Les Cowboys Fringants font partie des personnalités qui ont participé à la vidéo.

Une vidéo contre le projet de GNL [VIDÉO]

Des citoyens du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont participé à la création d’une vidéo contre le projet de GNL Québec. La vidéo intitulée Gazoduq/GNL non merci ! a été produite afin « d’informer la population sur les méfaits du projet », en réponse à l’annonce des promoteurs qui ont promis récemment des millions de dollars aux communautés touchées.

En plus des citoyens, quelques personnalités publiques ont participé à la vidéo produite par Le Pacte pour la transition, en collaboration avec La Coalition Fjord, le collectif Gazoduq Parlons-en et G-Mob/Déclaration d’Urgence Climatique (DUC). Les Cowboys Fringants, Raoul Duguay, Louise Latraverse et Michel Marc Bouchard, originaires de la région, ainsi que Dominic Champagne, instigateur du Pacte pour la transition, figurent notamment dans la vidéo.

Les participants affirment que ce projet risque d’affecter un minimum de 43 communautés locales québécoises et trois nations autochtones au profit d’intérêts privés américains. « Ce projet équivaudrait à l’empreinte carbone de dix millions de voitures chaque année, et ce, en plein coeur d’une crise climatique qui exige de réduire l’usage des énergies fossiles, affirment-ils. De l’extraction jusqu’à la consommation du gaz, le projet émettrait un minimum de 46 millions de tonnes de gaz à effet de serre, ce qui équivaudrait à annuler en une seule année l’essentiel des réductions d’émissions du Québec depuis 1990 », ajoutent-ils.

La vidéo a également pour but d’inviter les citoyens à signer la pétition contre le projet de Gazoduq et à recueillir des dons.

« Aujourd’hui, on lance un message clair aux gouvernements : il n’y a pas plus d’acceptabilité sociale pour le gazoduc GNL que pour le pipeline d’Énergie Est », affirme Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de la Coalition Fjord.

Réactions des promoteurs

Du côté de GNL Québec, on rappelle que le projet fait présentement l’objet d’un processus d’évaluation environnementale et que l’objectif demeure le même pour le promoteur comme pour les opposants, soit d’ultimement réduire les émissions de gaz à effet de serre au niveau mondial.

« On est conscient que le débat est hyper émotif, mais cela étant, depuis le début, on travaille sur des faits, on présente des études et on travaille avec des experts comme le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG). Au final, on vise le même objectif, soit la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais on n’a pas le même chemin pour s’y rendre. On accorde une importance centrale à la protection de l’environnement et de la faune marine et on est sensibles à la situation, mais on sait qu’on a l’appui du milieu régional depuis le début du projet », explique Stéphanie Fortin, directrice principale, affaires publiques et relations avec les communautés pour GNL Québec.

Chez Gazoduq, dont le projet vise à approvisionner l’usine de liquéfaction d’Énergie Saguenay, le message est sensiblement le même. « On est conscients qu’on ne fera jamais l’unanimité. De notre côté toutefois, depuis le début du projet, on a voulu faire les choses différemment. On a lancé des consultations, dans l’écoute, le respect et la transparence. On ne s’entend pas sur la route à suivre, mais on a l’opportunité de jouer un rôle sur le remplacement du charbon dans le monde », indique Marie-Christine Demers, directrice principale affaires publiques et relations avec la communauté.

Promotion Saguenay

La vidéo a également fait réagir la direction de Promotion Saguenay et son directeur général Patrick Bérubé. Ce dernier a rappelé que l’ampleur d’un tel projet de gazoduc mérite d’être analysée sérieusement et de façon objective sous tous ses aspects, soit sous les angles environnemental, économique et du développement social.

Selon lui, le document vidéo ne prend en considération aucun aspect positif susceptible de favoriser le développement économique du Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Nous sommes en situation de baisse démographique. Il faudra être en mesure d’offrir des emplois de qualité aux jeunes si on veut les retenir dans la région ou si on veut qu’ils reviennent vivre ici. »

M. Bérubé estime que le travail effectué par GNL Québec avec les gens du CIRAIG et de la Chaire en éco-conseil de l’UQAC mérite d’être analysé. Selon lui, ce projet de transport de gaz naturel et de liquéfaction est susceptible d’avoir des impacts non seulement au Québec, au Canada, mais aussi à l’international, puisqu’il peut contribuer à faire diminuer la consommation d’énergies plus polluantes comme le charbon ou le pétrole.