Robert Nadeau figure parmi les citoyens résidant le long du boulevard Grande-Baie qui réclament la réduction à trois voies de cette artère incluant l’aménagement d’une voie centrale facilitant les virages à gauche.

Une voie centrale demandée sur le boulevard Grand-Baie Sud

En raison de la vitesse des véhicules et du bruit qu’elle engendre, des citoyens demeurant le long du boulevard Grande-Baie Sud, à La Baie, réclament la réduction du nombre de voies de circulation à trois sur une partie de cette artère avec l’aménagement d’une voie centrale permettant des virages sécuritaires sur la gauche.

Robert Nadeau et l’une de ses voisines, Marielle Potvin, ont décidé de reprendre le bâton du pèlerin dans un dossier qui traîne depuis longtemps en réclamant du ministère des Transports qu’il procède au réaménagement de cette artère majeure, qui constitue la route régionale. Il est question ici de la section comprise entre la station d’essence de Pétroles R.L. et le Musée du fjord.

Lors d’une entrevue réalisée sur le terrain, M. Nadeau affirme que la problématique du boulevard Grande-Baie Sud remonte à 2006 à la suite de la fermeture de l’usine de la Consolidated qui opérait à l’époque une balance pour camions lourds. Selon lui, lorsque la balance était en fonction, les camions et la circulation contribuaient au ralentissement de la vitesse de circulation sur le boulevard à quatre voies de sorte que, selon lui, les choses se déroulaient relativement bien. 

Après la fermeture, les citoyens ont constaté une hausse de la vitesse. « Le ministère des Transports a accepté de hausser la limite de vitesse à 70 km/h parce que de toute façon, elle n’était pas respectée. Des automobilistes se plaignaient qu’il s’agissait d’une trappe pour distribuer des billets de contravention », explique Mme Potvin.

Les citoyens affirment qu’il existe une problématique à la hauteur de la rue Beaulieu lorsque des automobilistes veulent s’engager sur Grande-Baie Sud en direction ouest en raison de la largeur excessive de la voie. Le virage à gauche peut entraîner une confusion susceptible de causer des collisions frontales. L’ajout d’un feu de circulation à la hauteur du dépanneur Ultramar, la présence d’une traverse de motoneiges sur la piste cyclable, la courbe avant le pont de la rivière Ha! Ha! et l’absence d’accotement constituent autant d’obstacles à la fois pour les automobilistes que pour les piétons et cyclistes, selon eux.

Rappelons que, dernièrement, la limite de vitesse a été de nouveau ramenée de 70 km à 50 km/h sur cette portion.

Pour remédier à l’ensemble de la problématique, les citoyens impliqués proposent que le MTQ, en accord avec les élus de Saguenay, réduise de quatre à deux voies de circulation le boulevard, en incluant toutefois une voie centrale qui servirait de refuge pour les virages à gauche. M. Nadeau soutient qu’il s’agit de la solution la plus économique pour réduire la vitesse puisqu’elle ne nécessiterait que des travaux de lignage. Ces travaux pourraient être effectués à la suite des travaux d’asphaltage qu’entend réaliser Saguenay cet été.

Arrondissement

Invité à commenter le dossier, le président de l’arrondissement, Éric Simard, a mentionné que des discussions ont eu lieu ces derniers jours avec la direction régionale du MTQ. Parmi les solutions étudiées pouvant être mises en application, il y a celle d’aménager un terre-plein central sur une distance d’environ 30 mètres à la hauteur de la station de pompage où se trouve également un escalier donnant accès aux piétons et cyclistes à la piste cyclable.

Le conseiller du secteur, Martin Harvey, affirme qu’un projet-pilote a été proposé au MTQ, calqué sur la demande des citoyens. Puisque le boulevard Grande-Baie est de juridiction provinciale, M. Harvey affirme que le dossier relève de décisions politiques.

Malgré la réduction récente de la limite de vitesse à 50 km/h , les automobilistes continuent de filer à vive allure.

Serge Simard flaire une manoeuvre politique

Le député libéral Serge Simard flaire une manœuvre électorale de la CAQ et de son candidat, François Tremblay, dans le dossier soulevé par certains citoyens demeurant le long du boulevard Grande-Baie Sud.

En entrevue au Quotidien, M. Simard a rejeté du revers de la main la proposition visant à réduire de quatre à deux voies l’artère traversant La Baie en affirmant que l’une des personnes proches de Robert Nadeau travaille pour le candidat caquiste.

M. Simard a déclaré qu’il se montre favorable à améliorer la sécurité sur cette section du boulevard, mais sûrement pas à en réduire le nombre de voies de circulation. « Je n’ai jamais vu ça moi de réduire un boulevard qui traverse une ville lorsqu’il est déjà aménagé. À l’origine, le boulevard a été réalisé pour permettre aux citoyens de Bagotville et Port-Alfred de passer d’un secteur à l’autre. C’est légitime qu’il demeure à quatre voies ».

Terre-plein

M. Simard verrait d’un bon œil qu’un terre-plein central soit aménagé pour permettre la traverse des piétons jusqu’à l’escalier de la station de pompage et la piste cyclable. Il rappelle qu’après le déluge de 1996, des pressions ont été faites auprès du ministre des Transports de l’époque, Jacques Brassard, pour que le pont surplombant la rivière Ha! Ha! soit doté de quatre voies de circulation. Selon lui, les statistiques d’accidents mortels ne justifient pas la réduction du nombre de voies. Il croit qu’une plus grande surveillance policière permettrait de réduire la vitesse de circulation comme cela a été le cas à l’entrée des villages du Bas-Saguenay.

Par ailleurs, toujours en lien avec le boulevard Grande-Baie Sud, M. Simard affirme qu’il est tout aussi urgent de faire pression sur le MTQ pour qu’il répare le mur de soutènement de la route, lequel se dégrade depuis 2003 en raison de la présence des marées et qui déforme la route comme peuvent le voir les citoyens fréquentant la piste cyclable. « J’ai demandé à plusieurs reprises qu’on répare le mur. On nous dit qu’il n’y a pas d’argent pour ça. C’est de la négligence qui s’est faite, mais on ne rapetisse pas un boulevard parce qu’on n’a pas d’argent pour réparer le mur ».

Précisions

Les entrevues réalisées sont venues aux oreilles du candidat caquiste François Tremblay qui a tenu à donner des précisions. Ce dernier affirme avoir suivi de près ce dossier alors qu’il était président de l’arrondissement après avoir été sensibilisé par les citoyens. Il se montre favorable à la réduction du nombre de voies. 

Le MTQ a proposé des solutions, entre autres pour corriger l’inclinaison inversée de la courbe du boulevard à un coût estimé à 1,5 M$. « Le MTQ m’a expliqué que si on attend trop pour corriger le “devers” inversé, ça coûterait entre 15 et 20 M$ pour effectuer les réparations. »

Selon lui, le député Simard semble manquer d’envergure et de vision dans ce dossier.

Serge Simard se montre favorable à améliorer la sécurité sur une section du boulevard, mais sûrement pas à en réduire le nombre de voies de circulation.