation, l’employeur a tenté de faire échouer le processus en contestant l’accréditation, mais aussi en usant d’autres stratagèmes tels que de retenir l’augmentation salariale annuelle des membres. Le processus de négociation avait également échoué et l’employeur avait demandé l’arbitrage de la première convention collective», rappelle le syndicat dans le communiqué émis quelques heures après l’acceptation du premier contrat de travail en assemblée générale.

Selon le président Dany Holmes, les parties ont profité de l’ouverture d’une fenêtre dans le cadre du processus d’arbitrage d’une première convention collective pour entreprendre ce qu’ils identifient comme un «processus réel de négociation». Ils n’ont alors mis que huit jours de négociations pour en arriver à la conclusion de cette entente historique.

En plus de protéger les acquis des travailleurs qui ont réussi à percer la muraille installée au fil des ans par l’entreprise, le syndicat a obtenu la syndicalisation de 17 employés en sous-traitance. Le modèle industriel de l’usine de La Baie qui fait appel à une grande part de sous-traitance a été l’un des enjeux de cette discussion puisque les parties ont dû intégrer cette structure dans la convention collective. Le contrat de travail prévoit également des améliorations au régime de retraite.

Le syndicat Unifor a profité de la signature de ce premier contrat de travail qui regroupe les employés de métier de l’usine pour inviter les travailleurs de la production à joindre les rangs de l’organisation syndicale. Unifor et les Métallos ont échoué dans leur tentative d’obtenir la représentation syndicale des employés de production.

«Nous sommes soulagés que cette saga soit finalement derrière nous et que nos membres aient pu se prononcer sur une entente négociée plutôt que de vivre avec la décision d’un arbitre. Ceci permet à nos membres de s’approprier leur convention collective. Nous espérons aussi que les employés de la production, qui ne sont toujours pas syndiqués, constateront que la syndicalisation permet d’améliorer leurs conditions de travail et que la négociation est un exercice qui se fait d’égal à égal. Nous les invitons à se joindre eux aussi à la grande famille d’Unifor», a conclu Renaud gagné, directeur québécois d’Unifor.